mardi 12 décembre 2017

Nouveautés de décembre

Livres décembre

ARBIB, Dan ; BERGER, Karima ; DAGENS, Claude ; et al. – Cinq éloges de la rencontre. – Paris, Albin Michel, 2015. 245 pages.

CASSIODORE. – De l’âme. – Paris, le Cerf (collection Sources chrétiennes), 2017. 425 pages.

EVAGRE LE PONTIQUE. – A Euloge. Les vices opposés aux vertus. – Paris, le Cerf (collection Sources chrétiennes), 2017. 534 pages.

JEROME. – Préface aux livres de la Bible. – Paris, Le Cerf (collection Sources chrétiennes), 2017. 530 pages.

THEOBALD, Christoph. – Donner un a-venir à la théologie. – Paris, Bayard, 2017. 89 pages.


TILLICH, Paul. – Christianisme et judaïsme.  Genève, Labor et Fides, 2017. 158 pages.


publication : bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

vendredi 8 décembre 2017

Josy Eisenberg (1933-2017)



Le grand rabbin Josy Eisenberg est mort

Le grand rabbin Josy Eisenberg, qui présentait chaque dimanche sur France 2 l’émission consacrée au judaïsme, « La source de vie », est mort vendredi 8 décembre à l’âge de 83 ans, a annoncé le grand rabbin de France, Haïm Korsia.
Né le 12 décembre 1933 à Strasbourg, Josy Eisenberg a étudié au séminaire israélite de France. Diplômé d’études rabbiniques, licencié d’Histoire et diplômé d’études supérieures de lettres, il fut le secrétaire particulier du grand rabbin de France Jacob Kaplan, entre 1961 et 1964, et le conseiller technique sur le tournage des « Aventures de Rabbi Jacob » de Gérard Oury.
Producteur, réalisateur et présentateur de l’émission de service public À Bible ouverte, devenue La Source de vie, et diffusée depuis 1962 le dimanche matin, il était aussi l’auteur de nombreux ouvrages sur le même sujet.

Il fut lauréat du prix de l’amitié judéo-chrétienne en 1993.
La « vitrine du judaïsme tous les dimanches matin »
Il est décédé en Normandie où il avait une maison et sera enterré à Jérusalem, a précisé Haïm Korsia, qui a salué une personnalité importante dans la « reconstruction du judaïsme français après la Guerre », un homme d’une « grande intelligence » et d’une « grande curiosité ».
Avec son émission, il animait la « vitrine du judaïsme tous les dimanches matin », a encore souligné le grand rabbin de France.



La Croix , le 08/12/2017 à 17h24

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 5 décembre 2017

L’œuvre de Jean d’Ormesson dans les bibliothèques de la province ecclésiastique de Marseille

L’écrivain Jean d’Ormesson vient de mourir à l’âge de 92 ans. Il est né en 1925, a été élu membre de l’Académie française en 1973, ses origines familiales vont être présentées largement dans les media durant les prochaines semaines. Parions même qu’une biographie sera publiée dans les deux ans à venir !
Ici, nous voulons présenter quelques livres disponibles dans les bibliothèques diocésaines de la province de Marseille :

Au plaisir de Dieu, Paris, Gallimard, 1974, 476 p. (Il est disponible dans les bibliothèques des diocèses de Gap et de Marseille)
Dieu, sa vie, son œuvre, Paris, Gallimard, 1980, 497 p. (Aix-en-Provence)
La création du monde, Paris, Robert Laffont, 2008, 210 p. (Fréjus-Toulon, Gap et Marseille)
Le Rapport Gabriel, Paris, Gallimard, 1999, 430 p. (Aix-en-Provence, Gap)
Comme un chant d’espérance, Paris, Héloïse d’Ormesson, 2014, 120 p. (Fréjus-Toulon, Gap)
Presque rien sur presque tout. Paris, Gallimard, 1996, 379 p. (Marseille)
Une autre histoire de la littérature française, Paris, Nil éditions, 1997 et 1998. Tome 1 à Aix-en-Provence, Tome II à Aix-en-Provence et à Marseille.
Jean d’Ormesson a également préfacé les Mémoires du cardinal Mindszenty (Paris, La Table ronde, 1974, 440 p). Cet ouvrage est disponible à la bibliothèque du diocèse de Marseille.

Mais où physiquement trouver ces ouvrages ?

Bibliothèque du diocèse d’Aix-et-Arles : 7 cours de la Trinité, Aix-en-Provence Tél: 04 42 17 59 38 et http://catalogue.dioceseaix.biblibre.com/

Bibliothèque du diocèse de Fréjus-Toulon, fondation La Castille, 83210 Solliès-Ville, tel. : 04 94 00 80 74 et http://bibliotheque.domaine-castille.fr/ 

Médiathèque du diocèse de Gap et d'Embrun, 9 rue capitaine de Bresson, 05000 Gap (entrée par la place Ladoucette), tel. : 04 92 02 82 et http://www.mediatheque-diocesedegap.com

Bibliothèque du diocèse de Marseille, 11 impasse Camille Flammarion, 13001 Marseille, tel. : 04 91 50 83 85 et http://catalogue.diocesemarseille.biblibre.com

Luc-André Biarnais
archiviste du diocèse de Gap et d'Embrun

Jean d'Ormesson (1925-2017)

http://catalogue.dioceseaix.biblibre.com/cgi-bin/koha/opac-search.pl?idx=&q=jean+d%27ormesson


Jean d’Ormesson  (1925-2017)



Né d'un père ambassadeur du Front populaire et ami de Léon Blum, Jean d'Ormesson se voit dispenser une éducation privilégiée, dans le respect des valeurs traditionnelles.

Évoluant dans un cadre libéral, il entame un parcours sans entrave. Élevé brillant, il accumule très vite les diplômes : agrégé et diplômé d'études supérieures de philosophie, normalien... Cet érudit ne s'arrêtera pas là. Jean Lefèvre, comte d'Ormesson, embrasse une carrière de haut fonctionnaire devenant président du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'Unesco. Il s'essaie également à l'écriture : "L' Amour est un plaisir", "Du côté de chez Jean". Ses œuvres dénotent insouciance et joie de vivre.

Mais c'est en 1971 que débute réellement sa carrière littéraire, avec la parution de "La Gloire de l'Empire", Grand prix du roman de l'Académie française. Académicien, il ne néglige pas pour autant son statut de directeur au journal Le Figaro. Aspirant à un monde "traditionnellement moderne", il insuffle à ses écrits un peu de lui et ce n'est pas pour déplaire ! Mais, il ne fait pas que parler de lui-même et transmet à la nouvelle génération des réflexions philosophiques comme "Le Rapport Gabriel" ou encore "Presque rien sur presque tout".

En 2003, "C'était bien" raconte la vie de l'auteur et anticipe même sa mort.

Avec "Une fête en larme" en 2005, il tente l'originalité et, toujours en se mettant en scène, il se met à raconter son roman idéal à un journaliste.

Enfin en 2006, il se laisse aller et publie "La Création du monde", roman d'un nouveau genre pour lui et très attendu par la critique littéraire.

En 2007 paraît son nouveau roman "Odeur du temps" aux éditions Héloïse d'Ormesson, maison dirigée par sa fille.

En 2009, il publie coup sur coup deux ouvrages, "L'Enfant qui attendait un train", un album jeunesse, et "Saveur du temps", le deuxième tome de ses chroniques au Figaro.

En 2012, il joue le rôle du Président de la République au côté de Catherine Frot dans "Les délices du palais" de Christian Vincent.

En 2013, il évoque son cancer de la vessie qui lui a coûté 8 mois de souffrances et de séjours à l'hôpital mais dont il est en rémission.

En 2014, épuisé par la maladie, il sort tout de même un nouveau roman "Comme un chant d'espérance".

Vient 2016, et ce petit manuel "Guide des égarés", un titre emprunté à Maimonide, qui lui permet en vingt-neuf chapitres de revenir sur ses thèmes de prédilection. 

source : site Babelio

Publication :Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

vendredi 1 décembre 2017

Les racines théologiques du Pape François

La théologie du peuple : racines théologiques du Pape François
Juan Carlos Scannone
Namur, Editions Lessius/Editions Jésuites, 2017. 271 pages.



Ce livre permet de mieux comprendre ce que le pape argentin veut signifier quand il parle d’« une Église pauvre pour les pauvres ».

Grâce au pape François, le monde a découvert l'existence de la "théologie du peuple", une variante argentine de la "théologie de la libération". L'auteur montre d'abord avec force que cette théologie s'enracine dans la culture d'un peuple pauvre et croyant, où elle est amenée à reconnaître une forme de "sagesse" spécifiquement chrétienne. Tout en tenant compte des médiations, tant scientifiques que philosophiques, requises par l'intelligence de la foi, elle puise sans cesse aux sources vives d'un évangile vécu par le peuple des pauvres, des petits et des simples. La seconde partie de ce travail montre à quel point cette pratique de la théologie éclaire la manière dont le pape gouverne l'Eglise dans un dialogue sincère et ouvert avec les religions, les peuples et les cultures. Est ainsi mis en relief l'esprit dans lequel il tend à favoriser, à notre époque de globalisation, la paix, la solidarité et la justice envers les exclus.

Le jésuite argentin Juan Carlos Scannone, très connu dans le monde hispanique et anglophone, est l’un des meilleurs représentants de ce que l’on peut appeler « l’école théologique argentine ».
Né en 1931, il a été l’un des professeurs du jeune Jorge Bergoglio. À ce titre, il est donc tout à fait qualifié pour rendre compte de l’enracinement théologique du pape François dans la « théologie du peuple ».
L’une des grandes figures de cette branche de la théologie de la libération est le prêtre Lucio Gera (1924-2012), peu connu en Europe. Il fut très actif aux conférences générales de l’épiscopat sud-américain à Medellin (1968) et à Puebla (1979). Ce « théologien du peuple et à partir du peuple » décrit le peuple à partir d’une culture enracinée comprenant aussi un projet politique partagé en vue du bien commun, explique Juan Carlos Scannone.


Comprendre les propos du Pape

« L’apprentissage de ce contact avec le peuple, en lien avec la réflexion théologique, surtout ecclésiologique, et avec les orientations doctrinales de l’Église, contribua au fait que la pastorale argentine, sans perdre son esprit évangéliquement critique et prophétique, se fit réellement pastorale et populaire en se libérant des risques du rationalisme élitiste (tant libéral que marxiste) et du danger – réel – de se laisser emporter par une dialectique de lutte de classes transférée au sein de l’Église », poursuit le théologien.
Le propos du Père Juan Carlos Scannone permet de mieux comprendre ce que le pape François veut dire quand il parle d’« une Église pauvre pour les pauvres »« Des pauvres, il y en a toujours eu, et l’option évangélique pour les pauvres a toujours existé dans la communauté chrétienne, mais la nouveauté, comparable à une “irruption”, consiste dans la forte prise de conscience de l’injustice structurelle qui est la cause de la pauvreté ainsi que dans le “fait majeur” que les pauvres deviennent actuellement des protagonistes dans la société et dans l’Église. »


Une entrée dans la pensée du pape argentin
C’est aussi à partir de cette « théologie du peuple » que s’éclaire l’insistance du pape à la fois sur la piété populaire et sur l’inculturation.
Et c’est encore à partir du terreau de cette théologie que l’on peut mieux saisir les quatre fameuses priorités bergogliennes dans le gouvernement du peuple en vue du bien commun: supériorité du tout sur les parties, de la réalité sur l’idée, de l’unité sur le conflit, du temps sur l’espace. Bref, un livre capital pour entrer dans la pensée et les catégories du pape argentin.


Journal  La CROIX du 12/07/2017.


Biographie de l'auteur
Juan Carlos Scannone, jésuite argentin, philosophe et théologien très connu dans le monde hispanique et anglophone, est un ami de longue date du pape François. Il est l'auteur d'une œuvre  considérable. Nous publions ici son premier livre en français. Le préfacier et traducteur, Francis Guibal, est philosophe. Il a contribué à faire connaître dans le monde francophone des théologiens de la libération comme Enrique Dussel, Gustavo Gutiérrez, Juan Luis Segundo et Jon Sobrino.

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 30 novembre 2017


LISTE DE NOUVEAUTES NOVEMBRE 2017

 

Monde de la Bible :

 

Simon Claude Mimouni ; Le Judaïsme ancien et les origines du Christianisme,

Paris : Bayard, 2017 ; 645 p.

 

Histoire :

 

Sous la dir.  de Dominique Avon : Faire autorité : les religions dans le temps long et face à la modernité, Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2017 ; 275 p.

 

Françoise Briquel Chatonnet et Muriel Debié : Le monde syriaque : sur les routes d'un christianisme ignoré, Paris : Les Belles Lettres, 2017 ; 270 p.

 

 

Religions :

 

Michel Angot, Ed. : Mayabhasya de Patañjali Paspasa, (Indika ; 5) Paris : Les Belles Lettres, 2017 ; 245 p.

 

Meou-Tseu : Dialogues pour dissiper la confusion, (Bibliothèque chinoise ; 25), Paris : Les Belles Lettres ; 2017 ; LXXXVI - 75 p.

 

 

Théologie :

 

Martin Luther : Ecrits sur la traduction, Paris, les Belles Lettres, 2017 ; 190 p.

 

Bernard Sesboüé : L'acte théologique d'Irénée de Lyon à Karl Rahner : les grandes créations en théologie chrétienne, (donner raison ; théologie), Namur ; Paris : Lessius ; Les éditions jésuites ; 207 ; 350 p.

 

Bernard Sesboüé : Introduction à la théologie : histoire et intelligence du dogme, Paris : Salvator , 2017 ; 222 p.

 

 

Philosophie :

 

Jean-Louis Poirier, Ed. : Bibliothèque idéale des philosophes antiques : de Pythagore à Boèce, Paris : Les Belles Lettres, 2017 ; 684 p.

 

 

Spiritualité :

 

Henri Suso : L'Horloge de la Sagesse, (Sagesses médiévales ; 19), Paris : Les Belles Lettres, 2017 ; 343 p.

 

Frédérick M. Jones : Alphonse de Liguori : 1697 - 1786 : le saint du royaume de Naples au temps des Bourbons : fondateur des Rédemptoristes,  Courbevoie : Ateliers modernes d'impressions, 1992

samedi 25 novembre 2017

Notre Père

La prière du Notre Père : un regard renouvelé
Conférence des évêques de France
Paris, Le Cerf, 2017. 115 pages


Présentation de l'éditeur

La mise en œuvre de la nouvelle traduction du Notre Père, effective le 3 décembre prochain, est une opportunité pour les fidèles de se réapproprier la prière du Christ dans cet aujourd'hui aux multiples visages. Le secrétariat général de la CEF a estimé qu'elle était aussi l'occasion de manifester l'unité de l'Eglise dans la diversité de ses pastorales.
Dans cet ouvrage en trois parties, on débutera par la présentation du Notre-Père, sa place et son statut unique. Dans une deuxième partie, des évêques en responsabilité de commission commenteront un des versets du Notre Père. L'exercice de leur mission, propice au discernement des "signes des temps" leur donne toute latitude pour s'exprimer sur l'actualité des paroles du Notre Père.

Les évêques auteurs des commentaires seront Mgr Lebrun (Rouen), Mgr Percerou (Moulins), Mgr Beau (Paris), Mgr Blaquart (Orléans), Mgr Dognin (Quimper et Léon), Mgr Carré (Montpellier), Mgr Habert (Séez) et Mgr Leborgne (Amiens).

Le livre s'achèvera dans une troisième partie de Lectio Divina, assurée par Christophe de Dreuille.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles




samedi 18 novembre 2017

De la chasse aux sorcières à la Terreur

Ils m’ont haï sans raison : de la chasse aux sorcières à la Terreur
Jacob Rogozinski
Paris, Le Cerf, 2015. 432 pages.



Présentation de l'éditeur


Qu'est-ce que la haine ? Comment, de cet affect individuel, peuvent découler des dispositifs de persécution collective ? En quoi l'invention moderne d'une logique de la haine reste-t-elle d'actualité ? Retraçant le phénomène de la chasse aux sorcières qui a marqué la période courant entre le XVe siècle et le XVIIIe siècle, de la Renaissance aux Lumières, Jacob Rogozinski dresse un tableau complet des techniques mises en œuvre pour désigner puis anéantir les cibles supposées de cette entreprise de purification. S'imposent ainsi la recherche du "stigmate diabolique", l'aveu de la "vérité démoniaque" extorqué sous la torture et l'accusation de "Satan" comme stratège et ennemi absolu menant à l'"anéantissement" du possédé.

Tous ces mécanismes d'éradication se retrouveront, sous d'autres noms, dans d'autres circonstances, animant la Terreur jacobine, les procès de Moscou ou encore les plus récentes théories du complot. En analysant ces diverses expériences historiques, en scrutant leurs dimensions concrètes, en détaillant leurs similitudes, Jacob Rogozinski montre qu'elles proviennent de la même angoisse du "monde renversé" que les dominants soupçonnent les opprimés de préparer. Et que c'est ainsi que s'est opéré le passage de l'exclusion à la persécution.


Biographie de l'auteur
Philosophe, professeur à l'Université de Strasbourg, Jacob Rogozinski a publié au Cerf Le moi et la chair, en 2006, et Guérir la vie, en 2011.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque d'Aix et Arles


mardi 14 novembre 2017

Le journal La Provence rend hommage à Mgr. Panafieu


L'hommage de la Provence à Mgr. Bernard Panafieu qui fut évêque du diocèse d'Aix et Arles.
Au delà il de ses qualités lors de son épiscopat il faut souligner l'ouverture du séminaire d'Aix en Provence et la transformation de la bibliothèque du Séminaire en bibliothèque diocésaine.

lundi 13 novembre 2017

L'éternité reçue : Martin Steffens

L’éternité reçue

Martin Steffens

Paris, Desclée de Brouwer, 2017. 245 pages  


« j’ai réglé mes comptes avec la vie, je veux dire : l’éventualité de la mort est intégrée à ma vie ; regarder la mort en face et l’accepter comme une partie intégrante de la vie, c’est élargir cette vie, par peur de la mort et refus de l’accepter, c’est le meilleur moyen de ne garder qu’un pauvre bout de vie mutilée méritant à peine le nom de vie. Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie on se prive d’une vie complète, en l’y accueillant on élargit et enrichit sa vie »  (Etty Hillesum in Une vie bouleversée. Journal –ceci étant écrit le 3 juillet 1942 quelques jours avant son exécution dans les chambres à gaz.
  

C’est par cette réflexion surprenante que s’ouvre le livre de Martin Steffens L’éternité reçue. On pourrait penser qu’avec un tel titre l’auteur nous donnerait un manuel pour réussir une belle mort  ou se préparer à mourir. Mais en y pénétrant plus en profondeur on s’aperçoit qu’il s’agit bien plutôt d’un hymne à la vie, une vie reçue qu’il faut vivre hic et nunc, ici et maintenant ; il faudra certes quitter cette vie d’ici-bas mais pour recevoir l’Eternité de la main d’un autre, de la main même de Dieu. 

L’auteur nous dit que nous ne sommes pas faits pour mourir mais pour vivre ! Etrange paradoxe quand on sait qu’il nous faudra un jour la quitter pour la recevoir à nouveau ! Dans les premiers chapitres  met en garde contre ses soi-disant préceptes pour se préparer à ce qui fait notre condition humaine, il met en garde contre ces « sagesses de camomille »  comme il s’insurge contre ce souhait de maîtriser la mort par le fait de « vouloir mourir quand on veut et comme on veut » (c’est ce que réclament ceux qui prônent le « droit » à mourir quand on l’a décidé.Qu’est-ce donc que  vivre ? Vivre, c’est apprendre à ne pas vouloir tout maîtriser : il faut apprendre à renoncer à ses désirs même ceux qui sont légitimes, c’est accepter ces « petites morts » dont nous parle l’auteur : à chaque obstacle nous sommes invités à ces renoncements, à nous déprendre de nous-mêmes. Et ce consentement à ces « petites morts » de chaque jour sont des actes d’amour. Mourir à soi-même  c’est tuer en nous ce qui dans notre vie est justement obsédé par la vie.

Ces « petites morts », lues à partir de la pensée de Simone Weil, indiquent un chemin de dépossession et de plénitude. Elles nous introduisent dans le mystère de notre mort et de l’éternité à laquelle nous sommes appelés. Car l'heure viendra où nous serons dessaisis de tout, où il faudra enfin faire le renoncement ultime. Et c'est notre propre vie qui nous sera redonnée en plénitude : nous recevrons encore une fois la vie car la vie nous a été donnée une première fois à la naissance.

Nous étions à la lisière du paradis, et nous ne le savions pas ! Il faudra bien l'éternité pour prendre la mesure de cette étrange nouvelle. L’Eternité reçue : l’éternité c’est le don que Dieu nous fera si nous le voulons bien, si nous ne mangeons pas le « fruit défendu » pour retrouver le Jardin perdu (et là l'auteur ne manque pas de dire que ceux qui veulent pour nous l'immortalité par le mouvement du transhumanisme nous volent notre humainté) ! Mais il faut lire la très belle méditation qu’en fait Martin Steffens qui parle en philosophe et surtout en croyant. Voilà un livre parfois difficile car il ne faut pas oublier que l’auteur est aussi un philosophe.

Mais c’est avant tout un hymne à la vie parce que ce livre est plein d’espérance. « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ! » disait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus au moment de sa mort. Telle aurait pu être aussi la conclusion de cet ouvrage loin d’être triste parce que l’Espérance en est le moteur.
  

Biographie de l’auteur.

Martin Steffens (né en 1977) est professeur de philosophie en khâgne, conférencier et chroniqueur pour les journaux La Croix et La Vie. C’est également un spécialiste de  Nietzche, Simone Weil et Chestov. Il a publié plusieurs essais, parmi lesquels : Petit traité de la joie. Consentir à la vie (2011 ; Prix Humanisme Chrétien, 2013) ; La Vie en bleu (2014) ; Rien que l'amour (2015 ; Prix des Libraires religieux, 2016) ; Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger. Éloge du combat spirituel (2016). 


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

Cardinal Bernard Panafieu (1936-2017)





Le cardinal Bernard Panafieu est décédé le dimanche 12 novembre 2017.
Ses obsèques seront célébrées en la cathédrale Notre-Dame de la Major à Marseille, le vendredi 17 novembre à 15 heures.


Bernard Panafieu est né le 26 janvier 1931 à Châtellerault (Vienne) dans une famille originaire de l'Aveyron.
En 1950, il intègre le séminaire d'Albi et poursuit ses études au séminaire d'Issy-les-Moulineaux. Le 22 avril 1956 à Notre-Dame de Paris, il est ordonné prêtre pour le diocèse d'Albi. Il devient vicaire de la paroisse Saint Sauveur de Mazamet (Tarn) et aumônier JOC.
Le 18 avril 1974, il devient évêque auxiliaire du diocèse d'Annecy et deux mois plus tard, le 9 juin 1974, il devient évêque du diocèse d'Annecy jusqu'en 1978.

Le 3 décembre 1978, il est nommé archevêque métropolitain d'Aix-en-Provence et Arles. Durant son épiscopat, il met en place à partir de 1982 le jumelage avec le diocèse de Natitingou au Bénin. Le 3 octobre 1983, le séminaire Saint Luc (ainsi que la Bibliothèque diocésaine) est rouvert, instituant une année de propédeutique. Le 6 mai 1984 est canonisé Laurent Imbert, missionnaire en Corée. Monseigneur Bernard Panafieu préside le 16ème centenaire de la fondation du diocèse le 24 mai 1984.  En mars 1989, le colloque Maurice Blondel est organisé pour le 40ème anniversaire de son décès. La même année, en septembre, l'année de propédeutique est remaniée.

Le 24 août 1994, il est nommé coadjuteur du cardinal Coffy, archevêque de Marseille. Le 22 avril 1995, Bernard Panafieu devient archevêque de Marseille.

Durant son épiscopat aixois, il a publié huit lettres pastorales et inauguré quatre nouvelles églises : Saint François 1987), Saint Paul (1989) et Notre-Dame de l'Arc (1992) à Aix-en-Provence, et la nouvelle église de Marignane (1993).
Le 21 octobre 2003, il est créé cardinal; l'église de Rome qui lui incombe est San Gregorio Barbarigo alle Tre Fontane. Le 7 mars 2004 en la cathédrale Saint Sauveur d'Aix-en-Provence est célébrée la messe cardinalice.

Depuis le 13 mai 2006, le cardinal Panafieu était retiré à Notre-Dame de Vie (Venasque, 84).

Sources : Communiqué du diocèse d'Aix et Arles

vendredi 10 novembre 2017

Une méditation sur le Cantique des Cantiques

Le désir désiré : commentaire sur le Cantique des Cantiques
Benoît Standaert
Paris, Salvator, 2016. 308 pages.



Présentation de l’ouvrage

Le Cantique des cantiques, ou Poème, occupe une place  singulière dans la littérature biblique tant juive que chrétienne. La tradition juive le classe parmi les cinq meguillot, ces  rouleaux attachés à des fêtes liturgiques. Il est lié à la célébration de la Pâque. Le nom de Dieu n'y est pas prononcé. L'essentiel du livre se compose de  paroles échangées par un homme et une femme qui expriment leur amour de manière passionnée, prenant à témoin  d'autres personnages et des éléments de la nature.

Dans cet ouvrage Benoît Standaert se situe dans la grande lignée des mystiques qui ont longuement médité cet hymne à l’amour et nous ont en transmis le fruit par leurs écrits : l’on peut penser tout particulièrement à un saint Jean de la Croix entre autre.
C’est ce commentaire sous forme de méditations priantes et comme amoureuse que nous donne ici l’auteur, moine bénédictin. Il a été composé en deux fois : d’abord comme un journal, lors d’un séjour en ermite près du lac de Garde ; ensuite comme un essai, né dans l’ambiance pascale, car ce chant est par excellence le rouleau de fête pour la Pâque, tant juive que chrétienne. Le moine pratique sa lectio divina - ou lecture du cœur  - en ouvrant chaque matin son désir pour rejoindre celui qu’habite le texte. « Le Désir de Dieu est Bonté », selon Levinas. Cette quête menée par l’auteur débouche sur le rayonnement d’un « Visage sans trait » qui, disait saint Bernard, « transforme ».

Cette longue méditation ne peut que donner envie au lecteur de découvrir ou de redécouvrir l’un des plus beaux chants d’amour de la Bible et d’en savourer toute la richesse mais aussi toute la beauté.



L’auteur


Benoît Standaert est moine bénédictin, de l’abbaye de Saint-André près de Bruges. Il vit aujourd’hui en ermite près de Malmedy. Exégète et auteur spirituel, il a commenté notamment L’Évangile selon Marc (Gabalda, 2010) et rédigé plusieurs ouvrages de spiritualité, dont Sagesse comme art de vivre (Bayard, 2009) ou Les trois colonnes du monde (Albin Michel, 2012), avec une application originale de cette triple clef à saint Paul : Le ministère de Paul. Parole, prière, miséricorde (Médiaspaul, 2016).


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles.

mardi 7 novembre 2017


LES DIX MILLENAIRES OUBLIES QUI ONT FAIT L'HISTOIRE

 
 
 

Pour la grande majorité d'entre nous, la connaissance des temps préhistoriques est secondaire et se résume à quelques images qui sont presques des lieux communs : les grottes peintes, les hommes vêtus de peaux de bêtes et l'invention du feu.
      Pourtant, les dix derniers millénaires avant notre ère : "les millénaires zappés" (1) ont vu la naissance de la plupart des grands phénomènes qui structurent encore nos sociétés modernes : A ce titre, ils mériteraient d'étre plus présent dans notre culture et d'avoir une place plus grande dans l'enseignement.
      C'est en effet à cette période néolithique et protohistorique que naissent : la religion, l'agriculture, les hiérarchies et les inégalités sociales, l'Etat et les rapports homme/femme notamment. C'est aussi pendant cette époque que l'histoire prend le cours qui est le sien ce qui n'était pas forcement évident.
       L'auteur a le souci de mettre à la portée du plus grand nombre les dernières découvertes qui ont renouvellé notre connaissance de cette période et de montrer que loin d'être un lointain passé que l'on peut résumer en quelques images : "les interrogations sur ces grands moments historiques [...] touchent aussi à la philosophie, à la biologie, à la sociologie, à la psychologie à l'économie" (2)


Jean-Paul Demoule : Les dix millénaires oubliés qui ont fait l'hisoire : Paris, Editions Fayard, 2017 ; 252 p.

1) Expression employé par l'auteur, p. 9

2) Les dix millénaires oubliés qui ont fait l'histoire, p.233
      



mardi 31 octobre 2017

Jésus : l'encyclopédie

Jésus : L'encyclopédie 
sous la direction de Joseph Doré
Paris, Albin Michel, 2017. 843 pages.


Présentation de l'éditeur

Les éditions Albin Michel publient une nouvelle grande encyclopédie sur Jésus qui se veut à la croisée des connaissances contemporaines par la diversité des contributeurs.

Si Jésus apparaît comme une figure éminente dans l'histoire de l'humanité, sa vie, ses actes et son message réels demeurent paradoxalement assez méconnus. Dans quel milieu a-t-il vécu, qu'a-t-il dit, fait et transmis ? Et que penser de la valeur historique des récits évangéliques, au-delà des discours dogmatiques et des strates culturelles accumulées depuis deux millénaires ? Conçue et dirigée par Joseph Doré, voici la grande synthèse inédite des données établies (ou discutées) par la recherche historique, qui répond sans tabou à toutes les interrogations du public. Outre une lecture critique des textes, elle propose aussi les regards croisés de philosophes, psychanalystes, écrivains et autres personnalités chrétiennes, juives, musulmanes, athées et agnostiques. Un ouvrage de référence sur un personnage unique, Jésus, qui garde son mystère et interroge chacun de nous sur le mystère qu'il est à lui-même.

Ce livre, exceptionnel, tant par son aspect que par la richesse de ses textes et de ses illustrations, constitue un formidable panorama des connaissances actuelles sur Jésus. Il fait le point sur les dernières découvertes archéologiques et présentent des points de vue à la fois bibliques, historiques et artistiques. On peut y voir diverses formes de textes  : récits, encadrés, tableaux, interviews et les illustrations sont nombreuses (environ 400). On est en présence d’un foisonnement de savoirs passionnants sur le Christ, qui unit et oppose les trois monothéismes et qui demeure une figure spirituelle fondatrice quoi que l’on puisse en dire  de notre monde occidental.


Les auteurs


Joseph Doré, directeur scientifique, 80 ans, est archevêque émérite de Strasbourg, et un théologien de réputation internationale, qui a longtemps dirigé des sociétés bibliques et revues universitaires. Il a aussi dirigé une grande collection théologique chez Desclée/Mame pendant trente ans, et publié plusieurs ouvrages pour le grand public, dont un Jésus expliqué à tous (Seuil, 2015). Christine Pedotti, coordinatrice, est une intellectuelle catholique connue pour sa défense des femmes et des laïcs dans l'Eglise. Ancienne éditrice chez Mame, elle a publié une trentaine d'ouvrages, dont La Bible comme un roman en deux tomes chez XO (2015, 2016).


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 24 octobre 2017

Nouveautés du mois d'octobre


NOUVEAUTES OCTOBRE 2017 : bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles.



CAZEAUX, Jacques. – La tunique sans couture. – Paris, Le Cerf, 2017. 298 pages.

DORE, Joseph (dir.). – Jésus : l’encyclopédie. – Paris, Albin Michel, 2017. 842 pages.



DUBOUCHET, Paul. - René Girard "cow-boy texan" : au fil de ses exploits. - Paris, L'harmattan, 2017. 176 pages.

EVAGRE LE PONTIQUE. – Chapitres sur la prière. – Paris, Le Cerf, 2017. 470 pages.

GREGOIRE DE NYSSE. 6 Lettre canonique. Lettre sur la pythonisse et six homélies pastorales. – Paris, Le Cerf, 2017. 290 pages.

GUILLEBAUD, Jean-Claude. – La foi qui reste. – Paris, L’iconoclaste, 2017. 241 pages.

MIMOUNI, Simon Claude. – Le judaïsme et les origines du christianisme. – Paris, Bayard, 2017. – 646 pages.

SESBOÜE, Bernard. – Introduction à la théologie : histoire et intelligence du dogme. – Paris, Salvator, 2017. 222 pages.

STEFFENS, Martin. – L’éternité reçue. – Paris, Desclée de Brouwer, 2017. 245 pages.

WENIN, André. – Psaumes censurés : quand la prière a des accents violents. – Paris, Le Cerf, 198 pages.


Publication : Claude Tricoire -  Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles.


vendredi 20 octobre 2017

Tu as couvert ma honte

Tu as couvert ma honte
Anne Lecu
Paris, Le Cerf, 2016. 145 pages.


Dans cet ouvrage qui est une qui est tout à la fois une étude et une méditation sur les différentes tuniques que portent les personnages bibliques. Anne Lecu relit pour nous la Bible de la Genèse à l’Apocalypse pour montrer comment le vêtement qui couvre la nudité de l’homme est une œuvre de miséricorde de la part de Dieu.

La honte abîme l'homme, elle le couche à terre. Dieu ne supporte pas la honte que l'homme peut éprouver devant Lui. Loin de le condamner ou de l'accuser, Dieu, au contraire, restaure l'homme qui ne craint pas de se tourner vers Lui. Il l'accueille avec tout ce qu'il est, clair ou obscur. En revêtant Adam d'une tunique de peau après la chute, Il recouvre sa honte. Dieu recouvre en nous ce qui n'est pas à son image, et restaure ainsi notre ressemblance à son image. La tunique dont Dieu nous revêt est peut-être celle que le Christ laisse à l'heure de sa mort, " sans couture, tissée d'une seule pièce à partir du haut ", métaphore de Sa miséricorde. Si Dieu lui-même couvre la faute de qui se tourne vers lui, l'accusateur n'a plus de prise, il a définitivement perdu. Un livre dans lequel Anne Lécu nous enseigne à vivre sans jugement et sans préjugé. Un livre pour vivre libéré, dans les pas des grandes figures bibliques délivrées par la miséricorde illimitée de Dieu.


Biographie de l'auteur

Dominicaine, Anne Lécu exerce la médecine en prison. Elle publie régulièrement des méditations sur le site Internet Signe dans la Bible et est l'auteur, au Cerf, Des larmes et Marcher vers l'innocence.

lundi 16 octobre 2017

Codex 5 - Luther et la Réforme : Entretien avec l'historien Hugues Daussy

https://youtu.be/eDGgzBhEyuY

Présentation du numéro de Codex automne 2017 sur la Réforme luthérienne, sa lutte contre la pratique des indulgences, sa rupture avec Rome et la diffusion de cette nouvelle doctrine dans la chrétienté. Dans l'Empire de Charles Quint religion et politique vont désormais s'affronter ; dans l'Europe chrétienne une longue guerre de religion commence : protestants contre catholique.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 10 octobre 2017

André Louf (1929-2010)

Le chemin du cœur : l’expérience spirituelle d’André Louf (1929-2010)
Charles Wright
Paris, Salvator, 2017. 262 pages.

Présentation de l'éditeur
L'aventure a déserté le monde. La seule terre qu'il reste à arpenter, c'est celle de son cœur . Abbé du monastère trappiste du Mont des Cats, puis ermite, André Louf (1929-2010) fut l'un des pionniers de cette aventure intérieure. Cet ouvrage procède d'un long compagnonnage avec cette grande figure spirituelle de l'Occident. Ce n'est pas une biographie « pieuse », mais le récit d'un itinéraire d'homme, avec ses lignes courbes, éperonné par ces interrogations : Dieu peut-il vraiment combler une vie ? Comment apprivoiser nos désirs ? À quoi sert la prière ? Quel est le secret de l'amour humble ?  Allant là où André Louf a vécu (monastère du Mont-des-Cats, monastère de Sainte Lioba, s'appuyant sur des témoignages, sources inédites, notamment le journal spirituel où André Louf révèle ce qu'il a de plus intime - son dialogue avec Dieu -, ce livre nous livre nous fait entrer dans tout ce qui fit la vie de ce moine ouvert au monde, ouvert à ses contemporains, mais surtout ouvert à l’action de Dieu..

À travers l'existence de cet orfèvre de l'intériorité, retracée avec sensibilité, et dont le récit se lit avec bonheur,  l'ouvrage balise les chemins vers « la vie vivante » et vers le cœur profond : ce lieu de Dieu où la grâce, la paix et la joie coulent de source en chacun de nous. On saura donc gré à l’auteur de nous faire découvrir un de ses géants de la vie spirituelle de notre siècle

Biographie de l'auteur
Historien de formation, Charles Wright a été plume d'un ministre, éditeur, journaliste, avant de devenir novice dans un monastère cistercien. Il a notamment publié À quoi servent les moines ? (Éditions François Bourin, 2011) et Casanova ou l'essence des Lumières (Éditions Bernard Giovanangeli, 2008, Prix Guizot de l'Académie française).


Qui était André Louf ?

 «J'étais à genoux dans les stalles de l'abbatiale quand j'ai compris comme une évidence l'amour infini de Dieu pour moi. Ce fut une expérience bouleversante, comme si Dieu avait voulu me montrer son vrai visage () À partir de ce jour-là, j'ai compris que Dieu dépasse infiniment ce que l'on peut dire de lui. »
Cette expérience de foi, Dom André Louf n'aura cessé de la partager à un large public dans de nombreux ouvrages (1). Associée à une vision renouvelée de la vie monastique et parfois décapante pour son temps, elle l'a imposé comme l'une des grandes figures spirituelles de l'époque contemporaine.

Né en 1929 à Louvain (Belgique), Dom André Louf parlait de la vocation monastique comme d'un « coup de foudre ». Il entre au Mont-des-Cats à 20 ans, passe quelques années à Rome pour des études à l'Institut biblique pontifical, jusqu'à la « surprise » de 1963. À 33 ans, le jeune moine est élu abbé alors que l'âge requis pour occuper cette fonction est de 35 ans. Il tiendra cette charge pendant trente-cinq ans, au fil des évolutions de l'Eglise et de Vatican II. Elle le mène presque naturellement à l'accompagnement spirituel et lui fait définir les trois étapes de l'itinéraire de l'âme vers Dieu : active, passive et unitive.
Dom André Louf ne faisait pas mystère des crises passagères que peut connaître toute vie de foi. Ses conseils et la précieuse sérénité que dégageait son visage apaisé étaient très prisés des chrétiens. Depuis 1998, il avait réalisé son rêve de jeunesse en allant vivre dans un ermitage, construit pour lui par les frères et sœurs au monastère bénédictin de Saint-Lioba, près d'Aix en Provence.
Cet érudit, connaisseur d'une quinzaine de langues anciennes et modernes, continuait cependant à sillonner la France pour des conférences et à mener ses travaux de traduction des mystiques flamands et des pères spirituels des premiers siècles. En 2004, il avait été choisi par Jean-Paul II pour rédiger le Chemin de Croix du Colisée.


(1)  Notamment Au gré de sa grâce (DDB) ; L'humilité (Parole et Silence)  Dieu intime (Bayard) et Initiation à la Vie spirituelle (Parole et Silence, 2008).

Sources diverses dont journal La Croix (14 juillet 2010)

Principales œuvres d’André Louf

Seigneur apprends-nous à prier, Bruxelles, Lumen vitae, 1972.
La voie cistercienne. À l’école de l’amour, Paris, Desclée de Brouwer, 1980.
Seul l’amour suffirait – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1982-84.
Au gré de sa grâce – Propos sur la prière, Paris, Desclée de Brouwer, 1989.
La grâce peut davantage – L’accompagnement spirituel, Paris, Desclée de Brouwer, 1992.
Heureuse Faiblesse – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1996-98.
À la grâce de Dieu – Entretiens avec Stéphane Delberghe, Namur, Fidélité, 2002.
L'humilité, Paris, Parole et Silence, 2002.
Dieu intime, paroles de moines, Paris, Bayard, 2003.
Chemin de Croix du Colisée, Namur, Fidélité, 2004.
À l’école de la contemplation, Paris, Lethielleux, 2004.
L'œuvre de Dieu : un chemin de prière, Paris, Lethielleux, 2005.
Initiation à la vie spirituelle, Paris, Parole et Silence, 2008.
Saint Bruno et le charisme cartusien aujourd’hui, Paris, Parole et Silence, 2008.
S'abandonner à l'amour. Méditations à Sainte Lioba, Paris, Salvator, 2017 (texte établi par Charles Wright).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque d'Aix et Arles

vendredi 6 octobre 2017

Dietrich Bonhoeffer et Hans von Donhanyi : des résistants sous Hitler

Des hommes peu ordinaires : Dietrich Bonhoeffer et Hans von Dohnany, résistants à Hitler dans l’Eglise et dans l’Etat «
Elisabeth Sifton et Fritz Stern
Paris, Gallimard, 2017.177 pages.


« Résister durant les douze années qu’a duré le IIIe Reich fut un drame plus profond et plus complexe que ce qui est généralement présenté » notent dans la préface de ce livre Elisabeth Sifton, fille du théologien protestant américain Reinhold Niebuhr, et Fritz Stern, dont les parents et grands-parents furent des proches de la famille Bonhoeffer.


Une résistance : « Au nom du caractère sacré de la loi et de la foi »

Il existe peu de témoignages pour dire la résistance de ces Allemands qui osèrent défier Hitler et son régime. Les églises elles-mêmes – catholiques et luthériennes – se sont trouvées divisées face à cette alternative : se soumettre ou résister. Parmi ces chrétiens qui franchirent le pas et se dressèrent cotre la tyrannie nazi, Dietrich Bonhoeffer et son beau-frère Hans von Dohnanyi le firent « au nom du caractère sacré de la loi et de la foi ». L’un d’eux,  pasteur et théologien protestant, est déjà bien connu, le second, avocat haut placé dans le contre-espionnage de l’armée allemande (reconnu comme « Juste parmi les nations »), reste inconnu du grand public.

Cet ouvrage montre que très vite Dietrich Bonhoeffer et Hans von Donhany, ainsi que Christine Bonhoeffer, épouse de Dohnanyi, prirent conscience de la « terrible barbarisation » et de la « dislocation sociale » de l’Allemagne quand Hitler devint chancelier, le 30 janvier 1933. Tous les deux de par leurs contacts – surtout avec les évêques anglais - avec les autres églises sont engagés dans le mouvement œcuménique naissant en Europe, ne pourront qu’être scandalisés par les programmes d’euthanasie des handicapés et par les lois antisémites, mises en place ; si quelques voix parmi les autorités catholiques et protestantes s’élèvent contre ce programme, certains évêques catholiques et pasteurs de l’Église évangélique allemande (EKD, fédération protestante créée en 1924) apporteront néanmoins leur soutien au régime.


Un but avoué : renverser Hitler

« Les chrétiens d’Allemagne sont placés devant la terrible alternative de souhaiter la défaite de leur pays afin que la civilisation chrétienne puisse survivre, ou de souhaiter la victoire de leur nation et détruire ainsi notre civilisation », écrit Bonhoeffer en juillet 1939 depuis New York où il donne des conférences. Avec d’autres confrères de l’église luthérienne il crée « l’église confessante » pour s’opposer au nazisme. En août 1940, le pasteur est interdit de parole en public dans toute l’Allemagne, en raison de son « activisme défaitiste ». Cela ne l’empêchera pas cependant de soutenir dans la clandestinité une activité pastorale pour tenter de faire comprendre en quoi le régime nazi n’a rien de chrétien ; en même temps il s’engage auprès de ceux qui veulent lutter contre Hitler et on retrouve sa trace dans les divers complots qui vont se succéder pendant toute cette période.
De son côté Dohnanyi (qui a une ascendance juive), est amené de par son métier d’avocat, son activité  au sein de l’Abwehr (service 'de contre-espionnage allemand) qui est alors dirigé par Canaris mettra toutes les informations de son service, toute sa compétence de juriste au service de la résistance. Malgré la surveillance policière, il parvient (son activité »est digne d’un roman d’espionnage !) à tisser des liens entre les différents groupes de résistants – officiers de la Wehrmacht, avocats en contact avec l’étranger ou dirigeants socialistes – en vue d’un complot pour renverser Hitler et espérer que les Alliés accepteront de signer une paix avec une Allemagne dotée d’un nouveau régime.
Mais le drame se dénoue le  5 avril 1943 : la Gestapo les arrêta tous les trois: Christine fut relâchée un mois plus tard, mais Bonhoeffer et von Donhnanyi resteront en prison jusqu’en avril 1945. Malgré les interrogatoires, malgré un régime pénitentiaire de plus en plus dur ils resteront fidèles à leurs idéaux et à leur foi. Ils  furent exécutés en avril 1945, quelques semaines avant la capitulation de l’Allemagne par la seule volonté du Fuhrer

Il faudra attendre des années à l’Allemagne pour reconnaître que tous ceux qui s’étaient opposés à Hitler et à son régime n’étaient pas des traitres  Il faudra attendre des années pour qu’ils soient réhabilités .


Églises luthériennes d'Allemagne face au nazisme


Les Églises luthériennes d'Allemagne ont été confrontées au nazisme dès 1920 et ce jusqu’en 1945. Certains partisans de la première heure d’ Hitler  étaient membres des églises luthériennes. Ces « Chrétiens allemands » militant pour un « christianisme positif » pensaient unir les valeurs du national-socialisme et du christianisme et créèrent en 1933 l’église évangélique allemande. La majorité des dirigeants des Eglises luthériennes restèrent fidèles au régime hitlérien durant toute son existence. Seule une minorité regroupée autour de quelques pasteurs dans « l’Eglise confessante » fut une des composantes actives de la résistance allemande au nazisme.


Publication ; Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles