samedi 26 août 2017

LE PAPE INNOCENT III (1160-1216) ET LE MIDI DE LA FRANCE


Innocent III et le Midi
50e Colloque de Fanjeaux, 30 juin-3 juillet 2014
sous la direction de Michelle Fournié, Daniel Le Blévec, Julien Théry-Astruc
Toulouse, Editions Privat, 2005. 527 pages

Ce volume est consacré à l'étude du rôle joué par le pape Innocent III dans l'histoire politique et religieuse du sud de la France, de la fin du XIIe au début du XIIIe siècle. Sont notamment abordées la dénonciation de l'hérétisme, la croisade contre les Albigeois, l'attitude du pontife à l'égard des dominicains et des Juifs, etc.

La figure d'Innocent III, pape de 1198 à 1216, apparaît exceptionnelle à tous points de vue. Le rôle de ce pontife fut en effet crucial tant pour l'ouverture d'une période marquée, au plan géopolitique, par les prétentions du Siège apostolique à exercer un gouvernement théocratique supérieur de la Chrétienté que pour le lancement d'une « révolution pastorale » qui allait durablement imprégner l'histoire religieuse et sociale de l'Occident. Dans la suite du Cahier de Fanjeaux consacré à la Réforme grégorienne, le présent volume se propose de réexaminer à la lumière des travaux les plus récents la place tenue dans l'histoire politico-religieuse du Midi, à l'extrême fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, par celui qui fut assurément l'un des papes les plus importants de l'histoire de l'Église. La dénonciation du péril hérétique, la confiscation des terres de la maison de Saint-Gilles et la Croisade albigeoise figurent bien sûr parmi les principaux sujets abordés. Ils ont été traités en relation avec la conception générale du pouvoir pontifical et les contestations qu'il pouvait rencontrer. Il en est de même pour la politique d'Innocent III à l'égard de l'épiscopat méridional, son attitude concernant les cisterciens, le nouvel ordre fondé par saint Dominique, les formes de vie évangélique cultivées par certains laïcs, ou encore sa position à l'égard des juifs.

la figure d'Innocent III (1160 - 1216) : un pape à poigne

Le 8 janvier 1198, Lotario di Seni est élu pape et prend le nom d'Innocent III. Fait rare, ce cardinal-diacre n'a jamais reçu le sacerdoce et n'est donc pas prêtre. Ce n'est pas un obstacle à son élection car tout chrétien baptisé de sexe mâle est en théorie susceptible de monter sur le trône de Saint Pierre.
Le nouveau pape, sans doute le plus grand du Moyen Âge, doit son élection à sa réputation de théologien et à son tempérament énergique. Ancien étudiant de l'Université de Paris, seulement âgé de 37 ans, il se présente en effet comme un propagandiste acharné de la «République chrétienne et universelle».

L'Église triomphante
Innocent III ambitionne de soumettre les souverains temporels à l'autorité pontificale et revendique la primauté de l'Église sur la société séculière. «De même que la Lune reçoit sa lumière du Soleil, de même la dignité royale n'est qu'un reflet de la dignité pontificale» dit-il.
Le pape, en 1200, excommunie le puissant roi de France Philippe Auguste et jette même l'interdit sur le royaume, autrement dit prive tous ses sujets des sacrements de l'Église. Cette sanction gravissime est due à ce que, veuf d'Isabelle de Hainaut, le roi s'était remarié avec Isambour (ou Ingeburge) de Danemark en 1193 mais, pris d'un subit dégoût, l'avait répudiée le lendemain des noces ! Il avait plus tard épousé Agnès de Meran. Sous la contrainte de l'interdit, le roi feint de se soumettre et restitue à sa malheureuse femme danoise le titre de reine...
Le pape se permet aussi d'excommunier l'empereur d'Allemagne Othon IV de Brunswick et fait élire à sa place Frédéric II de Hohenstaufen. Il excommunie également Jean sans Terre, roi d'Angleterre, en conflit avec Étienne Langdon, archevêque de Cantorbéry. Le roi finit par se soumettre et se reconnaît humble vassal du Saint-Siège en mai 1213 !
Enfin, peu rancunier, Innocent III soutient le roi de France, Philippe II Auguste dans sa lutte contre l'empereur d'Allemagne Othon IV de Brunswick, les comtes de Flandre et de Boulogne et l'ineffable Jean sans Terre. La victoire de Philippe Auguste à Bouvines consolide la monarchie capétienne.
Les nationalités s'affirment déjà plus fortes que la chrétienté oecuménique et, dès le siècle suivant, les principes de laïcité (séparation des pouvoirs temporels et spirituels) tendront à l'emporter sur le principe de «République chrétienne et universelle».

Décevantes croisades
Les croisades du pape Innocent III laissent à celui-ci un goût amer. La IVe croisade destinée à délivrer le tombeau de Palestine est détournée sur Byzance par les marchands vénitiens et se solde par la prise de la métropole orthodoxe, le 12 avril 1204.
Le pape aurait tout lieu de se réjouir de la victoire du roi Pierre II d'Aragon sur les musulmans almohades d'Espagne, à Las Navas de Tolosa, le 16 juillet 1212. Mais l'année suivante, le vainqueur trouve la mort en combattant d'autres croisés à Muret, au sud de Toulouse pendant la croisade contre les Albigeois.
Parmi les rares motifs de satisfaction du pape figure la fondation en 1210, avec son agrément, de l'ordre des «frères mineurs» par Saint François d'Assise.

Innocent III ouvre le concile Latran IV qui va moderniser hardiment les institutions ecclésiastiques. Il meurt quelques mois après sans se douter que ses entreprises politiques ne lui survivront guère. Avec lui s'achève la phase la plus glorieuse de la chrétienté médiévale.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 21 août 2017

Saint François de Sales : une biographie

Saint François de Sales. : aventurier et diplomate 
Michel Tournade
Paris Salvator, 2017. 335 pages.


Le récit romancé de Michel Tournade  met ses pas dans ceux de saint François de Sales : on suit l’enfant, l’adolescent dans ses études de droit et de philosophie (Annecy, Paris, Milan Padoue) puis le prêtre qui se fait missionnaire dans son pays, et enfin l’évêque qui sut être un véritable pasteur.
François de Sales est né en 1567 au château de Sales près de Thorens-Glières dans le duché de Savoie. Il est d’abord destiné à une haute carrière de magistrat comme le voulait son père, mais depuis longtemps il veut devenir prêtre. Il est ordonné prêtre en 1593 et envoyé en mission avec son frère Louis de Sales pour convertir les protestants. D’abord co-adjuteur de son évêque Monseigneur Claude de Garnier en1598), il est nommé évêque de Genève à la mort de celui-ci  en 1602. Les populations du Chablais (région proche de Genève et influencé par les idées de Calvin) passées au protestantisme : il comprend sa mission (depuis son entrée dans la prêtrise en 1593 jusqu’à sa mort en 1622) de ramener ceux qui sont passés  à la Réforme, non par la force mais en prêchant l’exemple et par la parole (y compris par l’usage d’imprimés) à la foi catholique (ce qui fera de lui le saint patron des journalistes et des écrivains par l’encyclique du Pape Pie XI en 1923) :

« C'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de Genève, par la charité qu'il faut l'envahir, par la charité qu'il faut la recouvrer [...]. Je ne vous propose ni le fer, ni cette poudre dont l'odeur et la saveur rappellent la fournaise infernale [...]. Nous devons vivre selon la règle chrétienne, de telle sorte que nous soyons chanoines, c’est-à-dire réguliers, et enfants de Dieu non seulement de cœur mais encore d’effet. (…). C'est par nous-mêmes que nous devons repousser l'ennemi [...], par l'exemple et la sainteté de notre vie [...]. Il faut renverser les murs de Genève par des prières ardentes et livrer l'assaut par la charité fraternelle. »

D’abord co-adjuteur de son évêque Monseigneur Claude de Garnier en1598), il est nommé évêque de Genève à la mort de celui-ci  en1602.

On suit également l’évêque de Genève en mission diplomatique auprès des princes de Savoie et du Roi de France pour régler les problèmes qui existent entre le Royaume de France et la Maison de Savoie. On le suit à Paris où il rencontre Pierre de Bérulle et saint Vincent de Paul, à Genève où il discute de manière clandestine avec Théodore de Bèze qui a succédé à Calvin. On y apprend sa rencontre avec la future sainte Jeanne de Chantal  ce qui aboutira à la création de la Visitation.
Il meurt  à Lyon où il se rendait pour un Synode en 1622.

Michel Tournade dans cet ouvrage se concentre sur l’essentiel des événements de la vie de François de Sales. Tout l’apostolat du prêtre, puis de l’évêque évoque dans cet ouvrage le désir de l’Apôtre du Chalais à convertir les protestants.  Ainsi François de Sales se lie d’amitié Germain Favre-Bonvin un paysan d calviniste, il dialogue qu’avec Théodore de Bèze (successeur de Calvin à l’Académie de Genève) à la page 201 car il a étudié la doctrine calviniste. D’ailleurs il citera même un extrait d’un cantique de Calvin dans un de ses discours :
« C’est un rempart que notre Dieu
Une invisible armure
Notre délivrance en tous lieux,
Notre défense sûre.
« Satan, notre ennemi
En fureur s’est promis
D’user de son pouvoir
Pour vaincre et décevoir.
Sur terre  il n’a plus d’abri. 

Certains évènements  qui ont marqué la mémoire collective sont évoqués : la mort sur le bûcher de Michel Servet (page 116), le massacre de la Saint-Barthélemy (pages 129-130.
L’infatigable évêque du Chablais meurt  à Lyon où il se rendait pour un Synode en 1622.


Quelques éléments biographique de Saint François de Sales

François de Sales, est né le 21 août 1567 au château de Sales près de Thorens-Glières (Savoie). Il est décédé à Lyon en décembre 1622. Prêtre, puis évêque de Genève ; il ne prendra jamais possession de son siège et resta en résidence dans la ville d'Annecy.
Issu d’une famille noble, il choisit le sacerdoce et renonce à tous ses titres de noblesse. Il fut l'un des théologiens les plus célèbres de son temps. Ce fut aussi un grand prédicateurs. Il fonda avec Jeanne de Chantal l'Ordre de la Visitation. Il exerça une influence marquante dans l'Eglise catholique et fut très écouté également des princes et des rois (les les ducs de Savoie Charles-Emmanuel Ier, Victor-Amédée Ier, la régente de Savoie Christine de France, les rois de France Henri IV et Louis XIII).
Homme d’écriture, il laissa une œuvre importante qui témoigne de sa vision de la vie. Depuis 1923, l’Église catholique il est le saint patrons des journalistes et des écrivains en raison de son recours à l'imprimerie et ses publications peuvent être considérés à juste titre comme les tout premiers journaux catholiques au monde.

Le procès en béatification de François de Sales est ouvert par Rome dès 1626. Il est canonisé en 1665 et déclaré Docteur de l’Eglise en 1877 par le Papa Pie IX. En 1923, le pape Pie XI  adresse une encyclique pour commémorer le troisième centenaire de sa mort : Rerum Omnium Perturbationem , le faisant saint patron des journalistes.
Sa dépouille mortelle est aujourd'hui conservée dans la basilique de la Visitation à Annecy, près de celle de Jeanne de Chantal.


Une liste non exhaustive des ses œuvres les plus célèbres
Lettre Ouverte aux Protestants (les Controverses)
Les Entretiens
Petit Traité sur la Communion
Bien faire sa confession
Méditations des Mystères Joyeux
Méditations des Mystères Douloureux
Traité de la Prédication
Conseils aux supérieurs


Le contexte au temps de François de Sales

La Haute-Savoie n’ayant été rattachée à la France qu’en 1860, l’histoire du protestantisme en Chablais est, jusqu’en 1906, indépendante de celle du protestantisme français. La Réforme a pénétré en Chablais lors de l’occupation bernoise et genevoise en 1536, avec les prédications


Biographie de l'auteur
Michel Tournade est religieux oblat de Saint François de Sales et prêtre. Docteur ès lettres, il est enseignant en lycée et curé d'une paroisse à Annecy. Il est notamment l'auteur du livre Un monde à aimer : une adaptation de l'Introduction à la vie dévote de saint François de Sales (Nouvelle Cité).


L’éloge de Paul VI à l'occasion du 300e anniversaire de la publication de sa lettre Sabaudiae Gemma :
« Vous connaissez certainement ce saint. C'est l'une des plus grandes figures de l'Église et de l'Histoire. Il est le protecteur des journalistes et des publicistes parce qu'il rédigea lui-même une première publication périodique. Nous pouvons qualifier d'« œcuménique » ce saint qui écrivit les controverses afin de raisonner clairement et aimablement avec les calvinistes de son temps. Il fut un maître de spiritualité qui enseigna la perfection chrétienne   pour tous les états de vie. Il fut sous ces aspects un précurseur du IIè concile œcuménique du Vatican. Ses grands idéaux sont toujours d'actualité. »


 Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque d'Aix et Arles

lundi 14 août 2017

Dictionnaire encyclopédique de Marie


Dictionnaire encyclopédique de Marie
Pascal-Raphaël Ambrosi, Dominique Le Tourneau
Paris, Desclée de Brouwer, 2015. 1477 pages.


Une présentation enthousiaste de l’éditeur

Du plus haut qu’il put atteindre au plus caverneux où il osa descendre, l’homme a donné le nom de Marie à de vertigineuses cathédrales comme à de ténébreux tréfonds (je songe entre autres au puits Notre-Dame des houillères de Ronchamp, ou à la fosse Notre-Dame de la Compagnie des mines d Aniche), à des communautés vivant l’appel du silence comme à des formations de rock parmi les plus hurlantes (l’un des groupes du heavy metal suédois ne s’est-il pas appelé Notre Dame ?). Je ne dis pas cela par goût des paradoxes, mais parce que Marie ne serait pas Marie si Elle n’était pas partout, si Elle n’ avait pas les bras et le cœur , donc ! ouverts au plus large pour embrasser toutes les activités des hommes sans exception aucune.

En voici une nouvelle preuve avec ce Dictionnaire encyclopédique de mariologie dont Marie est l’antienne, la source et la racine, Dictionnaire aussi complet et complexe, aussi florissant, aussi surabondant, aussi audacieux, aussi défiant, aussi priant qu’une cathédrale de pierre. Ah oui, sans doute était-ce un pari fou que d’ériger ce monument de littérature et de spiritualité ! Mais ce pari, Pascal-Raphael Ambrogi et Dominique Le Tourneau l’ont gagné. Et que leur lecteur soit un de ces enfants éblouis qui savent la joie de danser dans les pas de Marie, ou l’un de ces pauvres Poucets qui ont perdu jusqu’ au dernier de leurs petits cailloux d’espérance et de foi, ce livre apporte une certitude : rencontrer Marie n’est pas un vain mot, c’est possible dès aujourd’hui, possible dès ici-bas, ces pages en sont la promesse, le guide, l’itinéraire.

Comme la cathédrale, cet ouvrage (j’aime ce mot qui sent bon l’effort, le travail, la recherche du chef-d'oeuvre) chante l’élévation, la verticale, il libère la lumière et les couleurs mariales. On doit en tourner les pages, en égrener les entrées, avec la même déférence mais aussi le même enthousiasme que l’on met à pousser la porte des nefs ouvertes à la foule innombrable des amoureux de Marie amoureux, oui, et ce livre est justement l’une des plus accomplies, des plus brillantes, des plus fertiles et des plus riches lettres d’amour entre Elle et nous...
Didier Decoin, de l’Académie Goncourt


Biographie des auteurs

Pascal-Raphaël Ambrogi est Sociétaire de la Société des Gens de Lettres et Ecrivain engagé dans la défense du patrimoine linguistique français, il a notamment publié Le sens chrétien des mots et le Dictionnaire du bon usage au service du sens et de la nuance.

Dominique Le Tourneau est prêtre, chapelain de Sa Sainteté, écrivain et poète. Il a publié de nombreux articles scientifiques de revues et de dictionnaires ainsi qu'une vingtaine d'ouvrages, dont Les mots du christianisme. Catholicisme - Orthodoxie - Protestantisme (Fayard). Il enseigne au Studium de droit canonique de Lyon.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 31 juillet 2017

Franz Stock : Journal de guerre

Journal de guerre : écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien
Franz Stock
Paris, Editions du Cerf, 2017. 434 pages.


RÉSUMÉ
Journal de guerre En 1941, Franz Stock, curé de la paroisse allemande à Paris, accepte de l'Occupant la mission de visiter les prisons françaises du Cherche-Midi, de Fresnes et de La Santé, à la condition de ne pas porter l'uniforme de la Wehrmacht. Un an plus tard, c'est lui qui accompagne au Mont Valérien, jusqu'aux poteaux d'exécution, les condamnés à mort, résistants ou otages, juifs, chrétiens, communistes...

Voici son Journal publié ici pour la première fois. D'une valeur inestimable, le document se divise en trois parties : le « Journal des fusillés », avec les notes très brèves comme de simples annotations au jour le jour sur les prisonniers qu'il accompagne vers la mort, prises de 1942 à 1944 ; son « Journal de Cherbourg », tenu alors qu'il était prisonnier des Américains de 1944 à 1945 ; et enfin « Un séminaire derrière les barbelés », écrit en 1947, où il retrace l'histoire des débuts de ce Séminaire devenu un lieu de mémoire de la Réconciliation franco-allemande. Dans les deux journaux tenus alors qu’il est prisonnier de guerre l’abbé Stock peut se sentir plus libre pour livrer ce qu’il ressent pendant cette période.

Cette archive inédite, enfin exhumée, révèle la force et le courage des condamnés à mort. Franz Stock note leur comportement, leurs dernières phrases, la façon avec laquelle ils abordent la mort. Un livre capital pour comprendre l'histoire du XXe siècle.


DISCOURS DE FRANZ STOCK DU 26 AVRIL 1947
Ce discours, qui a valeur de testament,  a été prononcé par l’abbé Franz Stock, directeur du Séminaire des Barbelés,  pour le 2ème
anniversaire de sa création, le 26 avril 1947, quelques semaines avant sa fermeture définitive   :

« Je voudrais maintenant m’adresser à vous, mes chers théologiens, et vous invite à considérer mon propos comme un programme.
Car vous savez aussi bien que moi que dans la crise actuelle des structures à laquelle l’homme d’occident est aujourd’hui confronté, le théologien et le jeune prêtre – à la différence d’autrefois – affronte sans détours et sans s’esquiver les questionnements de notre temps, l’esprit lucide et le cœur grand ouvert, il se trouve sur le devant de la scène, au cœur même des événements, révélant les dangers, guérissant les blessures, afin d’apporter salut et consolation à ceux qui cherchent et désespèrent.
Notre monde a changé et vous serez effrayés à la vue des bouleversements que cette guerre a provoqués dans les âmes et dans les esprits des hommes. La preuve devra alors être apportée que la protection et l’isolement du séminaire ne vous ont pas éloignés du monde, mais au contraire, vous ont formés de telle façon que l’élan et l’optimisme de votre jeunesse puissent résister aux assauts. C’est alors que nous pourrons vérifier si au fil des années écoulées nous avons pris les choses au sérieux et si c’était juste.
Quand un tremblement de terre ébranle une ville, les clochers s’écroulent en même temps que les monuments et les maisons. Quand une crise économique et sociale bouleverse le monde, les institutions et la vie de l’Église ne restent pas indemnes, car elle ne peut exister à l’écart de l’histoire générale.
Plus la crise est profonde, plus elle met sens dessus dessous les valeurs fondamentales de l’existence humaine, plus violente aussi est la secousse qui ébranle le corps de l’Église. Beaucoup de choses aujourd’hui sont sur le point de s’effondrer, d’éclater ; autour de nous, plus rien n’est stable, plus rien n’est sûr. Les convictions héritées du passé, telles des valeurs de bienheureuse mémoire, s’estompent, et les hypothèses les plus incongrues trouvent des adeptes.
Dans de telles circonstances, il serait surprenant que l’Église incarnée et humaine restât une oasis de calme en marge de la dissolution universelle. Ce qui en elle relève du divin et de l’éternel, reste immuable, mais l’homme, quant à lui, est emporté dans le tourbillon d’une danse endiablée à la manière de la sarabande espagnole.
La civilisation moderne, poussée toujours plus loin par le progrès technique, qui en l’espace de cent cinquante ans a bouleversé la vie sociale, évolue à une vitesse vertigineuse. Une nouvelle civilisation se fraye un chemin, se présentant dans un premier temps sous les traits d’une barbarie mécanisée. L’humanité, arrivée à la croisée des chemins, peut alors se tromper de direction et choisir la termitière humaine ou le suicide atomique, au lieu de s’orienter vers le progrès authentique, celui qui consiste à maîtriser par l’esprit les réalisations de la science et de la technique afin de les mettre au service de l’homme. Dans ce nouveau moyen âge, l’Église peut assumer le rôle qu’elle joua au seuil du grand moyen âge :  en tant que messagère du surnaturel, elle peut sauver la nature ; mandataire de Dieu, elle peut libérer l’homme.
Notre civilisation est lassée de l’individualisme, elle se tourne vers des institutions communautaires. Mais elle les cherche là où elles ne peuvent s’épanouir : au sein d’un parti politique ou dans l’État. L’Église se doit de lui servir de modèle parfait d’une communauté, car précisément, elle fonde ses communautés terrestres sur la participation à la communauté suprême, celle du Corps mystique du Christ.
Notre époque parle toujours des masses humaines et nous savons bien que les masses humaines d’aujourd’hui sont plus éloignées du christianisme que ne le furent les païens des terres inexplorées. Le temps des grandes persécutions peut resurgir de nouveau où les chrétiens seront déclarés ennemis par excellence de l’humanité. Cette proximité du paganisme exige de nous de trouver de nouveaux moyens efficaces. La possibilité du martyre réclame de nous un retour aux sources, à l’esprit du temps où le sang des martyrs se mêlait quotidiennement au vin de l’Eucharistie. Face à une époque paganisée, l’Église redevient missionnaire. Mais vouloir être missionnaire, cela ne se traduit pas seulement par des méthodes, mais s’exprime par l’esprit qui doit guider tout le clergé et tout le peuple fidèle.
Tétanisés par l’existence de ces masses humaines, certains semblent devoir croire que l’idéal du chrétien des temps modernes consiste à s’effacer dans la masse comme une goutte de pluie se dissout dans l’océan. Mais même dans la masse humaine, le chrétien doit se faire remarquer, doit déranger, doit heurter, car c’est précisément par ce scandale qui choque que commence l’apostolat. Et ce christianisme doit être viril, un christianisme de présence affirmée, qui ne craint pas l’affrontement, qui réclame un engagement, un christianisme lumineux comme un phare pour éclairer les ténèbres, un christianisme d’acier pour un siècle de fer, un christianisme flamboyant pour notre temps de l’énergie nucléaire. Notre siècle est activiste, agité, il est érotique, confond le spirituel et le temporel. Notre siècle voit triompher les haines, il est anarchique, révolutionnaire, voit s’enchaîner les catastrophes, il entasse ruines sur ruines, dans les villes comme dans les âmes.
Notre siècle atomisé, divisé en nationalismes aussi ridicules qu’un costume de zouave suranné.
Ainsi, notre siècle a deux pôles, l’un nous pousse vers l’apostasie, l’autre vers la sainteté, l’un rejette l’Église, l’autre l’attire. Il importe, tout en étant enfant de notre siècle, de réconcilier Église et monde moderne.
Le nombre de saints voulus par Dieu suffit à sauver une époque. Des saints qui se vouent à cette vocation et qui transforment en vertus les agissements de notre temps.
Des saints qui renoncent aux amours humaines et qui savent à quoi ils renoncent, qui par le spectacle et l’exemple de leur vie poursuivent le chemin de l’ordre humain.
Des saints qui n’ont pas peur des catastrophes ni des révolutions, mais qui savent profiter de toute occasion et orientent tout leur être vers le second avènement du Sauveur.
Des saints qui réconcilient l’attachement à leur patrie charnelle et l’amour pour l’humanité, par delà les frontières des nations, des empires, des races et de classes.
C’est la Providence qui nous lance cet appel à la sainteté par la voix de l’histoire, et nous devons le suivre pour apporter au monde le message de liberté et de paix, de salut et d’amour.
Ce devrait être pour nous tous un legs sacré, en ce second anniversaire de notre séminaire, de recevoir en nous ce message de vie et de l’apporter à l’humanité souffrante.»


Qui était l’Abbé Franz Stock (1904-1948) ?La Croix International 
«Son regard m’avait frappé, à la fois plein de tendresse et de tristesse… Comme s’il ne pouvait chasser de son esprit tous ces hommes qu’il avait accompagnés jusqu’au poteau d’exécution» raconte  un témoin qui a connu l’abbé Franz Stock au camp de prisonniers allemands près de Chartres.

Originaire de Wesphalie,  celui qui fut le premier étudiant allemand admis à l’Institut Catholique de Paris depuis le Moyen-Âge, Franz Stock sera recteur de la mission catholique allemande de Paris de 1934 à 1939.
Nommé aumônier des prisons de Paris de 1941 à 1944, il apporte un soutien moral et spirituel aux détenus, prépare et accompagne les condamnés à mort jusqu’à leur lieu d’exécution. De très nombreux témoignages noteront qu’il apporte le réconfort à ceux qui veulent le recevoir et que malgré les risques il sert de messager entre les familles et les résistants emprisonnés.
En 1945, il est chargé,  grâce à ses relations avec des prêtres français,  de l’instruction des séminaristes allemands prisonniers de guerre. Le "Séminaire des barbelés" est définitivement installé dans le camp 501 de Coudray, près de Chartres.
Le nonce Roncalli donnera l’absoute lors de son enterrement en 1948. Il est considéré, à juste titre, comme un pionnier de l’amitié franco-allemande.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


samedi 29 juillet 2017

Les premiers siècles de la Compagnie de Jésus


Les premiers siècles jésuites : jalons pour une histoire (1540-1814)
Philippe Lécrivain
Namur (Belgique), Editions Lessius, 2016. 681 pages.


Description de l’ouvrage

Dans un ouvrage Les Premiers Jésuites (1540-1565) publié en 1999  l’auteur  John O’Malley retraçait les premières années de la Compagnie de Jésus et mettant en avant la figure d’Ignace de Loyola  et commentait les premières constitutions des Jésuites ainsi que les Exercices spirituels de saint Ignace.  A la fin de son ouvrage il souhaitait que ce travail fut complété par une histoire retraçant les premiers siècles de la jeune Compagnie de Jésus. Son vœu vient d’être exaucé par la publication de cet ouvrage de l’historien Philippe Lécrivain.

Cette étude va sans doute au delà des espérances  de John O’Malley puisqu’elle couvre presque trois siècles de la vie des Jésuites (de 1540 à 1814). L'étendue du sujet a conduit l'auteur à procéder par grands sondages montrant la Compagnie de Jésus à l'œuvre en Europe, mais aussi en Asie et en Amérique. Le but de cet ouvrage est de montrer que si les Jésuites sont des éducateurs, toute leur activité ne se réduit pas à l'enseignement, fût-il excellent. Nombreux sont ceux qui s'adonnent aux sciences, à la théologie et à la spiritualité. Plus nombreux encore ceux qui sont missionnaires dans leur pays ou ailleurs. Durant les premiers siècles de leur existence, les Jésuites rencontrent beaucoup de difficultés et relèvent bien des défis. Leur ordre sera même supprimé en 1773, avant d'être rétabli en 1814.

Cette monumentale et passionnante  fresque historique émaillée des figures de jésuites déterminants nous emmène aux quatre coins de la terre où le destin de la Compagnie s'est joué en lien étroit avec la société civile et aux prises avec le pouvoir.


Biographie de l'auteur

Philippe Lécrivain sj, historien et théologien, est professeur émérite d'histoire du christianisme aux Facultés jésuites de Paris (Centre Sèvres) et ancien maître de conférence à l'Institut de sciences politiques de Paris. Il a également publié chez Lessius Une manière de vivre, les religieux aujourd'hui (2009).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 27 juillet 2017

Juillet 2017 : nouveautés

Nouveautés de Juillet 2017

AMBROGI, Pascal-Raphaël ; LE TOURNEAU, Dominique. – Dictionnaire encyclopédique de Marie. – Paris, Desclée de Brouwer, 2015. 1477 pages.

AUGUSTIN (saint). – Les commentaires des Psaumes : Ps. 26-31. – Paris, Institut d’études augustiniennes, 2011. 451 pages.

ISODORE DE PELUSE. – Lettres. Tome III : Lettres 1701-2000. – Paris, Editions du Cerf, 2017. 488 pages.

KASPER, Walter. – Jésus le Christ. – Paris, les Editions du Cerf, 421 pages.

PIERRE FAVRE (saint). – Lettres et instructions. – Namur (Belgique), Editions Jésuites, 2017. 397 pages.

SCANNONE, Juan Carlos. – La théologie du peuple : racines théologiques du pape François. –Namur (Belgique), Lessius, 2017. 271 pages.

Suso ? Henri. – Petit livre de la vérité. – Paris, Editions Belin, 2002. 124 pages.


TOURNADE, Michel. – Saint François de Sales : aventurier et diplomate. – Paris, Salvator, 2017. 333 pages.


publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 24 juillet 2017

L'humanisme eschatologique de Louis Bouyer

L’humanisme eschatologique de Louis Bouyer : de Marie, Trône de la Sagesse, à l’Eglise, Epouse de l’Agneau
Marie-David Weil
Paris,  Le Cerf, 2016. 634 pages.


Présentation de l'éditeur

Comment le plus fulgurant des théologiens français du XXe siècle est-il demeuré dans l'ombre jusqu'à nos jours ? Voici ce théologien complet enfin intégralement exposé, à partir des aspects les plus achevés de sa vision primordiale : de Marie à l'Eglise, de l'humanité réalisée à l'humanisme consommé, de l'homme céleste à la vocation monastique, tout tient dans la Sophia divine incarnée en la Vierge un jour de l'histoire d'Israël, ainsi devenu la fin des temps.

On nous propose de lire ici tout Bouyer, même ses romans fantastiques, de sympathiser avec lui, non sans un peu de circonspection, de se passionner pour l'Orient, les sophiologues russes, l'iconographie mariale, de se découvrir érasmien, philippien, newmanien, pour finir convaincu que les médiévaux du Nord, Guillaume de Saint-Thierry ou Hadewijch d'Anvers, avaient tout compris de la divinisation par "les audaces de l'amour"... Sur la table fastueusement garnie, une documentation immense, dont notre scribe-sourcière dégage l'originalité, tout en discutant sans cesse toute l'oeuvre, dans une langue magnifique, qui rend la provende si exquise à chaque instant.

En finale, les théologies grecque et latine s'allient aux figures mystiques chrétiennes pour dire la sainteté de la Jérusalem céleste, mère, puis épouse puis vierge - à l'instar de Marie. De la création à la parousie, c'est l'humanisme eschatologique qui s'atteste, sous les espèces et apparences de cet Agneau toujours immolé dont l'Epouse célèbre en mode jubilatoire l'avènement. Un jeune docteur d'une jeune Congrégation a pris hardiment la mer pour ramener ce filet débordant qu'il nous faudra longtemps pour consommer sur le rivage. Venez, tout est prêt ; prenez et lisez !


Biographie de l'auteur
Soeur Marie-David Weill, soeur apostolique de Saint-Jean, a exercé plusieurs responsabilités dans sa congrégation avant de présenter en 2015, à la Faculté jésuite de théologie de Bruxelles (I.E.T.), la thèse de doctorat dont est issu cet ouvrage accessible à tous.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


Fermeture d'été

En raison des vacances, la bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles sera fermée du mardi 1er août au jeudi 31 août inclus.


jeudi 13 juillet 2017

Les premiers bâtisseurs de l'Eglise

Les premiers bâtisseurs de l’Eglise : correspondances épiscopales
Marie-Christine Bazlez
Paris, Fayard, 2016. 299 pages.

Présentation

Dans cet essai, Marie-Françoise Baslez explique comment les évêques des premiers siècles  que leurs lettres révèlent comme des hommes de relation et d’échange, ont peu à peu structuré un christianisme éclaté et pluriel. On y découvre une « Église des réseaux », construisant son unité dans la diversité, en communion par la communication. Ces évêques furent de grands épistoliers, qui écrivaient à leurs communautés des lettres informatives et réactives, surtout dans les moments de crise (problèmes des lapsi au temps des persécutions, rivalités personnelles ou locales à propos des rites, apparitions de dissidents) et qui s’écrivirent beaucoup entre eux en créant les conditions de fonctionnement d’une Église synodale.

Rapportant les débats, affrontements et ruptures qui agitaient les chrétientés locales, les correspondances épiscopales, souvent peu connues et en partie inédites, donnent accès à un monde bien plus complexe que l’on ne peut le soupçonner, et foisonnant en posant les fondations d’un gigantesque édifice, l’Église catholique. Ces évêques des premiers siècles ont fortement contribué à bâtir l’Eglise et sa structure telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Cet essai, même si il demande une bonne connaissance des premiers siècles de l’église, peut nous aider à mieux comprendre l’Eglise d’aujourd’hui.  En perpétuelle évolution l’Eglise n’a  jamais cessé de comprendre le monde dans lequel elle vivait ; elle a toujours cherché à trouver un mode d’expression, à chercher des solutions aux problèmes qui se posaient à une époque donnée  pour mieux aider les fidèles rester fidèles à l’enseignement  donné par le Christ et transmis par les Apôtres.


L’auteur
Après Saint Paul (Fayard, 1991, 2013), Les persécutions dans l’Antiquité, victimes, héros, martyrs (Fayard, 2007, prix Chateaubriand) et Comment notre monde est devenu chrétien (Points-histoire, 2011), Marie-Françoise Baslez, historienne des religions, professeur émérite à l’université de Paris Sorbonne, publie Les premiers bâtisseurs de l’Église, qui vient enrichir une synthèse sur l’histoire des premières communautés chrétiennes et du christianisme primitif.
Biographie de l'auteur
Marie-Françoise Baslez enseigne l’histoire grecque à l’université Paris-Sorbonne et à l’École normale supérieure. Elle est l’auteur de nombreux ouvrages historiques, notamment Les persécutions dans l'Antiquité, victimes, héros, martyrs paru en 2007 aux éditions Fayard, qui a reçu le prix Chateaubriand.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 6 juillet 2017

Quelques livres pour l'été 2017....

Livres pour l’été 2017... sur la plage, en montagne ou ailleurs !



AITKEN, Anne-Marie ; LAMBOLEY, Thierry. – Guide pratique pour développer sa vie spirituelle : 36 conseils pour aller vers Dieu. – Paris, Société d’Editions de revues, 2016. 158 pages.

BECK, Béatrix.  Léon Morin,  prêtre. – Paris, Gallimard, 2016. 214 pages.

BERNANOS, Journal d’un curé de campagne. – Paris, Lemeilleur livre du mois, 1953. 288 pages.

BOUFFLET, Joachim. – Fatima : 1917-2017. – Paris, Le Cerf, 2017. 304 pages.

BOURGEOIS, Daniel. – Jésus de Nazareth. – Paris, Editions Payot, 2017. 237 pages.

CANDIARD, Adrien. – Quand tu étais sous le figuier. – Paris, Le Cerf, 2017. 176 pages.

CHENG, François. - De l'âme.– Paris, Albin Michel, 2016. 162 pages.

COUTEL, Charles. – Petite vie de Charles Péguy : l’homme cathédrale. – Paris, Desclée de Brouwer, 2013. 160 pages.

DREUILLE, Christophe de. - Nourris-toi de la Parole : une inviation à la lectio divina. – Paris, Lethielleux, Parole et Silence, 2009. 259 pages.

FADELLE, Joseph. – Le prix à payer. – Paris, Editions d l’œuvre, 2010. 221 pages.

FRANÇOIS (Pape). – Loué sois-tu : Laudato si : sur la sauvegarde de la maison commune : lettre encyclique. – Paris, Salvator, 2015. 192 pages.

FRANK, Anne. – Le journal d’Anne Frank. – Paris, Calmann-Lévy, 1961. 276 pages.

GAUCHER, Guy. – La vie du Père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. – Vénasque, Editions du Carmel, 2007. 368 pages.
GREENE, Graham . – La puissance et la gloire. – Paris, Laffont, 1967. 340 pages.

GRÜN, Anselm. – L’hymne à l’amour. – Paris, Parole et Silence, 2009. 153 pages.

HIMITIAN, Evangelina. – François, un pape surprenant. – Paris, Presses de la Renaissance, 2013. 259 pages.

MC GOVEN, J. – Sir Thomas More : genèse d’un saint. – Paris, Le Laurier, 1989. 23 pages.

MERCIER, Jean. – Monsieur le curé fait sa crise. – Editions Quasar, 2016.  176 pages.

MORE, Thomas. – Ecrits de prison. – Paris, Le seuil, 1953. 188 pages.

NEWMAN, John Henry. – Perte et gain : histoire d’un converti. – Paris, E. Vitte, 1944. 286 pages.

RADCLIFFE, Timothy. – Au bord du mystère : croire en temps d’incertitude. – Paris, Le Cerf, 2017. 188 pages.

RADCLIFFE, Timothy. – Pourquoi aller à la messe : l’Eucharistie un drame en trois actes. – Paris, Le Cerf, 2008. 294 pages.

RANCE, Christiane. – François, un pape parmi les hommes. – Paris, Albin Michel, 2014. 285 pages.

RICCARDI, Andrea. - Périphéries. Crises et nouveautés dans l'Eglise. – Paris, Le Cerf, 2016. 208 pages.

SARAH, cardinal Robert. – La force du silence : contre la dictature du bruit. – Paris, Fayard, 2016. 378 pages.
 Un livre paradoxal qui parle du silence ! C’est le deuxième ouvrage du cardinal, après Dieu ou rien, un livre d’entretiens avec Nicolas Diat

VEIL, Simone. – Une vie. – Paris, Stock, 2007. 397 pages.

ZUNDEL, Maurice. - Croyez- vous en l'homme ?  - Paris, Le Cerf, 2003. 153 pages.
ZUNDEL, Maurice. - L'Evangile intérieur. – Saint-Maurice (Suisse), Editions Saint-Augustin, 1936. 166 pages.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


Une vie : Simone Veil

Une vie
Simone Veil
Paris, Stock, 2007. 397 pages.

« Les photos conservées de mon enfance le prouvent : nous formions une famille heureuse. Nous voici, les quatre frère et sœurs, serrés autour de Maman ; quelle tendresse entre nous ! Sur d'autres photos, nous jouons sur la plage de Nice, nous fixons l'objectif dans le jardin de notre maison de vacances à La Ciotat, nous rions aux éclats, mes sœurs et moi, lors d'un camp d'éclaireuses... On devine que les fées s'étaient penchées sur nos berceaux. Elles avaient noms harmonie et complicité. Nous avons donc reçu les meilleures armes pour affronter la vie. Au-delà des différences qui nous opposaient et des difficultés qu'il nous fallut affronter, nos parents nous offrirent en effet la chaleur d'un foyer uni et, ce qui comptait plus que tout à leurs yeux, une éducation à la fois intelligente et rigoureuse.
« Plus tard, mais très vite, le destin s'est ingénié à brouiller des pistes qui semblaient si bien tracées, au point de ne rien laisser de cette joie de vivre. Chez nous comme dans tant de familles juives françaises, la mort a frappé tôt et fort. Traçant aujourd'hui ces lignes, je ne peux m'empêcher de penser avec tristesse que mon père et ma mère n'auront jamais connu la maturité de leurs enfants, la naissance de leurs petits-enfants, la douceur d'un cercle familial élargi. Face à ce que furent nos vies, ils n'auront pu mesurer la valeur de l'héritage qu'ils nous ont transmis, un héritage pourtant rare, exceptionnel ».
« Les années 1920 furent pour eux celles du bonheur. Ils s'étaient mariés en 1922. Mon père, André Jacob, avait alors trente-deux ans et Maman, Yvonne Steinmetz, onze de moins. À l'époque, l'éclat du jeune couple ne passe pas inaperçu. André porte l'élégance sobre et discrète à laquelle il tient, tout comme il est attaché à la créativité de son métier d'architecte, durement secoué par quatre années de captivité, peu de temps après son grand prix de Rome. D'Yvonne irradie une beauté rayonnante qui évoque-pour beaucoup celle de la star de l'époque, Greta Garbo. Un an plus tard naît une première fille, Madeleine, surnommée Milou. Une nouvelle année s'écoule et Denise voit le jour, puis Jean en 1925, et moi en 1927. En moins de cinq ans, la famille Jacob s'est donc élargie de deux à six membres. Mon père est satisfait. La France a besoin de familles nombreuses, juge-t-il. Quant à Maman, elle est heureuse. Ses enfants remplissent sa vie.
« Mes parents étaient tous deux nés à Paris, précisément avenue Trudaine, à deux pas l'un de l'autre, dans ce coin tranquille du neuvième arrondissement où, au début du siècle, vivaient beaucoup de familles juives qui devaient plus tard émigrer vers d'autres quartiers. Bien que cousins éloignés, ils ne se connaissaient pas. Du côté de mon père, l'arbre généalogique fait état d'une installation en France qui remonte au moins à la première moitié du XVIIIe siècle. Mes ancêtres étaient à l'époque fixés en Lorraine, à proximité de Metz, dans un village où j'ai traîné ma famille il y a quelques années. Le dernier Juif du village, un allègre centenaire, veillait à l'entretien des tombes. Il nous a montré celles de nos aïeux. L'une d'entre elles datait des années 1750. On imagine l'émotion qui nous a étreints face à ces lointaines traces de notre présence dans ce village. 

Les premières pages avec lesquelles Simone Veil ouvre son livre


 Une vie tel le titre choisi par Simone Veil pour raconter ce que fut sa vie d’avant la guerre 1939-1945 et celle d’après.
A une enfance heureuse va succéder la fuite devant l’avance allemande, l’arrestation à Nice en 1943 et la déportation qui va détruire sa famille. C’est donc en rescapée que Simone Veil va traverser son existence
Après avoir occupé de hauts postes dans la magistrature, c’est dans la politique qu’elle se fera connaître et notamment comme Ministre de la santé pour défendre devant l’Assemblée nationale en 1973 son projet de loi sur la dépénalisation de l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) Garde des Sceaux. Elue députée européenne en 1979, elle sera la première femme à présidée l’Assemblée européenne (1979-1982). De nouveau ministre (1993-1995), elle siègera au Conseil Constitutionnel de Dans le politique, ensuite, qui la voit occuper en France et en Europe de 1998 à 2007. En 2008 elle est élue à l’Académie française.
A partir de cette date elle se retire de la vie politique. C’est en 2007 qu’elle publie le livre qui la fait connaître de façon plus concrète, où elle révèle son passé de rescapée de la Shoah et ses combats politiques et ses convictions. Dans ce livre elle peut juger le passé en toute indépendance et en toute liberté et jeter un regard lucide mais non dépourvu parfois de mordant sur le monde politique.

Une brève biographie de Simone Veil (1927-2017).
Simone Veil est née Jacob en juillet 1927à Nice  et morte le 30 juin 2017 à Paris. Elle déportée à Auschwitz durant la Shoah et elle perd ses parents et son frère. Rescapée des camps  elle épouse en 1946 Antoine Veil puis poursuit ses études avant d'entrer dans la magistrature. 
En mai 1974, elle est nommée Ministre de la Santé par Valéry Giscard d’Estaing  qui la charge de faire adopter la future loi dépénalisant    le recours à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) ; cette sera appelée ensuite sous le nom de « loi Veil ».

Parmi ses hautes fonctions politiques il faut retenir qu’elle fut la première femme à être présidente du Parlement européen (1979-1982). Après avoir occupé d’autres postes ministériels (1993-195), elle entre au Conseil Constitutionnel (1998-2007) avant d’être élue à l’Académie française (2008).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 4 juillet 2017

Nouveautés pour le mois de juillet 2017

NOUVEAUTES DE JUILLET 2017


AITKEN, Anne-Marie ; LAMBOLEY, Thierry. – pour développer sa vie spirituelle : 36 conseils pour aller vers Dieu. – Paris, Société d’Edition de revues, 2016. 158 pages.

AUGUSTIN (saint). – Les commentaires des Psaumes (Ps 17-25). – Paris, Institut d’études augustiniennes, 2009. 364 pages.

BEHR-SIGEL, Elisabeth. – En marche vers l’unité : point de vue d’une théologienne orthodoxe. – Paris, Le Cerf, 2017. 340 pagers.

CANDIARD,  Adrien. – Quand tu étais sous le figuier… : propos intempestifs sur la vie chrétienne. – Paris, Le Cerf, 2017. 163 pages.

FEYDEAU, Bertrand de. – Au côté du cardinal Lustiger. – Paris, Le Cerf, 2017. 199 pages.

FORTIN, Anne. – Comment vivre ? : naître à la suite de Jésus. – Paris, Médiaspaul, 2016. 252 pagres.

GUERRIERO, Elio. – Serviteur de Dieu et de l’humanité : la biographie de Benoît XVI. – Paris, Mame, 2017. 655 pages.

LEWIS, Carol Lewis. – Surpris par la joie. – Le Mont Pèlerin (Suisse), Editions Raphaël, 2006. 305 pages.

MARGRON, Véronique. – Fidélité et infidélité : question vive. – Paris, le Cerf, 2017. 79 pages.

STOCK, Franz. – Journal de guerre : écrits inédits de l’aumônier du Mont Valérien (1942-1947). – Paris, Le Cerf, 2017. 434 pages.

THOMAS D’AQUIN  (saint). – Commentaire de l’Epître aux Philippiens. Suivi de Commentaire de l’Epître aux Colossiens. – Paris, Le cerf, 2015. 432 pages.

WRIGHT, Charles. – Le chemin du cœur : l’expérience spirituelle d’André Louf (1929-2010). – Paris, Salvator, 2017. 292 pages.

Publication : Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

les grandes heures de l'Action française

https://youtu.be/KfBfVkXzUHw
la revue Codex présente de manière détaillée et très bien documentée le mouvement de l'Action française ; son origine, ses principaux acteurs (dont Charles Maurras), son répercutions dans le catholicisme en France des années 1920 à 1939 et les frictions avec Rome.

Luther : 1517, le grand schisme

Luther, 1517 : le grand schisme
Les collections de l’Histoire
Numéro 75 – avril 2017

A l’occasion des quarante ans de la création du magazine L’Histoire, le numéro spécial des Collections de l’Histoire sort un dossier spécialement consacré à la Réforme protestante  pour le 500ème  anniversaire du manifeste de Luther.

C’est en effet le 31 octobre 1517 qu’un un moine inconnu d’une petite ville de Saxe, en Allemagne, Martin Luther, rendait publiques ses « 95 thèses contre les indulgences ». Par là il voulait dénoncer non seulement le scandale du commerce des Indulgences qui servait à l’embellissement de Saint Pierre de Rome, mais également de sa pratique en général. Ce qui aurait pu être qu’une volonté de réforme des abus de l’Eglise durant cette période se transforma au cours des années en schisme : le protestantisme allait s’étendre aux principaux Etats allemands mais il allait également s’étendre au reste de l’Europe. En quelques années, le monde allait en être bouleversé : une nouvelle religion, le protestantisme, était née.

Dans ce numéro fort bien documenté sur Luther et sur le protestantisme ce sont les meilleurs spécialistes qui nous font entrer dans le monde de celui qui fut d’abord moine, puis le chef de la nouvelle église en rupture totale avec Rome. Au début du XVIè siècle c’est un rêve d’universalisme qui s’écroule et qui va bouleverser la chrétienté en introduisant dans la pensée des notions comme la liberté de conscience, le pluralisme des idées et une certaine forme de sécularisme. Mais cela va entraîner, notamment en France, les guerres de Religion.


Une courte biographie de Martin Luther

Martin Luther est né à Eisleben (Allemagne) en le 1483 et mort en 1546.
 Après un enseignement philosophique, Martin Luther intègre le cercle des augustins. D'Erfurt, il se rend par la suite à Wittenberg et enseigne l'Ecriture sainte à l'université. Dès 1515, il commente les épîtres de Saint Paul et va imprégner par la suite toute sa vision de la foi. En 1517 il promulgue  ses "95 thèses" fortement opposées au trafic des indulgences et à la façon dont est dirigé l’Eglise. Ceci marque  le commencement de la Réforme, un mouvement qui fera tâche d’huile dans toute l’Europe. Rome le condamne mais celui-ci va se couper définitivement de Rome pour rédiger sa propre doctrine.
Mis au ban de l’Empire après  la diète de Worms  par Charles Quint en 1521, il part se réfugier dans le duché de  Wittenberg qu'en 1522. Il écrit  une traduction allemande de la Bible (dès 1521). A partir de cette date il continue son combat contre le catholicisme, s'oppose aux révoltes sociales (guerre des Paysans) et se marie (1525).
C’est alors qu’il s’attache à l'organisation de la Réforme et de l’Église luthérienne, non sans parfois se heurter violemment à d’autres réformateur (tels que Zwingli, en Suisse).

Le fondateur de la doctrine du luthéranisme s'éteint en 1546. Mais sa doctrine va lui survivre et continuera à se répandre après lui.






Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles