vendredi 29 juillet 2016

Louis Bouyer : articles et entretiens (1957-1987)

Les trente glorieuses : articles-entretiens de France catholique (1957-1987)
Louis Bouyer
Paris, Ad Solem, 2016. 455 pages


Description (source : préface de sœur Sandra Bureau)

 Une anthologie de l'ensemble des articles du père Louis Bouyer publiés dans la revue «France catholique», entre 1957 et 1987. Ils permettent une analyse de l'histoire de l'Eglise et des différents mouvements d'idées qui ont agité le monde catholique au cours de ces trente années.

Ces articles de Louis Bouyer parus (de 1957 à 1987) dans France Catholique sont aujourd’hui réunis dans un seul ouvrage. Ils constituent une page de l’histoire de l’Église qui couvrent les années d’avant Vatican II et après. Ils y sont une entrée en matière. Ils ouvrent aux débats théologiques qui y ont vu le jour, aux tensions liturgiques et pastorales qui se sont parfois déclinées en scission douloureuse, mais aussi en redécouvertes spirituelles qui, presque par nécessité, s’imposaient.
Loin cependant de laisser ces pages au seul fil de l’Histoire, Sandra Bureau a fait choix de les regrouper autour de quelques thématiques, révélatrices de la figure de Louis Bouyer et de sa pensée: l’œcuménisme, l’Église, la liturgie rénovée, la sécularisation et son nécessaire pendant: le rapport au monde, l’homme, le mystère du Christ, la spiritualité. C’est un maître qui offre aux lecteurs d’aujourd’hui ses analyses, qui ne sont jamais un regard extérieur sur le Mystère mais regard de celui qui, profondément, en vit.
Le Père Bouyer, en maître spirituel, n’aurait pas totalement dévoilé qui il était si, en ces quelque vingt années de collaboration à l’hebdomadaire catholique, il n’avait adressé un dernier appel: celui de l’ascèse. Pour lui comme pour toute la tradition spirituelle, il ne peut y avoir de vie authentiquement chrétienne sans cette croix qui vient pénétrer jusqu’en la chair pour y laisser jaillir la lumière du Ressuscité.


L’auteur


Louis Bouyer (1913-2004) est une des grandes figures de la théologie, à côté de Henri de Lubac, Yves Congar, Jean Daniélou, ou Hans Urs von Balthasar. Pasteur luthérien entré dans l’Eglise en 1939, il a contribué au renouveau liturgique et ecclésiologique dans une œuvre centrée sur le Mystère pascal comme lieu de la manifestation de la Parole de Dieu.


Source de la présentation : Préface de soeur Sandra Bureau qui a réuni les articles et les interviews de Louis Bouyer

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 28 juillet 2016

Le martyre

Après la mort du P. Jacques Hamel, explications sur le martyre chrétien


Le mot martyr vient du grec martys, signifiant « témoin »: littéralement, lemartyros est celui qui rend témoignage, selon l’appel de Jésus dans les Actes des Apôtres« Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8).


Qu'est-ce que le martyr ? 
C’est dans l’Apocalypse que le mot commence à désigner ceux qui ont témoigné jusqu’au don de leur vie« Je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu’ils avaient porté » (Apocalypse 6, 9).
Pour cette raison, les premiers chrétiens vont considérer que ceux qui ont versé leur sang pour le Christ parvenaient directement à la béatitude céleste, même s’ils n’avaient pas été baptisés. Ce que les Pères de l’Église appelleront le« baptême de sang ». « Ne soyez pas surpris que j’appelle le martyre un baptême. Tout comme ceux qui sont baptisés sont lavés dans l’eau, de même ceux qui sont martyrisés sont lavés dans leur propre sang », expliquera plus tard saint Jean Chrysostome (Panégyrique de sainte Lucie).
Jusqu’au IIIe siècle, les martyrs sont alors aussi bien ceux qui ont souffert pour la foi que ceux qui sont morts pour elle. À partir du IVe siècle, alors que les persécutions contre l’Église déclinent, le mot désigne uniquement ceux qui ont été tués – on parlera de « confesseurs » pour ceux qui ont souffert au nom de leur foi – et dont le souvenir reste vivace.


Comment l'Eglise reconnait-elle le martyr ?
Pour l’Église, le fait de donner sa vie pour le Christ est la voie par excellence vers la sainteté. Dans les processus de béatification de l’Église catholique, la reconnaissance du martyre dispense d’ailleurs de celle d’un miracle.
L’Église mène donc une enquête rigoureuse sur la vie du futur bienheureux et son martyre. « La réputation de martyre est l’opinion répandue parmi les fidèles selon laquelle le Serviteur de Dieu a subi la mort pour la foi ou une vertu liée à la foi », résume l’instruction Sanctorum Mater publiée en 2007 par la Congrégation des causes des saints.
Subir la mort suppose donc une libre acceptation de celle-ci, mais pas de la rechercher. « Il n’y a pas lieu de féliciter ceux qui vont au-devant du martyre; un tel zèle nest pas évangélique », écrit l’auteur du Martyre de Polycarpe, dès le IIe siècle. « Chacun doit être prêt à confesser sa foi, mais personne ne doit courir au-devant », ajoutera saint Cyprien de Carthage.
L’autre condition est que la cause de la mort doit être « la foi ou une vertu liée à la foi ». Il s’agit de la traduction actuelle de l’ancienne règle de l’Église selon laquelle le martyr devait avoir été « en haine de la foi ». S’il est « certes nécessaire de repérer des preuves irréfutables sur la disponibilité au martyre, écrivait Benoît XVI en 2006 à la Congrégation des causes des saints. Il est tout autant nécessaire qu’apparaisse directement ou indirectement, aussi d’une façon moralement certaine, la haine de la foi du persécuteur. » Or, soulignait-il, « les contextes culturels du martyre et les stratégies de la part du persécuteur, qui cherche toujours moins à mettre en évidence de façon explicite son aversion envers la foi chrétienne ou a un comportement connexe avec les vertus chrétiennes mais simule différentes raisons, par exemple de nature politique ou sociale, ont en revanche changé ».
Ainsi, Maximilien Kolbe (1894-1941), tué à Auschwitz en s’offrant à la place d’un père de famille, n’avait pas été béatifié comme martyr, en 1971 par Paul VI, mais sera canonisé comme tel par Jean-Paul II onze ans plus tard. De la même manière Edith Stein, carmélite déportée car d’origine juive, a été reconnue comme martyre. La récente béatification d’Oscar Romero ouvre aussi de nouvelles perspectives pour tous ceux qui ont été tués pour des raisons politiques, mais liées à leur engagement de foi.

En soulignant que le martyre peut avoir lieu à cause de « la foi ou une vertu liée à la foi », la Congrégation des causes des saints relève aussi d’autres formes de martyre. C’est ainsi que le P. Damien de Veuster, mort de la lèpre alors qu’il s’occupait des lépreux d’Hawaï a été proclamé « martyr de la charité » en 1995. De la même manière, l’Église reconnaît depuis les premiers siècles comme « martyres de la pureté » celles qui ont préféré la mort à la perte de leur vertu, comme sainte Maria Goretti (1890-1902) ou la bienheureuse Albertina Berkenbrock (1919-1931).

Extrait du journal LA CROIX du mardi 27 juillet 2016



UNE BIBLIOGRAPHIE A CE SUJET

AUZENZT, DOMINIQUE. – Lettre ouverte aux martyrs : une lecture de l’Apocalypse de Saint Jean. – Paris, Pneumatèque, 1984.
BALEZ, Marie-Françoise. – Les persécutions dans l’Antiquité. – Paris, Fayard, 2007.
BOUTET, Thierry ; PINKAERS, Servais-Théodore ; SENTIS, Lurent. – Les martyrs,  semence de chrétiens. – Paris, Edifa, 200.
CHENU, Bruno ; PRUD’HOMME, Claude ; QUERE, France ; THOMAS, Jean-Claude. – Livre des martyrs chrétiens. – Paris, Le centurion, 1988.
DELAYE, Hippolyte. – Les origines du culte des martyrs. – Bruxelles, Société des Bollandistes, 1912.
EUSEBE DE CESAREE. – Histoire ecclésiastique. – Paris, Le Cerf, 1952-1960.
IGNACE D’ANTIOCHE, POLYCARPE DE SMYRNE. – Lettres. – Paris, Le Cerf, 1951.
JANKELEVIVITCH. – L’imprescriptible : pardonner ? . – Paris, Le Seuil, 1896.
JEAN-PAUL II. – Affermis tes frères : Eglises persécutées, églises souffrantes, martyrs du XXè siècle, le sens de la Croix aujourd’hui. – Mareil Marly, Aide à l’Eglise en Détresse, 1999.
KISER, John. – Passion pour l’Algérie : les moines de Tibhirine. – Montrouge, Nouvelle Cité, 2006.
MARAVAL, Pierre. – Les persécutions des chrétiens : durant les quatre premiers siècles. – Paris, Desclée, 1992.
MUNIER, CHARLES. – Justin martyr : apologie pour les chrétiens. – Paris, le Cerf, 2006.
RANCE, Didier. – Un siècle de martyrs : les martyrs du XXè siècle. – Paris, Le Sarment, 2000.
STEFFENS, Martin. – Rien que l’amour : repères pour le martyre qui vient. – Paris, Salvator, 25015.
Visages de la vie de l’Eglise : [aux premiers siècles, de Clément de Rome à Romanos le Mélode. – Paris, Bayard-Editions-Centurion, 1995.
WURMBRAND, R. – L’Eglise du silence torturée popur le Christ. – Paris, Apostolat des Editions, 1970.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles


mercredi 27 juillet 2016

Le mois d'août à la bibliothèque diocésaine d'Aix-en-Provence




              Horaires de la bibliothèque diocésaine


                      du 1er août au 15 août inclus



Lundi 1er et 8 août : 9h-12h et 14h 17h30
Mardi 2 et 9 août : 9h-12 et 14h-17h30
Mercredi 3 et 10 août : fermé
Jeudi 4 et 11 août : 9h-12
Vendredi 5 et 12 août : 9h-12 h


Il n’y aura pas de permanence  le samedi matin à la bibliothèque le samedi matin durant tout le mois d’août

Annibale Bugnini : un artisan de la réforme liturgique

Annibale Bugnini(1912-1982) : réformateur de la liturgieParis, Desclée de Brouwer, 2016. 221 pages.



« La liturgie est essentiellement paroissiale, c’est-à-dire a sa plénitude et perfection dans la paroisse et s’alimente à l’esprit de la paroisse. Ni dans une cathédrale ni dans une abbaye, ou dans un sanctuaire ou dans une ‘rottoria’ [la chappelle d’un institut religieux ou d’un séminaire], les fidèles ne peuvent vivre pleinement la liturgie, mais seulement dans une paroisse » (Article de A. Bugnini « la communità e il rinnovamento liturgico attuale’, dans Annali della Missione, 1962).

La publication de la biographie d’Annibale Bugnani (1912-1982) constitue une bonne introduction à la compréhension de la réforme liturgique qui fut entreprise par le Concile Vatican II. Cette question qui a provoqué un schisme au temps du Pape Paul VI continue d’alimenter les controverses dans l’Eglise catholique encore aujourd’hui.
L’un des principaux artisans de cette réforme fut Monseigneur Annibale Bugnani qui demeure pourtant un inconnu pour le public. Comme le montre l’auteur la question liturgique a été une de ses principales préoccupations bien avant le Concile Vatican II : déjà sous Pie XII il n’hésita pas à faire quelques expériences afin de faire en sorte que les fidèles comprennent mieux la liturgie à laquelle ils participaient sans bien comprendre. Avec le Concile Vatican II et surtout sous le pontificat de Paul VI – dont il fut pendant longtemps un proche collaborateur – il fut l’auteur de la réforme de la messe pour l’adapté aux exigences d’une période du  XXè siècle en plein bouleversement.
Bien avant de ce que l’on peut qualifier de disgrâce il fit l’objet de nombreuses controverses : pour les uns il était (et restera) l’auteur d’une des réformes les plus audacieuses en matière de liturgie, pour les autres il porte la responsabilité de la rupture dans l’unité liturgique  et d’avoir voulu faire disparaître la « messe de toujours » (c’est-à-dire la messe tel quel fut mis en promulguée par Saint Pie V).

Pour faire comprendre ces appréciations contrastées Yves Chiron nous donne une étude où abondent les documents sur cette question. Il retrace tout d’abord le parcours de ce fils d’une famille pieuse. Très jeune il fut impressionné par les cérémonies religieuses et pendant son noviciat cheez les Pères lazaristes il s’intéressa à tout ce qui touchait la liturgie. Nommé secrétaire de la commission préparatoire pour la liturgie en vue du Concile Vatican II, il fut écarté à cause des prises de positions jugées trop audacieuses mais participa aux débats en tant qu’expert.  Il revint en grâce  avec Paul VI au moment de l’institution du Concilium (un conseil ayant en charge de mettre en pratique les directives du Concile), puis secrétaire pour la Congrégation du Culte divin.
Bien que méconnu le Père Bugnini se montra homme d’influence qui sut mettre  à profit ses qualités : audace, excellent communiquant sr surtout la force de ses convictions sur le bien-fondé d’une réforme liturgique sans oublier la confiance que lui accorda Paul VI. Mais en 1975 Mgr. Bugnini fut brutalement de la Congrégation pour le Culte divin (exigence de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ? appartenance supposée à la franc-Maçonnerie ?) Paul VI l’éloigna en le nommant noce apostolique en Iran (1976).
Le père Annibale Bugnini est décédé à Rome en 1982 et sur sa pierre tombale on peut lire ses mots : « liturgiae amator et cultor ». ces mots résument à eux seuls ce qui fut pour lui la mission à laquelle il se donna toute sa vie.

Yves Chiron dans cet essai biographique s’attache donc essentiellement à nous monter quelle fut l’action et l’influence de Mgr. Annibale Bugnini dans l’élaboration de ce que l’on a appelé la « nouvelle messe » et qui a provoqué la rupture entre Rome et les partisans de  Mgr. Lefebvre pour qui seule le rite de saint Pie V est la "messe de toujours".  Pour l’auteur une question reste en suspens : « Mgr. Bugnini at-il bien ‘aimé’ et ‘servi’ la liturgie ? ou par l’idée qu’il s’en faisait - la vraie liturgie doit être ‘paroissiale’ et ‘dynamique’ - , et par sa volonté constructiviste, a-t-il contribué à sa ‘désintégration ? »

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 26 juillet 2016

Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine nous parle d'amour

Michel-Marie Zanotti-Sorkine, L'Amour : une affaire sacrée, une sacrée affaire, Monaco : éd. du Rocher, 2015, 121 p., 12 €.


Dans ce petit ouvrage, le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine nous parle d'un sujet qui lui tient à cœur : l'amour. Après Pour l'amour de l'amour, un dvd présentant la chanson éponyme et un film, où il traitait de l'amour spirituel, il écrit sur l'amour conjugal. Il se fonde sur les nombreuses confessions qu'il a entendues et s'appuie sur des exemples concrets. Il explique comment les années d'enfance et d'adolescence déterminent l'avenir sentimental d'une personne et à quel point la rencontre est un moment crucial dans la vie du couple.
Avec le style qui lui est propre, son propos est clair et bien mené. Vous pouvez retrouver la présentation de ses livres, ses homélies et toutes les nouvelles le concernant sur son site : http://pere.michel-marie.fr.

Hélène Biarnais

médiathèque du diocèse de Gap et d'Embrun

dimanche 24 juillet 2016

Confréries et pénitents dans les Hautes-Alpes aux XIXe et XXe siècles

Conférence de Luc-André Biarnais,

Jeudi 28 juillet 2016 à 18 h, chapelle des pénitents de Guillestre




Le 28 juillet 2016, à 18 h, à la chapelle des pénitents de Guillestre, près de l’église paroissiale, Luc-André Biarnais, archiviste diocésain, donnera une conférence sur le thème « Confréries et pénitents dans les Hautes-Alpes aux XIXe et XXe siècles ».

La vie des confréries, particulièrement celles des pénitents, est très riche sur le territoire de l’actuel diocèse de Gap et d’Embrun et évolue jusqu’au XXe siècle. Elles montrent la prise en main par les fidèles et les communautés paroissiales d’une part de leur destin. Une définition pour la confrérie de Vallouise nous éclaire sur le but assigné aux pénitents : ce sont « des associations religieuses de laïcs. Sous la conduite d’un prieur élu, les pénitents se mettaient au service de leurs compatriotes, spécialement au moment des calamités et à l’occasion des sépultures ».

Luc-André Biarnais est archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun. Il a, en 2015, contribué à Cathédrales de Provence, aux éditions de la Nuée bleue, par une notice sur Notre-Dame du Réal d’Embrun. En 2016, il a participé à Gap et ses territoires, des siècles d’histoire (XIe – XXe siècles) sur « le maillage paroissial à Gap : tableau d’une adaptation permanente » aux Presses universitaires de Grenoble.



En pratique :
Jeudi 28 juillet 2016, à 18 h, chapelle des pénitents de Guillestre :
« Confréries et pénitents dans les Hautes-Alpes aux XIXe et XXe siècles »


mercredi 20 juillet 2016

Marie-Madeleine en Provence

Naissance de la Provence chrétienne : La Chanson de Geste de la Madeleine.Yves BridonArles, Edisud, 2008. 95 pages.


Cet ouvrage en trois parties et abondamment illustré permet d’entrer dans la tradition provençale. Bien plus que du folklore le lecteur découvrira les différents épisodes de la vie de Marie Madeleine et de ses compagnons de voyages, les lieux qui ont marqués leur passage : les Saintes-Maries-de-la-Mer, Saint-Maximin, la Sainte-Baume. Le livre fait état également de l’influence de cette tradition dans l’art, la littérature et aussi la piété populaire de la Provence à travers les différents pèlerinages.

Le christianisme est né deux fois en Provence comme le souligne l’auteurt.
La première fois c’est quelques années après la résurrection de Jésus avec la venue dans le sud de la France des proches du Christ.La saga de cette arrivée, de la dispersion de la famille, et de l’évangélisation de la Provence, a traversé les siècles, et la tradition est toujours aussi vivante au cœur des provençaux. La deuxième fois, la Provence chrétienne est née à partir du 4ème siècle, avec la conversion officielle qui a suivi l’Edit de Milan de 313.
Cette double naissance a opposé pendant des siècles et encore aujourd’hui tenants de la tradition et les historiens qui doutent de la véracité des faits
Mais le sujet est de partir à la découverte de cette importante Chanson de Geste provençale, peut-être orale avant l’an 1000, écrite à partir du 11ème siècle.Cette épopée a historiquement créé deux villes : les Saintes-Maries de-la-Mer pour les deux servantes et Sara reine des Gitans, et Saint-Maximin la Sainte-Baume pour le tombeau de Marie-Madeleine. Trois autres villes lui doivent une part de leur réputation : Marseille avec Lazare, Tarascon avec Marthe, Aix-en-Provence avec Maximin. Cette épopée a aussi inspiré la majorité des oeuvres d’art sur Marie- Madeleine, la littérature religieuse des dix siècles passés. Cette tradition elle est indissociable de la vie religieuse et civile provençale.


LA FETE DE SAINTE MARIE MADELEINE
Juqu’à présent la fête de sainte Marie-Madeleine célébrée le 22 juillet n’était que « simple mémoire ». Désormais ce sera une fête liturgique à part entière. Ce geste a plutôt une portée symbolique car les texte du jour reste les mêmes. « Cette décision résulte du désir exprès du Saint-Père François », explique Mgr Arthur Roche, secrétaire de la Congrégation, dans L’Osservatore Romano. « Sainte Marie Madeleine a eu l’honneur d’être le premier témoin de la résurrection du Christ, la première à voir le tombeau vide, la première à entendre la vérité de sa résurrection et la première à en rendre témoignage aux Apôtres. » Il est donc « juste », explique-t-il, que celle que Raban Maur et saint Thomas d’Aquin appelaient « l’apôtre des Apôtres » dispose d’une fête « de même niveau » que celle des Douze. Le prélat évoque aussi la nécessité de « réfléchir plus profondément à la dignité de la femme » et de « mettre en avant l’importance de cette femme qui témoigna d’un grand amour pour le Christ », « sa mission spéciale », qui est « un exemple et un modèle pour toute femme dans l’Église ».

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles



lundi 18 juillet 2016

Violence et miséricorde

Alain Marchadour, Dieu de miséricorde : voyage au pays de la Bible, Montrouge : Bayard, 2016, 501 p., 21,90 €.


À l'occasion de l'année de la miséricorde, Alain Marchadour, bibliste, auteur de plusieurs ouvrages d'exégèse et d'une biographie de saint Paul, étudie la violence dans la Bible, comme une « force brutale physique, utilisée souvent injustement, parfois jusqu'au meurtre, contre un autre homme, ou contre un autre groupe social » (p. 7), et plus particulièrement la violence collective d'une communauté contre une autre.
Dans l'Ancien Testament, Dieu est perçu comme vengeur, jaloux, violent, à tel point que certains, comme Marcion (85-160), souhaitent que ces textes soient rejetés du canon biblique, accusant Dieu d'être la cause de la violence entre les hommes. Dans le Nouveau Testament, avec Jésus, c'est une figure d'amour et de miséricorde qui se découvre. À travers la Création, Caïn et Abel, Abraham et Isaac, Joseph, Moïse, Alain Marchadour montre comment la Révélation est progressivement comprise au fil des livres bibliques, pour atteindre son apogée en Jésus.

jeudi 14 juillet 2016

Une histoire des papes




Une histoire des papes : de Pierre à François
John O’Malley
Namur, Lessius, 2016. 399pages


Présentation du livre

Cet ouvrage a pour ambition de nous raconter – non l’histoire du catholicisme – mais de l’institution de l’Eglise à travers les portraits des différents papes de Pierre au Pape François. C’est donc l’histoire d’une institution, la plus ancienne de l’Occident née il près de deux mille ans.
L’origine de la papauté remonte à Pierre, le premier des Apôtres : « Tu es Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise … et je te donnerai les clefs du Royaume des cieux» (Matthieu 16, 18-19).. Entre lui et François, on compte quelque 266 hommes, qui se sont succédé au cours des siècles. L'histoire des papes n'a pas toujours été des plus reluisantes mais comme le note l’auteur : c’est l’histoire d’hommes  avec leurs faiblesses, avec leurs côtés obscurs mais aussi avec leurs qualités. Certains furent des saints dignes de leur charge, et qui eurent à cœur de mener une vie conforme à ce qu’ils représentaient : être les « vicaires du Christ ici-bas ;  d’autres au contraire ne furent guidés que par l’ambition du pouvoir ou se laissèrent aller à leurs instincts. Mais tous quelque soit leurs défauts ou leurs qualités sont le reflet de leur époque. C’est pourquoi nous les voyons vivre, sous la plume de l’auteur dans ce qu’ils ont de plus humains dans leur psychologie, leurs engagements religieux ou politiques
L’histoire de ces papes c’est aussi l’histoire d’une institution qui s’est construite au fil des siècles à travers les vicissitudes de l’histoire pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Dès la reconnaissance de l’Eglise comme religion de l’Empire (par l’Edit de Milan de 312 par Constantin) la papauté a du compté avec le pouvoir politique. C’est à partir du VIIIè siècle et jusqu’à la fin du XIXè siècle que la papauté exerça un rôle à la fois spirituel et politique : rôle spirituel pour le peuple chrétien mais aussi politique en passant des alliances avec les différents souverains occidentaux pour agrandir ou protéger les Etats pontificaux. Avec la perte de ces Etats (avec l’unité italienne) la Papauté recentra son action sur une action beaucoup plus spirituelle et put s’occuper davantage des problèmes de l’Eglise.
Cette histoire des papes ne fait l’impasse sur les nombreuses crises que traversa l’Eglise. Après une période de troubles dominée par une lutte d’influence entre le Pape et l’Empereur d’Allemagne, Cette crise trouva son apogée dans se que l’on appelle le « Grand Schisme » (de 1378 à 1418  avec « les Papes d’Avignon ») où l’on vit trois papes se succéder sur le trône de Saint Pierre. La  Renaissance de par certains abus notoires donna naissance au protestantisme mais vit aussi la réforme de l’institution grâce au du Concile de Trente (1545-1563). Les papes surent surmontés au mieux les périodes troubles et tragiques de la fin du XVIIIè siècle, du XIXè siècle et du XXè siècle. A partir du Concile Vatican II (1962-1965) la Papauté est entrée dans une nouvelle ère et sa parole se fait entendre au-delà des frontières et atteint autant les croyants que les incroyants.
L’ouvrage de John O’ Malley est donc un ouvrage fondamental pour comprendre non seulement l’histoire de l’institution de la Papauté mais plus encore ceux qui ont la charge de la « barque de Saint-Pierre ». Ce livre qui se lit comme un roman - et donc accessible à tous  - nous donnent à voir que les Papes sont des êtres de chair et de sang, des hommes incarnés dans l’époque où ils vivent, qu’ils peuvent être des saints mais aussi des pêcheurs comme tout chrétien.



L'auteur
« Spécialiste au départ de l’histoire intellectuelle de la Renaissance italienne, il est devenu « une sommité dans le domaine de la genèse du catholicisme moderne ».
Professeur et prêtre, historien et jésuite, le P. John O’Malley, docteur de l’université d’Harvard en 1965, est « ce savant rare qui a émergé comme un chef de file à la fois académique et spirituel », souligne la Harvard Gazette. Spécialiste au départ de l’histoire intellectuelle de la Renaissance Il est l’auteur notamment de The First Jesuits (Harvard University Press, 1993), traduit en dix langues, et de L’Événement Vatican II (Lessius/Cerf, 2012).
Le P. John O’Malley a enseigné pendant plusieurs années à l’Université de Detroit avant de retourner à Cambridge pour servir pendant près de trois décennies comme « éminent professeur d’histoire de l’Église » à Weston, l’ancien institut jésuite de théologie. Il est actuellement professeur au département de théologie de l’Université de Georgetown.
« Son dévouement religieux et passion pour l’étude de l’histoire ont encouragé d’innombrables autres à suivre ses traces »,
Source : Journal La Croix pour la biographie de l'auteur

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 12 juillet 2016

Une bande-dessinée sur l’aumônerie aux Armées

Guillaume Berteloot, Michel de Peyret, Avec le Padre, les aumôniers catholiques dans l’Armée française, Paris, Éditions du Triomphe, 2016, 47 p.



Au départ de cet ouvrage, se trouve « l’idée de travailler sur l’histoire et la particularité de l’aumônerie militaire » comme le dit le narrateur page 4, qui doit rédiger un mémoire. Son interlocuteur est alors le prêtre aîné à qui l’on « a confié d’une certaine façon les archives ». Il faut peut-être souligner ici que l’archiviste du diocèse aux Armées est aujourd’hui une femme, et que sur 95 diocèses, 60 postes d’archiviste étaient tenus par des laïcs en 2014. Un professionnel des archives et de l’histoire ne confondrait pas la période moderne (avant 1789) et la période contemporaine qui dure de la Révolution française à nos jours (p 11).
Le dessein de l’ouvrage est « de faire toucher du doigt […] la grandeur et les vertus de l’aumônier militaire : le sens de la pauvreté, le dévouement, l’héroïsme, ces qualités que les soldats attendent de leurs aumôniers » selon le père Michel de Peyret, dans une interview à Famille chrétienne (n° 2001, 21-27 mai 2016, p 38-39). Ce sont 18 siècles d’histoire du Christianisme depuis le martyre de saint Maurice d’Agaune au IIIe siècle, jusqu’aux échanges entre aumôniers en chef au sein de l’Otan, qui sont décrits en 45 planches. Cette bande dessinée, présente à la fois l’évolution du rôle des prêtres aumôniers militaires et, en creux, celui des armées.
De grandes figures de notre histoire sont dessinées. Saint Vincent de Paul est nommé aumônier général des galères en 1619. Le ministère de Mgr Jean Lanusse (1818-1905) traverse le XIXe siècle de la monarchie de Juillet à 1905 (p 12-21). Durant la Première Guerre mondiale, le père Daniel Brottier, missionnaire au Sénégal avant le conflit et qui dirigera ensuite la fondation des Orphelins apprentis d’Auteuil, a également été aumônier à Verdun tout comme Pierre Teilhard de Chardin, sj. Le père Paul Doncoeur permet à l’auteur de rendre hommage aux 6000 ecclésiastiques et 400 religieuses décédés en raison de la guerre.
Il faut signaler, ici, que la Médiathèque Mgr Depéry vient d’acquérir le Journal de guerre d'un officier du 159e régiment d'infanterie alpine de Briançon : 1914-1919 de Narcisse Alixant, publié en 2015. 
La Seconde Guerre mondiale « n’est pas aussi significative que la première en ce qui concerne les aumôniers » (Famille chrétienne, p 38-39). Elle est traitée en deux pages et la place du clergé est décrite en deux phrases : « des prêtres ont servi dans les chantiers de jeunesse, d’autres dans les maquis. D’autres, enfin, contre leur gré, ou plus touchant, volontairement, sont partis accompagnés les prisonniers ou les réquisitionnés ».
Les conflits nés après la Seconde Guerre mondiale sont évoqués tel celui de l’Indochine, notamment à travers la figure de l’abbé Paul Jeandel et le soutien aux prisonniers (p 32-37). Quatre planches sont également consacrées aux opérations en Algérie (p 37-40). L’intervention française durant la guerre dite de Shaba II est traitée à travers le saut de 700 légionnaires sur la ville de Kolwesi en mai 1978 (p 42). Le livre se termine sur les dernières opérations extérieures des armées françaises et sur les évolutions du rôle des aumôniers dans l’armée.


Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun


lundi 11 juillet 2016

Fermeture de la bibliothèque



EXCEPTIONNELLEMENT 

FERMETURE DE LA BIBLIOTHEQUE  

LES 18 ET 19 JUILLET 2016

vendredi 8 juillet 2016

La miséricorde chez les Pères de l'Eglise



Connaissance des Pères de l'Eglise N° 139, Septembre 20 La miséricordeCollectifNOUVELLE CITÉ, 2015. 64 pages


Une figure de la miséricorde dans la parabole du bon Samaritain, commentée par Origène.

Un commentaire original de la parabole du bon samaritain. L’homme blessé c’est Adam, le Samaritain c’est le Christ et l’auberge c’est l’Eglise.


Pardonner aux renégats. Cyprien et les lapsi. Retour sur une question et sa portée doctrinale / Paul Mattei.

Quand éclatent les persécutions contre les chrétiens dans les années 250-251 dans l’Empire romain, nombreux furent ceux qui sacrifièrent aux idoles comme le demandait l’Empereur par peur de la mort. On les appela les « lapsi » (ceux qui « faillirent » ou « tombèrent ») par opposition à ceux qui restèrent fermes dans la foi (ou « stantes » c’est-à-dire « restèrent debout »).
Cet article montre comment l’Eglise eut à gérer le problème de ces chrétiens qui voulurent réintégrer la communauté. Ce problème posa à l’Eglise naissance le difficile problème de leur réintégration : il fallut inventer des procédures et définir une théologie de la discipline pénitentielle afin de les réintégrer dans la communauté ecclésiale.
Dans cet article on voit comment Cyprien, évêque à Carthage affronta la difficile réintégration des lapsi face à ceux qui prônaient une exclusion définitive.


La miséricorde selon Jean Chrysostome : l’éveil de la conscience humaine à la compassion de Dieu / Laurence Brottier.

Le chrétien selon Jean Chrysostome doit se monter miséricordieux et compatissant à l’égard de son prochain comme l’est Dieu envers l’homme et tendre à imiter le Christ.


La miséricorde d’après saint Augustin / Jaime Garcia.

Saint Augustin n’a écrit aucun traité sur la miséricorde mais cette notion se retrouve dans toute son œuvre. Il fonde sa réflexion sur l’Ecriture : les Psaumes, l’Evangile de saint Jean et les épîtres de Paul. C’est en partant de son expérience personnelle qu’il parle de la miséricorde de Dieu.



 La quatrième de couverture nous offre une homélie de saint Grégoire de Naziance sur l'amour des pauvres

« Heureux les miséricordieux, dit le Seigneur ils obtiendront miséricorde ! La miséricorde n’est pas la moindre des béatitudes. Et encore : Heureux qui comprend le pauvre et le faible. Et aussi : L’homme bon compatit et partage. Ailleurs encore : Tout le jour, le juste a pitié, il prête. Emparons-nous donc de cette béatitude, sachons comprendre, soyons bons. La nuit elle-même ne doit pas arrêter ta miséricorde.
« Ne dis pas : Reviens demain matin et je te donnerai. Qu’il n’y ait pas d’intervalle entre le premier mouvement et le bien- fait. La bienfaisance seule n’admet pas de délai. Partage ton pain avec celui qui a faim, recueille chez toi le malheureux sans abri, et fais-le de bon coeur. Celui qui exerce la miséricorde, dit saint Paul, qu’il le fasse avec joie. Ton mérite est doublé par ta promptitude. Le don fait avec chagrin et par contrainte n’a ni grâce ni éclat.
« C’est avec un coeur en fête, non en se lamentant, qu’il faut faire le bien. Si tu fais disparaître le joug, le geste de menace, dit le Prophète, c’est-à-dire si tu abandonnes l’avarice, la méfiance, si tu cesses d’hésiter et de grogner, qu’arrivera-t-il ? Quelque chose de grand et d’étonnant, une magnifique récompense : Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront rapidement.
« Et y a-t-il quelqu’un qui ne désire la lumière et la guérison ? C’est pourquoi, si vous voulez bien m’en croire, serviteurs du Christ, ses frères et ses cohéritiers, tant que nous en avons l’occasion, visitons le Christ, honorons le Christ. Non seulement en l’invitant à table, comme quelques-uns l’ont fait, ou en le couvrant de parfums, comme Marie Madeleine, ou en participant à sa sépulture, comme Nicodème, qui n’était qu’à moitié l’ami du Christ.
Ni enfin avec l’or, l’encens et la myrrhe, comme les mages l’ont fait avant tous ceux que nous venons de citer. Le Seigneur de l’univers veut la miséricorde et non le sacrifice, et notre compassion plutôt que des milliers d’agneaux engraissés. Présentons-lui donc notre miséricorde par les mains de ces malheureux aujourd’hui gisant sur le sol, afin que, le jour où nous partirons d’ici, ils nous introduisent aux demeures éternelles, dans le Christ lui-même, notre Seigneur, à qui appartient la gloire pour les siècles».

Grégoire De Nazianze, Homélie sur l’amour des pauvres 14, 38-40.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles



jeudi 7 juillet 2016

La grande imagerie de Fleurus présente les religions

Les Religions : judaïsme, christianisme, islam. Paris : Fleurus, coll. La Grande imagerie, 2016, 28 p. 6,95 €.


Cet ouvrage, présenté dans un format accessible à tous, décrit quelques aspects importants des religions monothéistes se réclamant d’Abraham. Celui-ci permet aux auteurs de montrer des éléments du socle commun : le Dieu unique, Noé et le déluge, le modèle de croyant qu’est Abraham. Le judaïsme (p 10-15), le christianisme (p 16-21) et l’islam (p 22-27) sont ensuite déclinés par ordre chronologique d’apparition.
Les textes saints sont, pour chacun, présentés. Ce sont la Torah dont l’écriture s’étend « sur près de mille ans » pour les juifs (p 12) et le Coran qui est appris par cœur à l’école coranique pour les musulmans (p 26). Pour les textes chrétiens, les correspondances juives de l’Ancien Testament sont rappelées tandis que la composition du Nouveau Testament est expliquée : évangiles, actes des apôtres, épitres, apocalypse (p 18).
Les pratiques religieuses, communautaires et sociales sont présentées succinctement. Ainsi en est-il des fêtes juives (p 14-15). Malheureusement, il n’est rien dit de la shoah qui a vu la mort de 5 700 000 personnes soit plus du tiers de la population juive dans le monde en 1939, représentant 10 % du total des morts de la Seconde Guerre mondiale. En revanche, la partie sur l’islam n’écarte pas la question des « extrémistes » et des « terroristes islamistes ». L’ensemble des chrétiens, les catholiques, les orthodoxes, les protestants, est présenté dans son unité plus que dans la diversité.
Ce livre est doté d’une excellente iconographie dont la mise en valeur laisse à désirer : c’est bien dommage pour une collection dont le titre est « la grande imagerie ». Malgré quelques imprécisions (le pape François a été élu par le collège des cardinaux et non nommé, p 19), cet ouvrage originellement destiné à « faire connaître aux enfants les trois grandes religions monothéistes » (dixit le communiqué de presse l’accompagnant) est une bonne porte d’entrée à qui souhaite les découvrir.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse de Gap et d’Embrun

mardi 5 juillet 2016

Elie Wiesel (1928-2016)

“Tant qu'un dissident est en prison, notre liberté ne sera pas vraie”


"J'ai juré de ne jamais me taire quand des êtres humains endurent la souffrance et l'humiliation, où que ce soit. Nous devons toujours prendre parti. La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté."


Elie Wiesel, 10 décembre 1986, Oslo, dans Discours de remise du prix Nobel de la Paix.


Biographie d'Elie Wiesel

Elie (Eliezer) Wiesel, qui vient juste de nous quitter, ést né en 1928 en Roumanie. Écrivain et philosophe américain il était issu d’une famille juive orthodoxe et hassidique originaire de Hongrie. Parlant le yiddish, le français, l’anglais, l’hébreu, il a consacré une grande partie de son œuvre à entretenir la mémoire de la Shoah dont il a rescapé alors qu’il a perdu toute sa famille dans les camps de la mort. Déporté à 15 ans à Auschwitz, il en fut libéré en 1944 et fut alors recueilli par l’œuvre au secours des enfants en France où il fit des études de philosophie. C’est dans son livre La nuit paru en 1958 qu’il raconte son expérience sur laquelle il reviendra dans ses Mémoires (1994 et 1996).

Faute de pouvoir enseigner en France, il part aux Etats-Unis où il obtient la citoyenneté américaine en 1963. Il obtient alors une chaire en sciences humaines à l’Université de Boston. Parallèlement à ses travaux universitaires, c’est à travers ses romans qu’il transmet son message de paix ; il s’engage également pour les droits de l’homme partout où ceux-ci sont bafoués. En 1980, il fonde le conseil de l'Holocauste américain. Mais certains de ses engagements lui sont reprochés, notamment ses prises de position à l’égard de la politique israélienne Certains l’accusent même d’avoir menti sur son passé de déporté.


Œuvres de Elie Wiesel

Ses principales œuvres sont des romans : Un désir fou de danser, L'Oublie, Le Cas Sonderberg, d'essais (Se taire est impossible, D’où viens-tu ?) et de pièces de théâtre (Zalmen ou la folie de Dieu, Le Procès de Shamgoro).

Parmi les nombreuses distinctions qu'il a reçues, on peut retenir qu’il fut Grand-croix de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique, qu’il reçut aux USA la médaille du Congrès et la médaille présidentielle de la Liberté. Fait Honoris Causa par les plus grandes universités, il reçut le Prix Nobel de la Paix en 1986, couronnement de son combat pour cette cause qui fut celle de sa vie.

Parmi les œuvres d’Elie Weisel, on peut retenir également celles qui se trouvent à la Bibliothèque diocésaine d’Aix et Arles :

Elie Wiesel. – Célébration biblique. – Paris, Éditions du Seuil, 1975
Elie Wiesel. – Célébration hassidique : portraits et légendes. – Paris, Éditions du Seuil, 1972.
Elie Wiesel. – Entre deux soleils : textes. – Paris, Éditions du Seuil, 1970.
Elie Wiesel. – Le mendiant de Jérusalem. – Paris, Éditions du Seuil, 1968.
Elie Weisel. – Mémoires. 1. Tous les fleuves vont à la mer. 2. … Et la mer n’est  pas remplie. – Paris, Éditions du Seuil, 1994, 1996.
Elie Wiesel. – Les portes de la forêt. – Paris, Éditions du Seuil, 1964

publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles.

lundi 4 juillet 2016

DES LECTURES POUR LES MOIS DE JUILLET ET AOUT

LISTE NOUVEAUTES JUIN-JUILLET 2016


BLANCHARD, Yves-Marie. – Voici l’homme : éléments d’anthropologie johannique. – Perpignan, Editions Artège, 2016. CORBIN, Michel. – La doctrine augustinienne de la Trinité. – Paris, Le Cerf, 2016. 477 pages.

BONINO, Serge-Thomas. – Dieu, « celui qui est » (de deo uno). – Paris, parole et Silence, 2016. 922 pages.

COSTE, René. – Sur toi le Christ resplendira. – Paris, Parole et Silence, 2016. 227 pages.

FALQUE, Emmanuel. – Parcours d’embûches : « S’expliquer : Disputationes : objections et réponses. – Paris, Ecole franciscaine de Paris, 2016.

HADJADJ, Fabrice. – Résurrection : mode d’emploi. – Paris, New York, Oxford, Madrid, 2016. 188 pages.

MYRE, André. – Venez voir : Jésus de Nazareth. – Montréal (Canada), Novalis,   359 pages.

PERES DANS LA FOI (les). – Prier en Afrique chrétienne : Tertullien, Cyprien, Augustin. – Paris, Editions Migne, 2016. 176 pages.

PSEUDO-DENYS L’AEROPAGITE. – Les noms divins : chapitres I-IV. – Paris, Le cerf, 2016. 237 pages.

PSEUDO-DENYS L’AEROPAGITE.  – Les noms divins : la théologie mystique : chapitres V-XIII. – Paris, le Cerf, 2016. 459 pages.

RICO, Christophe. – Le traducteur de  Bethléem : le génie interprétatif de saint Jérôme à l’aune de la linguistique.- Paris, Editions du Cerf, 172 pages.

RÖMER, Thomas. – Moïse en version originale : enquête sur le récit de la sortie d’Egypte (Exode, 1-15). – Paris, Bayard, Genève, Labor et Fides, 2015. 277 pages.

TROTTIER, Jean-Philippe. – La profondeur divine de l’existence. – Montréal, Médiaspaul, 2014.  177 pages


WINLING, Raymond. – le salut en Jésus Christ dans la littérature de l’ère patristique. Tome 1. – Paris, les Editions du Cerf, 2016. 898 pages.

publication : Claude Tricoire.- Bibliothèque diocésaine d'Aix e t Arles 

vendredi 1 juillet 2016

Téo, saint Paul, sainte Thérèse et les autres....


Chez Artège jeunesse et aux éditions Enteleki, une nouvelle collection est proposée depuis début 2016 : « Raconté par Téo ». Dans chaque titre, Téo part à la rencontre d'un saint grâce à sa machine à remonter le temps. Il a ainsi déjà accompagné la Vierge Marie, saint Paul, saint François et sainte Thérèse de Lisieux dans leur vie quotidienne et dans leur aventure vers la sainteté.
Chaque livre comporte un CD sur lequel l'histoire est mise en scène, avec beaucoup d'humour, un langage adapté aux enfants, des acteurs sympathiques et un paysage sonore qui illustre bien le contexte. L'enregistrement est aussi téléchargeable sur mobile et tablette grâce au flashcode inclus.

Cette collection est un moyen agréable de faire découvrir la vie des grands saints aux enfants à partir de 5 ans (ou plus jeunes si l'écoute se fait en plusieurs fois). Une fois dans l'autoradio, la route des vacances paraîtra moins longue aux petits comme aux grands !