mardi 23 décembre 2014

Repentances catholiques


Repentances catholiques
l'Eglise face à l'histoire (1990-2010)
préface Hubert Bost
Presses universitaires de Rennes , Rennes, 2013. 346 pages
collection Sciences des religions


            L'Eglise catholique a multiplié ces trente dernières années les demandes de pardon publiques, soucieuse d'aborder le troisième millénaire délivrée des péchés de son histoire. Cet ouvrage analyse cette nouvelle histoire de l'Eglise et suit chronologiquement la mise en oeuvre du jubilé de l'an 2000 et la place de la confession et de la pénitence depuis cette date.


            Ces trente dernières années, l'Église catholique a multiplié sur des scènes nationales et internationales des demandes de pardon dont la publication s'est accélérée à l'approche de l'an 2000. Parmi elles, on relève les nombreuses déclarations de Jean-Paul II qui se lance, dès le début de son pontificat, dans une véritable croisade de la repentance, ainsi que celles d'évêques clarifiant, sur tous les continents, le rôle de l'institution ecclésiale dans les événements dramatiques de ces vingt derniers siècles. Guerres, dictatures, génocides, injustices, pédocriminalité... la liste des maux passés au crible de l'Évangile paraît interminable.

            L'étude de ces mea culpa est l'objet de ce livre. Elle est passionnante. Elle révèle une Église à l'écoute de ses fléchissements et de ses incohérences (un divorce entre sa manière de vivre et la foi qu'elle professe), faisant appel aux historiens pour relire les événements et se dotant d'un référentiel inédit de l'auto-dénonciation. En effet, les discours de la repentance catholique se situent au confluent d'une théologie du péché, structurée sur le fondement du péché personnel et sur celui du péché collectif (ou « structures de péché »), d'une théologie de l'Église qui établit une relation communionnelle entre l'Église d'aujourd'hui et l'Église d'hier et, enfin, d'une théologie du sujet, sensible aux droits de la personne.

            À l'aube du XXIe siècle, on entend l'Église catholique prêcher la réconciliation sur tous les lieux de souffrance de l'humanité.

Aix en archéologie 25 ans de découvertes

Aix en archéologie 25 ans de découvertes
 Collectif
Editeur : Snoeck, 2014. 531 pages


            Conçu pour célébrer les 25 ans d'existence du service archéologique de la ville d'Aix-en-Provence, cet ouvrage propose une rétrospective des innombrables découvertes archéologiques qui ont marqué ce quart de siècle, et contribué à complètement renouveler les connaissances sur la ville et son territoire. Pour la première fois, le lecteur pourra y suivre l'évolution de leur occupation, depuis la Préhistoire jusqu'à l'époque contemporaine.

            L'approche est ici double : classique, avec des chapitres de synthèse sur les grandes périodes chronologiques qui ont rythmé l'histoire d'Aix-en-Provence, mais aussi topographique. Pour chacune des grandes périodes retenues, les découvertes sont, en effet, déclinées sous la forme de notices qui privilégient les lieux de découverte, ce qui permet de déambuler, à la fois dans l'espace et dans le temps, au gré des opérations de fouille et des vestiges qu'elles ont révélés.
            S'il fait d'abord la lumière sur les principaux sites mis au jour, cet ouvrage met aussi en relief l'évolution même de la disciplines archéologique, tant au plan méthodologique que scientifique, en soulignant l'apport des sciences de la terre par exemple, mais également des sciences dures, comme en témoigne la contribution des analyses isotopiques à l'identification des pratiques alimentaires par exemple.
            L'écriture est collective et plurielle. La dizaine de textes de synthèse et les cent vingt notices de sites qui composent le contenu de l'ouvrage, ont mobilisé près de 80 archéologues, historiens et scientifiques rattachés à différents organismes : la Ville d'Aix-en-Provence avec ses Directions de l'Archéologie et du patrimoine et le Museum, mais aussi divers laboratoires du CNRS, deux universités (Aix-Marseille et Montpellier), l'INRAP, ainsi que d'autres collectivités au sein desquelles travaillent aujourd'hui des archéologues ayant naguère fouillé à Aix-en-Provence.


Arles, histoire, territoires et cultures

Arles, histoire, territoires et cultures

Sous la direction générale de Jean-Maurice RouquetteParis, Imprimerie Nationale Editions, 2008. 1297 pages.



Arles méritait un ouvrage de référence à la mesure de ses singularités et de son prestige. Voici donc pour la première fois retracée l'histoire de la cité depuis ses origines jusqu'à nos jours.

A la lumière des recherches les plus actuelles, les historiens, archéologues, géographes ou conservateurs invités à mener à bien. Cette vaste synthèse brossent le portrait détaillé d'un patrimoine exceptionnel et soulignent le rôle important qu'a joué la ville tout au long de l'histoire.

Une centaine de contributions magistrales, toutes abondamment illustrées, dévoilent au fil des pages les contours d'une cité qui témoigne à merveille de l'importance de la civilisation urbaine dans le Midi provençal et rhodanien. A la faveur d'intenses échanges humains, d'axes de circulation majeurs et d'un terroir agricole vaste et contrasté, Arles, en effet, a su étendre son influence bien au-delà des vastes territoires que sont les plaines du Rhône, les marais de Camargue et le piémont des Alpilles.
Dressant tour à tour des portraits géographiques, historiques, politiques, religieux, économiques, artistiques et culturels, ce long récit s'attarde sur les phases les plus marquantes des vies successives de la cité, en analyse les lignes de force et en éclaire les particularismes comme les permanences.


Depuis l'antique Gallula Roma Arelas fondée à l'aplomb d'un méandre stratégique du Rhône jusqu'à son actuel rayonnement, les affirmations successives comme centre économique, politique, religieux et culturel ont fait d'Arles une cité d'art de premier plan ainsi qu'un pôle actif au rôle décisif à l'échelle tant régionale qu'européenne. La prise de conscience déjà fort ancienne de la richesse d'aussi vivants héritages contribue à forger une mémoire urbaine singulière. Mais la ville mémoire ne saurait survivre sans la volonté d'y inscrire également un avenir prestigieux : tout y concourt grâce au profond attachement de chacun. Ce n'est pas, en effet, un des moindres privilèges d'Arles que de susciter une telle curiosité, une telle passion chez tous ceux qui ont un jour pénétré dans son intimité.

Mgr Georges Lagrange, évêque de Gap de 1988 à 2003 et Notre-Dame du Laus

Les obsèques de Mgr Georges Lagrange ont été présidées par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri le 15 décembre à Châtillon sur Chalaronne. Mgr Lagrange a été évêque de Gap pendant 15 ans, de 1988 à 2003. Ordonné évêque à Notre-Dame du Laus, il a toujours manifesté son attrait pour ce sanctuaire marial et y a fait réaliser la Bibliothèque diocésaine selon les équipements les plus récents et performants. Il a fait don à la Bibliothèque de ses livres personnels, nombreux et touchants les domaines fondamentaux de la Parole de Dieu, de la théologie, de la philosophie, l'Histoire des idées et des cultures,..
Avec Mgr Lagrange, ce fut le plus long épiscopat dans les Hautes-Alpes au XXe siècle, hormis les deux épiscopats de Mgr Berthet et de Mgr Bonnabel. Parmi les souvenirs de l'épiscopat de Mgr Lagrange, nous pouvons retenir, entre autres, les mutations de l'immobilier au sanctuaire marial de Notre-Dame du Laus pour l'accueil des pèlerins, le profond renouvellement de l'Hôtellerie qui, près de la basilique, a pris ses importantes dimensions actuelles, et le réaménagement de la Maison des chapelains. En même temps, Mgr Lagrange a fait procéder, à Gap, à l'aménagement du Couvent du Saint-Coeur transformé en "Maison St-Marcellin" pour les prêtres aînés et en Maison diocésaine fonctionnelle pour les Services diocésains et les Mouvements. Par ailleurs, Mgr Lagrange a soutenu la création de la Radio diocésaine RCF, en 1997: il a accepté l'engagement financier important du diocèse pour que cette "radio chrétienne" entre dans le paysage médiatique du département, au service de tous. Depuis, "RCF Alpes Provence" continue sa mission.
Ayant été au Sénégal pendant plusieurs années au service diocésain de la catéchèse à Dakar, son attachement à l'Eglise du Sénégal s'est pousuivi. En prolongement, Mgr Lagrange entretenait des liens avec ce pays africain d'islam majoritaire. Il a conduit une délégation diocésaine jusqu'aux hauts-lieux chrétiens du Sénégal, notamment à l'Abbaye bénédictine de Keur Moussa et au sanctuaire national marial à Popenguine.
Sa pensée est développée dans son livre: "Gloire au Père par le Fils dans l'Esprit" publié en 2001 aux éditions de Paris. Mgr Lagrange était heureux d'avoir ainsi réalisé la synthèse de sa réflexion, sous-titrée "La vie chrétienne trinitaire et eucharistique". Il insistait sur l'Eucharistie, depuis l'"Eucharistie incréée" , celle, céleste, de louange trinitaire permanente, jusqu'à l'Eucharistie au coeur de l'Histoire, celle du Jeudi Saint, jusqu'à l'"Eucharistie future", celle du monde à venir auquel Dieu appelle. Cet horizon théologique et liturgique était le panorama doctrinal prioritaire de l'enseignement que Mgr Lagrange voulait communiquer. En invitant des spécialistes, Mgr Lagrange a également tenu à initier deux colloques à Notre-Dame du Laus : le colloque "Religion, Culture et Foi", dont les Actes ont été publiés sous ce titre aux éditions Siloë, puis le colloque sur "le sacrement de la pénitence et de la réconciliation", dont les Actes ont également été publiés.
P. Pierre Fournier.

vendredi 19 décembre 2014

LA NEWSLETTER DE LA BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE DE AIX ET ARLES




LA BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE D'AIX SERA FERMEE DU 24 DECEMBRE 2014 AU 5 JANVIER 2015.

L'EQUIPE DE LA BIBLIOTHEQUE VOUS SOUHAITE DE PASSER UN JOYEUX NOËL ET VOUS PRESENTE SES MEILLEURS VOEUX POUR 2015.

Petite vie de Paul VI

Christophe Henning, Petite vie de Paul VI, Paris : DDB, 2014.
 
Avec bonheur, la riche personnalité et l'oeuvre déterminante de Paul VI,
pape de 1963 à 1978, viennent d'être remises à l'honneur dernièrement: par sa béatification le 19 octobre dernier, et par les fréquentes références du pape François envers lui, notamment, sur les perspectives de l'évangélisation, dans ses publications ("Amour, service, humilité"; ...) et dans son Exhortation "La joie de l'Evangile". Sur Paul VI, nous disposions déjà d'importants ouvrages, comme celui de Paul Lesourd "Qui est le pape Paul VI ?" (éd. de Paris, 1963, 322 p.) ou de Jean Guitton "Dialogues avec Paul VI" (rééd. Fr-X. de Guibert, 2001, 274 p.). Ici, Christophe Henning, écrivain, journaliste (à Pèlerin, à la Radio RCF,..), tire bien parti du recul apporté par les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI.
 
En cette "Petite vie", nous voyons se dérouler le parcours de Mgr Jean-Baptiste Montini (1897-1978): nonce en Pologne, secrétaire de Pie XII, archevêque de Milan, et successeur du saint pape Jean XXIII. De juin 1963 à fin 1965, Paul VI fut le guide avisé qui mena le Concile Vatican II à son terme, et qui, ensuite, en orienta les applications. Ch. Henning rappelle bien les initiatives de Paul VI: l'homme de Dieu à la recherche d'un style évangélique de l'exercice du pontificat, la rencontre avec les populations en se faisant pèlerin du monde (ses voyages en Inde, en Afrique, en Amérique Latine,..), son appel "Plus jamais la guerre!" à la tribune de l'O.N.U.,..En symbiose avec l'oeuvre du Concile, Paul VI a appelé à construire la justice dans le monde (encyclique Le développement des peuples), le dialogue oecuménique (sa rencontre historique avec le patriarche orthodoxe Athénagoras en Terre Sainte en 1964,...), le dialogue avec les cultures contemporaines et avec les autres religions (la fameuse encyclique Ecclesiam suam ). L'auteur montre comment Paul VI provoque à accueillir la nouveauté du Christ (Lettre apostolique La joie chrétienne, ..), la nouveauté de l'Esprit Saint (son accueil du Renouveau charismatique en 1975), ainsi qu'à être porteurs de l'Evangile dans le monde contemporain (Evangelii nuntiandi). La grâce de Paul VI est d'avoir su signifier l'attitude du Christ: "Le Concile s'est pris d'affection envers l'humanité d'aujourd'hui". Dans cette "Petite vie", Ch. Henning réussit à nous rendre le Bx pape Paul VI plus proche, éminemment évangélique au coeur du monde contemporain: un authentique guide spirituel et pastoral.
P. Pierre Fournier

mercredi 17 décembre 2014

Noël !

Les bibliothèques ecclésiastiques proposent de nombreux ouvrages de spiritualité. Ceux-ci s’appuient, souvent, sur les temps liturgiques afin de les expliquer, les éclairer et pour aider les fidèles à les vivre au mieux. Aujourd’hui, nous vous proposons huit titres évoquant Noël, par les biais de la spiritualité, la théologie, la liturgie et de la fête. Notez, tout particulièrement que la bibliothèque diocésaine de Marseille, au Mistral, conserve de nombreux ouvrages provençaux.
Ces ouvrages présentés sont disponibles dans les bibliothèques des diocèses d’Aix-en-Provence, Fréjus-Toulon, Gap et Marseille.
 
Oscar Cullmann, La Nativité et l’arbre de Noël, Paris, Le Cerf, 1993, 92 p. (présent dans les bibliothèques d’Aix-en-Provence et de Fréjus-Toulon).
Dom Joseph Lemarié, La manifestation du Seigneur : la liturgie de Noël et de l’Epiphanie, Paris, Le Cerf, 1957, 537 p. (Aix-en-Provence et Marseille).
Joseph Ratzinger (Benoît XVI), La Grâce de Noël : Méditations, Paris, Paroles et dialogue, 2007, 105 p. (Aix-en-Provence).
Anselm Grün, Petite médiation sur les fêtes de Noël, Paris, Albin Michel, 1999, 237 p. (Aix-en-Provence).
Raymond Winling, Noël et le mystère de l’Incarnation, Paris, Le Cerf, 2010, 271 p. (Fréjus-Toulon et Marseille).
Carlo Maria Martini, Voici Noël, Dieu vient dans notre nuit, Paris, L’Atelier, 1997, 110 p. (Fréjus-Toulon).
Noël, Noël, Jésus vient, Jouarre, L’Abbaye, 1978, 24 p. (Gap).
 
Et, pour allier la fête religieuse et la fête populaire :
Marion Nazet, Noël provençal, traditions et saveurs, Aix-en-Provence, Edisud, 2002, 177 p. (Fréjus-Toulon).
Pierre Gallocher, Noël provençal, Rivages, 1986 (Marseille).

lundi 15 décembre 2014

Mgr Georges Lagrange (1929-2014) est décédé

Sous son épiscopat, la bibliothèque Mgr Depéry du diocèse de Gap a été créée. 

 

Mgr Georges Lagrange (1929-2014), décédé le 11 décembre 2014, a siégé durant 15 ans (1988-2003) comme évêque du diocèse de Gap. L’histoire de son épiscopat est bien connue, notamment par la notice qui lui est consacrée dans le Dictionnaire des évêques de France au XXe siècle (Le Cerf, 2010, p 384). Il y est écrit : « Les textes de Mgr Lagrange insistent sur la transmission de la foi, du Credo et sur le baptême des enfants ». Ainsi, il participe, en 1981, à Baptisez-les, contribution au débat pastoral sur le baptême des petits enfants (France-Empire, 259 p) sous la responsabilité de Robert Pannet, avec Antoine Reneaume. Hans Urs von Balthazar a signé la préface de cet ouvrage.
La transmission de la foi et « la ligne de force profondément missionnaire » de son ministère, se retrouvent dans deux ouvrages qu’il publie :
Je Crois, Recloses, Paroiservices, 1998, 48 p.
Gloire au Père par le fils dans l’Esprit-Saint : La Vie chrétienne, vie trinitaire et eucharistique, Archidiocèse de Dakar, 2001.
La vie et l’histoire du diocèse qu’il gouverne durant 15 ans sont aussi pour Mgr Lagrange, l’occasion de préfacer des livres :
Pierre Fournier (dir.), Saint-Louis de Charance : du Petit Séminaire au foyer Saint-Louis (1924-1994), Gap, Association Saint-Louis, 1994.
Jean Vandenhove, Un Embrunais martyr de la foi : Le Bienheureux Jean-Antoine Savine (1760-1792), Embrun, 1992, 95 p.
Visage de Dieu, Gap, Louis-Jean, 1992, non paginé.

LES NOUVEAUTES DE DECEMBRE 2014


NOUVEAUTES DECEMBRE 2014

CANEVET, Mariette. – Le discernement spirituel à travers les âges. – Paris, Editions du Cerf, 2014. 256 pages.

GACHOUD, François. – Comment penser la Résurrection : essai philosophique. – Paris, Editions du cerf, 2014. 206 pages.

GOSSELIN, Jean-François. – Le rêve d’un théologien : pour une apologie du désir : crédibilité de Dieu dans l’ouvre d’Adolphe Gesché. – Paris, Editions du Cerf, 2014. 340 pages.

POUJEAU, ANNA. - Des monastères en partage : sainteté et pouvoir chez les chrétiens de Syrie. – Nanterre, Société d’Ethnologie, 2014. 279 pages.

REGGIO, Claire. – Repentances catholiques : l’Eglise face, à l’histoire (199-2010). – Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2013. 346 pages.

ROUQUETTE, Jean-Maurice. – Arles : histoire, territoires et cultures. – Paris, Imprimerie Nationales Editions, 2008. 1297 pages.

ROUTIER, Gilles. – Cinquante ans après Vatican II : que reste-t-il à mettre en œuvre ? – Paris, Editions du Cerf, 2014. 301 pages.

SOBRINO, Jon. – Jésus Christ libérateur. – Paris, Editions du Cerf, 2014. 533 pages.
 SOLARI, Grégory. – Le temps découvert : développement et durée chez Newmann et Bergson. – Paris, Editions du cerf, 2014. 203 pages.

VIGARELLO, Georges. – Le sentiment de soi : histoire de la perception du corps. – Paris, Editions du Seuil, 2014. 311 pages.


VILLE D’AIX-EN-PROVENCE (Direction Archéologie). – Aix en archéologie : 25 ans de découvertes. – Editions Snoeck, 2014. 532 pages.

jeudi 11 décembre 2014

Une lecture religieuse de La France en révolution, 1787-1799, ouvrage de Michel Biard et Philippe Bourdin

C’est un truisme que de placer la question religieuse, particulièrement catholique et protestante parmi les points centraux de la Révolution française. L’édit de tolérance de Louis XVI date de 1787, soit l’année marquant le début de l’étude de Michel Biard et Philippe Bourdin. A contrario, pour des raisons tenant à la sociologie des enseignants, des étudiants et des lecteurs, les ouvrages publiés aujourd’hui sur cette longue décennie de bouleversements offrent désormais moins de place à l’étude de l’Eglise en France.
Michel Biard et Philippe Bourdin sont tous deux universitaires de renoms, le premier précède le second au siège de président de la société des études robespierristes. Ce dernier fait n’est pas signalé par l’éditeur. Il est évidemment dommage que le lecteur qui ignorerait ce point, qui induit une construction de la problématique et une manière d’écrire, n’en soit pas informé.
Avec La France en révolution, 1787-1799, les auteurs proposent, chez Belin, une synthèse des travaux les plus récents sur la Révolution française. D’autres recherches, novatrices ou confirmant les plus anciennes, sont à venir.
Dès la page 22, les auteurs insistent sur la place, avant 1789, des « deux ordres dominants » sur le tiers-état. Ils reconnaissent pourtant la distinction entre le haut clergé (un Rohan Guéméné est pourvu de l’évêché de Strasbourg pour 400 000 livres, un autre de l’évêché de Cambrai) et les curés congruistes (700 livres) mais appellent à en saisir les nuances. Les curés sont parfois munis de bénéfices élevés (10 000 livres) supérieurs aux revenus des évêchés les moins biens dotés (Vence ou Digne ne rapportent que 7 000 livres chacun). L’espace manquait probablement aux auteurs pour montrer les lignes de confrontation provenant de la lutte contre le jansénisme, de la formation des clercs et des élites (puisque clercs et laïcs reçoivent le même enseignement) et de la course aux bénéfices qui enrichit aussi de nombreux hommes de loi comme l’ont montré Mireille et Philippe Bossis par le biais de la correspondance de Philippe Goupilleau. Sur la question des clergés, les auteurs soulignent l’apport essentiel des ouvrages de Timothy Tackett publiés tant en français qu’en américain.
La Révolution française s’inscrit dans un siècle traversé par 8 500 « émotions » selon un chiffre provenant de Jean Nicolas. 40 % de ces émeutes interviennent dans le quart de siècle qui précède 1789. Les premiers mois de cette année sont marqués par 310 situations de violences locales auxquelles il faudrait ajouter les guerres. Celles-ci touchent les populations frontalières et tous les soldats, y compris parmi les cadres comme le montrent les études sur les chefs vendéens.
Passons sur les réformes avortées du règne de Louis XVI, sur la dette, les révoltes des parlements de province pour convenir que le mode d’élection aux états généraux, distinct entre le clergé et la noblesse d’une part et le tiers-état d’autre part, est lourd de conséquences futures dans la perception des événements.
Les troubles religieux sont analysés à la racine par les auteurs, notamment le vote de la mise à disposition de la Nation des 6,5 % du territoire français appartenant au clergé. Ils seront vendus comme biens nationaux, dits de première origine (p 83-85). Michel Biard et Philippe Bourdin insistent sur le découpage chronologique et les circonstances locales qui aboutissent à ce que « des citoyens soucieux
de défendre ‘leurs’ prêtres rejoignent de facto les rangs de l’anti-Révolution » (p 84-85). Celle-ci est étudiée sous le titre « Les Contre-Révolutions françaises » aux pages 175-212.
Les aspects géographiques contre-révolutionnaires font côtoyer l’Ouest et la Vendée, Lyon, Toulon et, globalement, le sud-est de la France. Les réflexions politiques montrent « l’hétérogénéité des positions » (p 178) et des hommes. Joseph de Maistre, Louis de Bonald et Châteaubriand, trois auteurs présents dans les bibliothèques diocésaines de Gap et d’Aix-en-Provence, ne sont guère des personnalités prêtes à s’effacer devant un autre.
L’émergence de Bonaparte qui deviendra Napoléon ensuite, et malgré « l’offensive culturelle et cultuelle […] qui gomme dès 1804 du calendrier des fêtes le 1er vendémiaire et le 14 juillet » (p 216) n’efface pas la Révolution française. L’Eglise a dû accepter des conséquences de la constitution civile du clergé et de la Révolution française tout au long du XIXe siècle.
Cette synthèse, fort bien écrite, appelle au fond à renouveler les études locales et départementales.

mercredi 10 décembre 2014

Les Alpes au fil des chapelles

Eric Anglade, Chapelles perdues des Alpes

Paris : Glénat, 2014, 191 p.

Cet ouvrage offre un beau panorama des "chapelles perdues" des Alpes. Parmi les trois cents chapelles visitées par l'auteur, Eric Anglade, quatre-vingt-neuf ont été sélectionnées pour ce livre en forme de randonnée dans les montagnes, où les Hautes-Alpes tiennent une place de choix. Au hasard des pages, on découvre des bâtiments solitaires, isolés, dans des endroits parfois improbables, construits il y a des siècles par des communautés dont certaines n'existent plus aujourd'hui. Les photographies, superbes, mettent en valeur les édifices dans leur cadre naturel. Quelques mots accompagnent ces images. Ils permettent de remettre chaque chapelle dans son contexte historique, et donnent des informations sur la difficulté de la randonnée qui y conduit, le temps nécessaire, le dénivelé, ainsi que des indications sur les sentiers à suivre. Le tout donne un livre très agréable à lire, même si on peut regretter que les textes ne soient pas un peu plus précis et plus étoffés. Par exemple, aucune différence n'est faite entre les chapelles et les églises paroissiales. Une belle idée cadeau pour Noël, à destination des amoureux d'architecture et de montagne.

samedi 6 décembre 2014

LE PREMIER NOËL : OU ? QUAND ?


« C’est à partir de l’idée qu’il y eut un jour un « premier Noël » que nous avons constitué ce dossier. Quand les chrétiens ont-ils commencé à fêter la Nativité de Jésus-Christ ? Si la nécessité de célébrer sa Résurrection, le jour de Pâques, fut sans doute immédiate au sein des premières communautés, nous supposions que celle de sa naissance fut plus tardive. Certes mais quand, selon quelles circonstances et pourquoi cette date du 25 décembre ? Nous avons demandé à Simon C. Mimouni, de l’École pratique des hautes études, de nous éclairer sur ces circonstances. Se poser la question de la première fête de Noël, si importante de nos jours dans nos sociétés occidentales, c’était aussi s’interroger sur la naissance même du Jésus historique : où et quand ? Un su jet très débattu parmi les historiens comme nous le raconte Marie-Françoise Baslez, de la Sorbonne. C’est aussi se plonger dans les textes qui racontent l’événement et qui nourrissent encore les traditions, les liturgies et les imaginaires. Michel Berder (Institut catholique de Paris) et Rémi Gounelle (Faculté protestante de Strasbourg) décryptent cette littérature dans les évangiles canoniques, chez Matthieu et Luc, ainsi que dans les textes apocryphes, principalement le Protévangile de Jacques et le Livre de la naissance du Sauveur et de Marie. La Nativité occupe aussi un espace symbolique qu’est Bethléem, cité désignée par les évangélistes et où la tradition chrétienne a très tôt, dès le IIe siècle, évoqué l’image d’une grotte. Aurélien Caillaud, de l’Institut national d’histoire de l’art, expose l’archéologie des lieux et l’avènement des premiers pèlerinages. La fête de Noël est, en Occident notamment, riche de nombreux symboles dont nous avons voulu connaître les origines. Parmi eux, la crèche occupe une place de choix dont Régis Bertrand, de l’université d’Aix-Marseille, raconte l’apparition dans la liturgie de la Nativité puis dans les foyers domestiques chrétiens. En découvrant les origines du « premier Noël », c’est dans un univers « merveilleux » de sources textuelles, d’histoire antique et médiévale, de lieux et de traditions que nous vous conduisons »

ARTICLE QUI INTRODUIT LE DOSSIER DANS "LE MONDE DE LA BIBLE" DE DECEMBRE-JANVIER 2014.

LE NUMERO DU MONDE DE LA BIBLE DE DECEMBRE 2014


Le premier Noël. Où et quand ? 

Le numéro 211 (décembre 2014-janvier-février 2015) du Monde de la Bible

LE SOMMAIRE
- une actualité sur les juifs et les chrétiens en Iran  ;
- les clés de lecture pour comprendre le livre de l’Exode  ;
- un dossier sur le premier Noël, des origines de la fête à l’invention de la crèche, en passant par la recherche sur la naissance du Jésus historique  ;
- des découvertes archéologiques en Turquie et en Israël, sans oublier la grande histoire des fouilles de la célèbre Tour de Babel  ;
- un portrait de Raphaëlle Ziadé, responsable du département byzantin au musée du Petit-Palais  ;
- l’actualité des expositions qui évoquent des animaux et des Pharaons, les 850 ans de culte aux Rois mages à Cologne, et l’archéologie à Rhodes  ;
- la Bible des peintres qui passe au scanner L’adoration des Mages par Jérôme Bosch  ;
- un superbe portfolio révélant dix chefs-d’œuvre du musée du Louvre, traitant le thème de la Nativité  ;

vendredi 5 décembre 2014

LES PERSECUTIONS CONTRE LES CHRETIENS DANS LE MONDE


Le livre noir des chrétiens persécutés

Sous la direction de Jean-Micxhel Di Falco
Paris, EditionsXO, 2014. 811 pages.


Extraits d'une présentation de l'ouvrage faite Samuel Lieven lors d'un entretien à Radio-Vatican

 


 Plus de 800 pages, 70 témoignages, des reportages et des analyses d’experts de 17 nationalités, chrétiens ou non : l’ouvrage est imposant et ambitieux et s’intitule « Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde ». Paru d’abord en France il est dirigé par trois personnalités aux profils différents : Mgr Jean-Michel Di Falco, le frère dominicain Timothy Radcliffe et l’historien Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio.
150 à 200 millions de chrétiens sont discriminés ou persécutés à travers la planète. L’actualité nous le rappelle hélas trop souvent. Derrière le constat sombre, l’ouvrage souhaite mettre en lumière des témoignages et des éclairages qui vont au-delà de la simple question de la liberté religieuse, mais rappelle que cette hostilité voire cette haine peut compromettre toute une civilisation.

Samuel Lieven, journaliste au quotidien La Croix est le coordinateur de ce livre, explique la genèse de cet ouvrage.
"La genèse, c’est qu’avec l’éditeur, on a mis bout à bout cette actualité malheureusement charriée depuis quelques années au sujet des chrétiens. Par exemple, l’attentat de la cathédrale de Bagdad en 2010, celui d’Alexandrie en 2011, la situation de la Syrie et de l’Irak de ces derniers mois et ces dernières années mais aussi l’enlèvement de religieux en Afrique et l’actualité des chrétiens du Pakistan. Il y avait beaucoup d’histoires à raconter, de témoignages à  recueillir mais on s’est dit qu’on est face à un phénomène global qui dépasse notre entendement. On ne peut pas se limiter uniquement à l’empathie, au témoignage. Il faut quelque chose de plus ambitieux, de plus vaste. Et l’éditeur était à l’origine du livre noir du communisme qui, il y a quinze ans, avait fait un peu le bilan d’un siècle d’idéologie mortifère au 21°siècle. On s’est dit que c’est un livre noir de la condition des chrétiens qu’il nous faut. Donc, « condition des chrétiens » et pas persécution parce que les 150 à 200.000.000 chrétiens qui sont aujourd’hui inquiétés pour le seul fait d’être chrétiens là où ils vivent ne sont pas persécutés au sens rigoureux du terme. C’est ce qu’on a d’ailleurs fait analyser par une historienne. Cela va des discriminations au quotidien, comme les coptes d’Égypte qui ne peuvent pas avoir tel ou tel travail, ou qui ne peuvent pas envisager une certaine carrière, jusqu’aux pires violences comme connaissent les Irakiens aujourd’hui mais aussi les chrétiens pakistanais qui ont subi les plus nombreux attentats antichrétiens de l’histoire de leur pays, à Peshawar, en septembre 2013. C’est un tour du monde où l'on a voulu à la fois recueillir des témoignages, des reportages mais aussi à chaque fois, pour chaque pays, donner des clefs de lecture par de grands experts indépendants qui n’ont pas de chapelle à défendre, qui ne sont pas des militants et qui analysent, souvent avec des détours par l’Histoire, la géopolitique et qui donnent au lecteur des clefs pour comprendre au-delà de l’émotion, au-delà de l’empathie.
C’est un ouvrage à plusieurs voix avec de nombreuses contributions du monde entier. C’est aussi un ouvrage dirigé par trois personnalités, Mgr Di Falco, l’évêque de Gap, Timothy Radcliffe, le dominicain et Andrea Riccardi, le fondateur de la communauté de Sant’ Egidio. Ce sont des voix très diverses. Comment êtes-vous concrètement arrivé à coordonner toutes ces voix ? Comment on articule un ouvrage avec des voix aussi disparates ?

On a d’abord voulu se dire qu’on est face à une problématique qui est volontiers récupérée souvent par des courants politiques qui aiment jeter un peu d’huile sur le feu des identités. On s’est dit que ce qu’on veut faire. Nous, ce qu’on veut faire, c’est montrer aujourd’hui qu’il y a là une réalité qu’il faut pouvoir regarder tranquillement en face. Pour cela, on va faire appel à des gens dont le fond de commerce n’est précisément pas le combat identitaire. On est donc allé chercher des gens qui sont à la fois des grandes personnalités chrétiennes engagées dans le monde, d’une manière ou d’une autre, qui portent sur le monde un regard fondamentalement généreux, qui n’ont pas de compte à régler avec telle ou telle partie de la population. C’est pour cela qu’on est allé chercher en tout premier lieu Andrea Riccardi parce qu’en tant qu’historien, il était celui qui avait travaillé sur ces questions au 20°siècle à la demande de Jean-Paul II. On est aussi allé chercher Timothy Radcliffe en tant qu’ancien supérieur mondial des dominicains, pour sa connaissance planétaire des communautés qu’il continue encore aujourd’hui de visiter en sillonnant la planète et en donnant également une lecture en profondeur des évènements, y compris à l’adresse d’un public qui n’est pas nécessairement chrétien parce qu’on tient à s’adresser à tout le monde. Et Jean-Michel Di Falco parce qu’en tant qu’évêque, il porte aussi une responsabilité d’Église. Au fond, qu’est-ce que les religieux peuvent faire aujourd’hui pour essayer de sortir un peu de cette ornière ? Il ne s’agit pas non plus d’en rester à un constat entièrement horizontal et déprimant. Le livre explore des voies pour tenter sans faire de plans sur la comète d’améliorer la condition de ces chrétiens à travers le monde parce qu’on ne se mobilise pas que pour des chrétiens. Là où les chrétiens sont inquiétés, ils ne seront pas les seuls et dans plusieurs situations, ils ne sont même pas les plus inquiétés. On pense par exemple aux musulmans victimes du conflit entre chiites et sunnites un peu partout dans le monde. Ils sont néanmoins les indicateurs du sort qui est fait à des populations entières et donc on s’est dit que là où la liberté de conscience et de religion n’est pas respectée (...)"

La Gazette, Œuvres de la jeunesse, patronages, colonies de vacances...

N°79 - La Gazette - Comité du Vieux Marseille
Le numéro 79 de La Gazette, bulletin du Comité du Vieux Marseille, présente un dossier sur les Œuvres de la jeunesse, patronages et colonies de vacances.

L'Œuvre de la jeunesse de Jean-Joseph Allemand ouvre ce dossier. Biographie de l'illustre fondateur, principes d'éducation de l'œuvre, les diverses installations la maison-mère rue Saint-Savournin et les Iris à Saint-Giniez y sont détaillés. Une biographie du père Pierre Ruby permet de suivre l'évolution de l'oeuvre et ses activités au cours du 20e siècle.

D'autres œuvres font l'objet d'une présentation et d'un historique, l'Oeuvre de la jeunesse ouvrière Saint-Raphaël ou celle plus connue de Joseph-Marie Timon-David.

Puis La Gazette aborde le sujet des patronages paroissiaux, nombreux à Marseille au siècle dernier. Une attention particulière est portée au père Jean Marcorelles, fondateur de nombreux patronages et à d'autres prêtres qui ont marqués l'histoire du scoutisme et guidisme à Marseille.

Ce numéro de La Gazette du Comité du Vieux Marseille est une bonne introduction à la connaissance des institutions d'encadrement et d'accueil des jeunes à Marseille, le numéro se terminant par une bibliographie permettant au lecteur d'approfondir ses connaissances.

mardi 2 décembre 2014

La pastorale des jeunes du diocèse est mise en valeur dans une publication de l’Association des archivistes français

Que trouver sur l’action catholique à la bibliothèque Mgr Depéry du diocèse de Gap ?


Sous la signature de Frédéric Jory, responsable diocésain de la pastorale des jeunes, du père Fournier, ancien président du Mouvement rural de jeunesse chrétienne des Hautes-Alpes, et de Luc-André Biarnais, archiviste du diocèse de Gap, la Gazette des archives (n° 235, 2014-3) publie un article intitulé « Action catholique, Mouvement rural de jeunesse chrétienne et aumônerie de l’enseignement public ». Il s’inscrit dans un numéro consacré aux archives de la jeunesse. Ce texte trace l’histoire, par des pièces d’archives, des témoignages et de la bibliographie, des mouvements de jeunes dans le diocèse de Gap et d’Embrun. 
 
Trois ouvrages locaux ont fondé cette étude :
Pierre Fournier, La Vie du diocèse de Gap, un regard… sur le passé et vers l’avenir, Gap, Service diocésain de formation permanente des laïcs, 1997.
Thierry Keck, La JAC et la JACF : de leurs origines à 1950 dans le diocèse de Gap, TER sous la direction de Pierre Bolle et de Jean Godel, UER d’histoire de l’université de Grenoble, 1984.
Bernard Oury et René Escarrat, Histoire du collège et du lycée de garçons de Gap, Lycée Dominique Villars, 1987.
Des ouvrages plus généraux ont étayé l’article :
Gabriel-Marie Garrone, L’Action catholique, son histoire, sa doctrine, son panorama, son destin, Paris, Fayard, coll. « Je sais – Je crois », 1983.
MRJC, 50 Ans de notre mémoire, mouvement rural de jeunesse chrétienne, Paris, 1980.
1929-1979, 50 ans d’animation rurale : JAC/F – MRJC, Paris, 1980.
Enfin, sur l’origine de la question, tout particulièrement les premières années de l’action catholique en milieu ouvrier, il est possible de se référer à l’ouvrage maître, initialement paru en 1943 :
Yvan Daniel et Henri Godin, abbé Guérin (pref.), La France, pays de mission ?, 10-18, 1962.

lundi 1 décembre 2014

1914-1918 Marseille se souvient, monuments et plaques commémoratives de la Grande Guerre

Catalogue d'exposition - Comité du Vieux Marseille
C'est dans le cadre des expositions annuelles organisées par Comité du Vieux Marseille qu'est publié le catalogue de l'exposition présentée du 3 au 15 novembre 2014 au Centre Bourse, sur les monuments et plaques commémoratives de la Grande Guerre à Marseille.

Les membres du Comité ont choisi de parcourir la ville pour en inventorier les statues, tombes, plaques et monuments du Souvenir. Ce minutieux travail de catalogage est appuyé par les recherche en archives.

Abondamment illustré, le catalogue présente les monuments par arrondissements géographiques. Chaque entrée fait l'objet d'une notice bien documentée. Au début de l'ouvrage, quelques éléments historiques donnent aux lecteurs les repères nécessaires à la compréhension iconographique des monuments.

L'intérieur de nombreuses églises marseillaises présentent des plaques commémoratives, citons par exemple celles de Saint-André, Saint-Joseph ou Saint-Barnabé. La basilique du Sacré-Cœur, élevée et dédiée aux morts au cours de la guerre, n'est pas oubliée et fait l'objet de plusieurs pages illustrées par Le Souvenir, bulletin paroissial conservé aux Archives diocésaines de Marseille.

Ce recensement est précieux à l'étude des monuments du Souvenir de Marseille.

dimanche 30 novembre 2014

La beauté dans l’écrin de Notre-Dame du Laus

Quatre jours pour la beauté ! C’est le temps qui a été consacrée à cette notion à Nore-Dame du Laus du 21 au 24 novembre durant une session. Une exposition avec des œuvres d’art contemporaines, des objets liturgiques, des vêtements sacerdotaux et, le dimanche, l’ostensoir du Laus, est venue appuyée les propos sur la beauté à Notre-Dame du Laus par le recteur, le père Ludovic Frère, le père Guy Corpataux (la montagne dans l’expérience des pèlerins) et Hélène Biarnais (la nature dans les manuscrits du Laus). La beauté dans la Bible a été évoquée par le père Jean-Marie Dezon. La danse (Jessie Pezzoli notamment), la musique (dom Robert Guillot, Damien Bredif, Fabien Guilloth) ont eu leur place ainsi que la beauté dans la liturgie par le père Joseph-Charles Mbogba, ce dernier étant responsable de la pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse.
Le dimanche, jour du Christ Roi, une messe des artistes, présidée par Mgr André Fort, a été célébrée dans une basilique comble !
Sur les quatre jours, ce sont près de 120 personnes qui ont assisté à un moment de cette session sur la beauté, dans le magnifique cadre du sanctuaire Notre-Dame du Laus.

mercredi 26 novembre 2014

POUR COMPRENDRE LA BIBLE


L’Odyssée de la Bible : études et thèmes
Etienne Nodet
Paris, les Editions du Cerf, 2014. 977 pages.


            La Bible a été diversement transmise et diversement traduite. Depuis des siècles, on s'efforce de l'analyser, de chercher comment elle s'est formée, de soupeser l'influence des cultures environnantes. La tâche est ardue, les faits établis sont rares, et bien des résultats qu'on croyait assurés se montrent fragiles face à des questionnements nouveaux.

            Une "Introduction générale" fait le point sur la constitution des textes canoniques, l'Ancien et le Nouveau Testament, donnant ainsi une étude synthétique et claire qui fait appel à l'histoire, l'exégèse, la théologie et la spiritualité. Les 330 "Thèmes de méditations" de ces "Chemins bibliques" sont autant de facettes de la belle histoire à contempler qu'est la Bible. Etienne Nodet nous nous offre ici une étude approfondie et critique non pas livre après livre, mais de l'ensemble de ces livres dont l'unité, telle les miroirs du kaléidoscope, se découvre en circulant dans les multiples aspects des différents livres, et  où la même Lumière se reflète à l'infini : Abraham, Adam et Eve, Caïn et Abel, Jacob, Noé, Moïse, Jésus Christ mais aussi accomplissement des Ecritures, anathème, gloire, haine, ivresse, pur et impur, sceau, songe.


            En parcourant ce dictionnaire le lecteur pourra trouver une réponse aux multiples questions qu’il se pose sur cette imposante bibliothèque qu’est la Bible.

LIRE LA BIBLE EN PRIANT

Raconter Jésus : nouvelle lecture priante de l’Evangile
Dolores Aleixandre
Paris, Bayard, 2014. 323 pages.


Dolores Aleixandre a la conviction que l'Evangile est écrit pour tous, et que tous doivent lire et raconter l'Evangile. Elle propose ainsi une méthode de lecture vivante et très accessible afin d'entrer dans la connaissance intime de Jésus et de sa Parole. L’auteure présente vingt-quatre textes, depuis le baptême de jésus dans le Jourdain et l'annonce de sa résurrection, avec une méthode de lecture en cinq étapes : première lecture du texte, relecture avec la mémoire du cœur, comment laisser résonner la Parole, entrer dans la prière de Jésus, choisir de vivre. La lecture priante a toujours des conséquences sur notre propre vie : sa vocation est de progressivement la transformer, la rendre plus filiale, plus fraternelle, plus semblable à celle de Jésus. C’est pourquoi l'auteure propose de lire les récits de Jésus comme s'ils nous étaient adressés personnellement aujourd'hui.

mardi 25 novembre 2014

UN FILS A LA RECHERCHE DE SON PERE


Jean-Claude Escaffit
Sur les traces du père… : questions à l’officier tué en Algérie
Paris, Salvator, 2014. 155 pages.

        Mon père, héros ou tortionnaire ? Depuis son enfance, la question a hanté la mémoire de l’auteur, Jean-Claude Escaffit.
Il avait 9 ans quand le capitaine Jean-Marie Escaffit, ancien résistant, officier SAS (Section administratives spécialisées) en Algérie,  a été tué dans une embuscade le 3 octobre 1959 au poste d’El Draden en Petite Kabylie. Jean-Claude Escaffit a  toujours été animé par l’esprit de réconciliation, mais il lui fallait savoir.

          Il n'est de devoir de mémoire sans devoir de vérité. C'est ce qui a guidé l'auteur dans ce récit émouvant. Ancien journaliste, Jean-Claude Escaffit revisite de façon vivante toute la guerre d'Algérie, à partir d'une histoire singulière. Il est parti sur les traces de son père, tué en Petite Kabylie. Un demi-siècle après !

« Pourquoi de l'enfance à la retraite, ai-je traversé les strates du temps, sans chercher à en savoir davantage sur ton rôle d'officier dans cette guerre ? Etais-je prêt à prendre le risque de faire vaciller ton piédestal de héros familial ? » s’explique l’auteur.


           L'auteur a fouillé les archives, a recueilli de nombreux témoignages, des deux côtés, a fait le voyage en famille dans une zone contrôlée aujourd'hui par les djihadistes. Et par un incroyable hasard a rencontré l'un des meurtriers du capitaine Escaffit, chef de poste SAS, dont la mort lui avait été annoncée. Quand il a entrepris ce récit, l'auteur ne savait pas ce qu'il allait trouver au bout du chemin. Un chemin bordé de larmes, de révélations bouleversantes, mais balisé par une étonnante chaîne algérienne de solidarité. A la veille du 60e anniversaire d'un conflit resté traumatisant, ce récit passionnant veut être, un message de réconciliation et de paix de part et d'autre de la Méditerranée.

UN MEDECIN QUI PRATIQUE L'EUTHANASIE


Médecin catholique : pourquoi je pratique l’euthanasie
Corinne Van Oost avec Joséphine Bataille
Paris, Presses de la Renaissance, 2014. 228 pages.

            L’auteur, Corinne Van Oost, est une chrétienne angagée et médecin de soin palliatifs dans une clinique belge ; elle est également responsable du réseau de soins palliatifs à domicile de la région d’Ottignies (Belgique francophone).
            C’est dans le cadre de la loi belge que ce médecin pratique des euthanasies pour éviter aux patients de trop grandes souffrances ou une fin de vie jugée dégradante. A travers des témoignages elle nous livre son parcours : un parcours d’accompagnement des malades, un parcours de foi. « Au rebours de ceux qui avancent leur foi pour s’en abstenir, j’ai l’impression que je témoigne de Dieu et de sa compassion pour l’homme. Et dans le fond, je me respecte plus profondément ».
            Si l’objectif avoué au final est d’amener le patient à renoncer à l’euthanasie on peut tout de même s’interroger. S’agit-il toujours d’une vraie compassion à l’égard des malades et de son entourage ? Pourquoi la souffrance ne serait-elle vue que sous l’angle négatif : pourquoi ne pas aider l’autre à grandir dans sa foi surtout s’il s’agit de catholiques ? Quand on lit qu’un prêtre participe à cet acte et même l’entoure de rites il se pose là une vraie question : que célèbre-t-on au juste ? La fin d’une vie ? La mort ? Que fait-on de l’espérance chrétienne ?

            Au final cet ouvrage qui se veut un témoignage d’espoir suscite un profond malaise et pose aux chrétiens – et même au-delà de toute croyance -  les questions fondamentales : le sens de toute vie humaine, le sens de la souffrance, le sens même de la  mort. Malgré les assertions de l’auteur, la mort n’est considérée que comme une fin et non une entrée dans la Vie.

Mgr. Claude Dagens, A l'ami qui s'est brisé : lettres de Jésus à Judas, Paris, Bayard, 2014. 92 pages


            C’est sous forme de lettres que Jésus s’adresse à judas : Judas, celui qui a livré Jésus aux autorités juives pour être condamné à mort, puis crucifié. L’intention est d’essayer de comprendre pourquoi Judas a trahi, de comprendre quel le drame et la personne de cet homme.

            Comment Judas est-il devenu peu à peu le traître ? Pourquoi s’est-il vidé peu à peu de la confiance qu’il avait en Jésus ? Comment peu à peu il s’est éloigné de cette amitié que son Maître lui offrait gratuitement ? Comment il a pu regarder Jésus avec méfiance d’abord puis avec mépris et haine ?

            Mais Jésus veut encore croire que par de là son ultime acte de désespoir – le suicide – Judas peut être encore sauvé. Par sa mort et sa résurrection, on ne peut enfermer Judas dans ses actes : le mystère du salut de Judas reste entier. Il reste l’espérance qui peut jaillir lors de la Résurrection finale.

L’œuvre d’Emile Poulat (1920-2014) a marqué toute la société française

Emile Poulat, qui vient de mourir, aura marqué la société française par ses travaux sur la laïcité, qui vont bien au-delà de la question historique. Ce sont ceux-ci qui seront salués tant la question hante notre vie sociale. Les publications d’Emile Poulat touchent à l’histoire contemporaine de la France et de l’Eglise. Elles se caractérisent par une mise en perspective, tout particulièrement chronologique, dans laquelle les concepts s’enracinent. La postérité intellectuelle d’Emile Poulat est nombreuse parmi les historiens européens.
 
Voici une sélection d’ouvrages écrits ou publiés par Emile Poulat, que vous trouverez dans les bibliothèques diocésaines d’Aix-en-Provence, de Fréjus-Toulon (La Castille), de Gap et d’Embrun (Notre-Dame du Laus) :
* Le Christianisme à contre-histoire : entretiens avec Dominique Decherf, Monaco, Le Rocher, 2003, 204 p. (Fréjus-Toulon)
* L’Eglise, c’est un monde : L’Ecclésiosphère, Paris, Le Cerf, 1986, 282 p. (Fréjus-Toulon, Aix-en-Provence, Gap et Embrun)
* Le Journal d’un prêtre d’après-demain (1902-1903) de l’abbé Charles Calippe, Paris, Casterman, 1961, 333 p. (Fréjus-Toulon)
* Liberté, laïcité, la guerre des deux Frances et le principe de la modernité, Paris, Le Cerf, 1988, 439 p. (Fréjus-Toulon et Aix-en-Provence)
* Une Eglise ébranlée : Changement, conflit et continuité de Pie XII à Jean-Paul II, Tournais, Casterman, 1980, 303 p. (Fréjus –Toulon)
Pour mieux comprendre les travaux d’Emile Poulat, vous pouvez lire :
* Valentine Zuber (dir.), Un objet de science, le Catholicisme : Réflexions autour de l’œuvre d’Emile Poulat, Paris, Bayard, 2001, 364 p. (Aix-en-Provence, Gap et Embrun)

mercredi 19 novembre 2014

La philosophie ou « La Rigueur des choses »

Jean-Luc Marion, La Rigueur des choses, entretiens avec Dan Arbib, Paris, Flammarion, 2012, 300 p.

Stéphane Babey, La Haine de Dieu, Perpignan, Artège, 2011, 176 p.


Les livres d’entretien permettent d’accéder plus facilement au mode de réflexion d’un auteur qu’un ouvrage théorique parce que les concepts y sont exposés plus simplement et une biographie les éclaire. C’est donc le principe retenu ici par Dan Arbib, lui-même spécialiste de René Descartes et né en 1982, qui interroge Jean-Luc Marion, philosophe, professeur d’universités et membre de l’Académie française.
La formation de Jean-Luc Marion est largement évoquée. Parmi ses ramifications, le passage à la jeunesse étudiante chrétienne et le retrait de l’engagement (p 41). En effet, Jean-Luc Marion en était venu à considérer ne pas agir autrement que son homologue de l’union des étudiants communistes. Cet épisode, comme la recherche sur René Descartes (1596-1650), montrent la quête de rigueur du philosophe. Le livre traite également de la question du nihilisme et de son rapport à l’événement (p 266-280).
 
« La Rigueur des choses » est, au fond, ce qui manque à Michel Onfray, selon Stéphane Babey dans La Haine de Dieu, sous-titré Michel Onfray : de la posture à l’imposture. Il est vrai que dans Le Crépuscule d’une idole, L’Affabulation freudienne (Grasset, 2010, également disponible à la bibliothèque Mgr Depéry du diocèse de Gap), Michel Onfray manque pour le moins de précision scientifique dans son raisonnement et n’a, tout simplement, pas rédigé certains paragraphes qui ne sont qu’à l’état de notes !
Stéphane Babey réfute la nécessité d’une Contre histoire de la philosophie (de Michel Onfray, chez Grasset), la philosophie enseignée en France n’étant pas « aux mains d’idéologues au service d’un pseudo-conservatisme philosophico-religieux » (p 63). De même, attaquer le judéo-christianisme en raison de sa rigueur morale lui semble une chimère dans la mesure où le libertinage philosophique et érotique « constitue donc plutôt un retour aux sources qu’une radicale nouveauté » et encadre chronologiquement ladite morale (p 112).
L’honnêteté intellectuelle d’Onfray est même remise en cause. Comment peut-il promouvoir le « ni Dieu, ni maître » tout en faisant de « Nietsche son seul maître à penser » (p 130) ? Après avoir introduit son essai sur la maladie de l’Occident, l’auteur conclut sur une ouverture positive : « il s’agit bien […] de savoir retrouver le chemin du questionnement métaphysique pour ensuite jeter les bases d’une société dans laquelle les hommes trouveront à nouveau la possibilité d’échanger, de s’écouter, de se connaître ».

lundi 17 novembre 2014

Avec Mgr Jean-Marc Aveline, l’Eglise de Marseille a commémoré les soldats morts lors de la Première Guerre mondiale

Basilique du Sacré-Coeur - 11 novembre 2014
C’était le 11 novembre 1918. À cinq heures du matin, dans un wagon spécialement aménagé et installé dans une clairière de la forêt de Compiègne, près de la gare de Rethondes, l’armistice était signé.

La Grande Guerre, enfin, s’achevait, après avoir bouleversé et ravagé le monde pendant plus de quatre ans. Huit millions de morts, 20 millions de blessés. En France, on pleurait 1 400 000 victimes et presque six fois plus de blessés et de mutilés. Et tant de voiles de deuil sur les visages des femmes ! Et tant de jeunes enfants désormais privés d’un soutien paternel !

NOUVEAUTES NOVEMBRE 2014

Liste novembre 2014


BOUTHORS, Jean-François. – Délivrez-nous de « Dieu » : de qui donc nous parle Bible ?. – Paris, Médiaspaul, 2014. 204 pages.

COMMISSION BIBLIQUE PONTIFICALE. – Inspiration et vérité de l’Ecriture Sainte : la parole qui vient de Dieu et parle de Dieu pour sauver le monde. – Paris, Le Cerf, 2014. 266 pages.

COMMISSION THEOLOGIQUE INTERNATIONALE. – Dieu Trinité unité des hommes : le monothéisme contre la violence. – Paris, Editions du Cerf, 2014. 121 pages.

  DAGENS, Mgr. Claude. – A l’ami qui s’est brisé : lettres de Jésus à Judas. – Paris, Bayard, 2014. 95 pages.

DI FALCO, Jean-Michel ; RADCLIFFE, Timothy ; RICCAEDI, Andrea. – Le livree noir de la condition des chrétiens dans le monde. – Paris, XO Editions, 2014.

EVAGRE LE PONTIQUE. – Histoire ecclésiastique : Livres IV-VI. – Paris, Editions du Cerf (Collection Sources chrétiennes), 2014. 424 pages.

GREGOIRE DE NYSSE. – Eloge de Grégoire le thaumaturge ; Eloge de Basile. – Paris, les Editions du cerf, 2014. 322 pages.

MOINGT, Joseph. – Croire au Dieu qui vient. I. De la croyance à la foi critique. – Paris, Gallimard, 2014. 612 pages.

NODET, Etienne. – L’Odyssée de la Bible : études et thèmes. – Paris, Editions du cerf, 2014. 977 pages.

TREMBLAY, Réal (éd.) ; ZAMBONI, Stefano (éd.). – Fils dans le Fils : une théologie morale fondamentale. – Paris, Parole et Silence, Collège des Bernardins, 2014. 602 pages. 

La session beauté au Laus, c'est dans trois jours !


A l'honneur ce mois-ci à la bibliothèque diocésaine de Gap, la beauté et la Grande Guerre.

vendredi 14 novembre 2014

Quelques jalons pour une bibliothèque monastique

Le Seigneur dit dans son Évangile : celui qui écoute mes Paroles et les accomplit, je le comparerai à un homme qui a bâti sa maison sur la pierre. La découverte de la Parole du Christ nécessite la lecture approfondie de la Bible, la lectio divina, pratiquée dès les origines du monachisme. Dans la vie de saint Antoine par saint Athanase, on peut lire : il était si attentif à la lecture qu’il ne laissait rien tomber à terre des paroles des Écritures mais les retenait toutes et que la mémoire lui tenait lieu de livres. Nous, qui malheureusement ne possédons plus cette mémoire avons d’autant plus besoin de revenir à la source qu’est l’Écriture. Aussi, pensons-nous que la Bible doit être mise en évidence dans une bibliothèque monastique.
Il est appréciable de posséder la Bible dans les langues anciennes, en hébreu pour l’Ancien Testament, en grec et en latin pour le Nouveau Testament. Cela entraîne inévitablement la nécessité de posséder quelques grammaires et quelques dictionnaires de ces mêmes langues. De plus, si l’on souhaite approfondir le sens d’un terme et son usage à travers l’Écriture, il est indispensable de consulter des Concordances ou des Synopses.
Il est aussi très utile de posséder la Bible éditée en plusieurs volumes généralement accompagnés de commentaires exégétiques répandus surtout depuis l’époque moderne et qui aident à pénétrer dans le Mystère de l’Économie divine. L’édition de Pirot et Clamer contient des commentaires substantiels des livres entiers, et pour les extraits, les Cahiers Évangile aident à réfléchir sur les péricopes les plus enrichissantes de la Bible. Quant au Dictionnaire de la Bible de Letouzey et son supplément, ils sont évidemment irremplaçables.
Tous ces ouvrages qu’il nous semble naturel de posséder et qui auraient émerveillé sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ne représentent en fait qu’une première catégorie de livres indispensables à notre époque où l’édition de livres s’est multipliée.
En remontant le temps on découvre que c’est de la lecture de la Bible, très répandue dès les origines et promue par les Pères des IIIe et IVe siècles, que s’inspirèrent les premiers essais de spiritualité, surtout de la lecture du Nouveau Testament, pour la pratique des vertus, ou de celle des Psaumes pour l’expression des sentiments religieux dans la prière.

Nous nous proposons maintenant de partir de la Règle de saint Benoît : le chapitre 73 nomme saint Basile dont les ouvrages, en particulier ses Règles monastiques, trouvent naturellement leur place dans une bibliothèque monastique, et fait allusion aux Pères catholiques dont tout livre proclame la marche directe pour parvenir à notre Créateur.
Saint Benoît supposait que la plupart des moines étaient capables de passer 3 ou 4 heures de la journée à lire et regardait comme négligent et paresseux celui qui n’était pas capable de consacrer le dimanche, un temps beaucoup plus long à la lecture et à la méditation. Aussi paradoxalement, il l’explique dans son chapitre 48 sur le travail manuel : "Le jour du Seigneur tous vaqueront à la lecture excepté ceux qui sont appliqués aux divers offices". Il était donc nécessaire de posséder un bon nombre de livres dans la bibliothèque.
Saint Benoît avait une bonne connaissance de la Bible, cela est facilement constatable d’après le nombre de citations dont est émaillée la Règle. Parmi ses sources monastiques, la première place appartient aux Conférences et aux Institutions de Cassien. Saint Benoît montre qu’il avait connaissance des vies d’Antoine et de Pacôme, l’histoire des moines de Rufin et des Apophtegmes des Pères égyptiens. Pour les Règles monastiques anciennes, il emploie des traductions de celles de Pacôme, Basile, Macaire, de saint Césaire d’Arles et de saint Augustin. Il est donc normal que des moines bénédictins, désireux d’approfondir la connaissance de leur propre Règle, souhaitent lire des textes de ces mêmes auteurs qui ont inspiré saint Benoît comme par exemple saint Léon le Grand que saint Benoît cite dans son chapitre sur le Carême.
Pendant l’hiver durant le temps qui reste après les Vigiles, les frères qui ont besoin d’apprendre quelque chose du psautier ou des leçons, l’emploieront à ce travail et liront avec application des passages des commentaires des Psaumes qui ont inspiré tant d’auteurs chrétiens depuis les Pères jusqu’à notre époque.
Et puisque les moines lisaient beaucoup, il est naturel qu’ils s’appliquaient à ranger leurs livres le mieux possible. C’est ainsi que le catalogue occidental le plus ancien qui nous soit parvenu est celui de l’abbaye de Saint-Wandrille datant d’environ 742, et qui contient déjà à cette époque un fonds d’ascétisme et de spiritualité.
Jusqu’au XIIè siècle la note biblio-ascétique et patristique domine dans la composition des bibliothèques. On a constaté que l’influence de saint Bernard est due en grande partie à la large place prise par ses livres dans les bibliothèques.
Vers la fin du Moyen-Age, les écrits des auteurs grecs se répandent dans certaines bibliothèques : le célèbre évêque à la Bouche d’or, saint Jean Chrysostome, le diacre et poète Éphrem, Jean « Climaque » ainsi surnommé en raison de son ouvrage l’échelle sainte, ou Maxime le Confesseur connu en particulier par ses Centuries sur la charité. Beaucoup de moines y puisent pour approfondir leur vie intérieure.
Un peu plus tôt dans le temps, à partir du XIIIe siècle, les auteurs scolastiques prennent dans les rayons des bibliothèques, une place réservée aux Pères de l’Église. Les livres de théologie constituent une nouvelle catégorie d’ouvrages qui ne cessent de se répandre au fur et à mesure que les théologiens cherchent à désenvelopper les dogmes contenus dans la Révélation comme celui de l’Immaculée Conception ou de l’Assomption. Au cours XXe siècle, des théologiens se penchent sur le Mystère de l’Église peu étudié auparavant.
A partir du XVe siècle, les bibliothèques aident à la diffusion des livres et des idées, on catalogue des bibliothèques pour faciliter les emprunts et la lecture. Cela favorise le développement de la culture.
Mais nous avons omis un sujet important : celui de la liturgie et de la prière communautaire. Dans ce domaine également, les moines auront des livres à leur disposition. Les livres en usage pour les Offices sont généralement dans les sacristies des abbayes, mais les livres d’études spécialisées peuvent être consultés et empruntés à la bibliothèque.
Au cours de ces dernières années nous avons reçu l’enseignement magistériel du pape Benoît XVI, très proche de l’esprit bénédictin. Lors de sa conférence aux Bernardins au début de son voyage en France, il s’exprimait ainsi : Les monastères furent des espaces où survécurent les trésors de l’antique culture et où, en puisant à ces derniers, se forma petit à petit une culture nouvelle… Les trésors auxquels le Pape fait allusion sont, pour une part, gardés dans les bibliothèques des abbayes Les moines étaient à la recherche de Dieu… Comme ils étaient chrétiens, il ne s’agissait pas d’une aventure dans un désert sans chemin, d’une recherche dans l’obscurité absolue. Dieu lui-même a placé des bornes milliaires, mieux, il a aplani la voie, et leur tâche consistait à la trouver et à la suivre.
Cette voie était sa Parole qui, dans les livres des Saintes Ecritures, était offerte aux hommes... Le désir de Dieu comprend l’amour des lettres, l’amour de la Parole de Dieu, son exploration dans toutes ses dimensions. Puisque dans la Parole biblique, Dieu est en chemin vers nous et nous vers Lui, les moines devaient apprendre à pénétrer le secret de la langue, à la comprendre dans sa structure et dans ses usages.
Ainsi, en raison même de la recherche de Dieu, les sciences profanes, qui nous indiquent les chemins vers la langue, devenaient importantes. La bibliothèque faisait, à ce titre, partie intégrante du monastère tout comme l’école. Ces deux lieux ouvraient concrètement un chemin vers la Parole… L’école et la bibliothèque assuraient la formation de la raison et l’erudition, sur laquelle l’homme apprend à percevoir au milieu des paroles, la Parole.

Que dire de mieux après ce grand Pape ? Il ne nous reste donc plus qu’à nous mettre au travail et à voir concrètement comment améliorer l’agencement de nos bibliothèques.
 
par les Soeurs bénédictines de Rosans