lundi 16 octobre 2017

Codex 5 - Luther et la Réforme : Entretien avec l'historien Hugues Daussy

https://youtu.be/eDGgzBhEyuY

Présentation du numéro de Codex automne 2017 sur la Réforme luthérienne, sa lutte contre la pratique des indulgences, sa rupture avec Rome et la diffusion de cette nouvelle doctrine dans la chrétienté. Dans l'Empire de Charles Quint religion et politique vont désormais s'affronter ; dans l'Europe chrétienne une longue guerre de religion commence : protestants contre catholique.

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

mardi 10 octobre 2017

André Louf (1929-2010)

Le chemin du cœur : l’expérience spirituelle d’André Louf (1929-2010)
Charles Wright
Paris, Salvator, 2017. 262 pages.

Présentation de l'éditeur
L'aventure a déserté le monde. La seule terre qu'il reste à arpenter, c'est celle de son cœur . Abbé du monastère trappiste du Mont des Cats, puis ermite, André Louf (1929-2010) fut l'un des pionniers de cette aventure intérieure. Cet ouvrage procède d'un long compagnonnage avec cette grande figure spirituelle de l'Occident. Ce n'est pas une biographie « pieuse », mais le récit d'un itinéraire d'homme, avec ses lignes courbes, éperonné par ces interrogations : Dieu peut-il vraiment combler une vie ? Comment apprivoiser nos désirs ? À quoi sert la prière ? Quel est le secret de l'amour humble ?  Allant là où André Louf a vécu (monastère du Mont-des-Cats, monastère de Sainte Lioba, s'appuyant sur des témoignages, sources inédites, notamment le journal spirituel où André Louf révèle ce qu'il a de plus intime - son dialogue avec Dieu -, ce livre nous livre nous fait entrer dans tout ce qui fit la vie de ce moine ouvert au monde, ouvert à ses contemporains, mais surtout ouvert à l’action de Dieu..

À travers l'existence de cet orfèvre de l'intériorité, retracée avec sensibilité, et dont le récit se lit avec bonheur,  l'ouvrage balise les chemins vers « la vie vivante » et vers le cœur profond : ce lieu de Dieu où la grâce, la paix et la joie coulent de source en chacun de nous. On saura donc gré à l’auteur de nous faire découvrir un de ses géants de la vie spirituelle de notre siècle

Biographie de l'auteur
Historien de formation, Charles Wright a été plume d'un ministre, éditeur, journaliste, avant de devenir novice dans un monastère cistercien. Il a notamment publié À quoi servent les moines ? (Éditions François Bourin, 2011) et Casanova ou l'essence des Lumières (Éditions Bernard Giovanangeli, 2008, Prix Guizot de l'Académie française).


Qui était André Louf ?

 «J'étais à genoux dans les stalles de l'abbatiale quand j'ai compris comme une évidence l'amour infini de Dieu pour moi. Ce fut une expérience bouleversante, comme si Dieu avait voulu me montrer son vrai visage () À partir de ce jour-là, j'ai compris que Dieu dépasse infiniment ce que l'on peut dire de lui. »
Cette expérience de foi, Dom André Louf n'aura cessé de la partager à un large public dans de nombreux ouvrages (1). Associée à une vision renouvelée de la vie monastique et parfois décapante pour son temps, elle l'a imposé comme l'une des grandes figures spirituelles de l'époque contemporaine.

Né en 1929 à Louvain (Belgique), Dom André Louf parlait de la vocation monastique comme d'un « coup de foudre ». Il entre au Mont-des-Cats à 20 ans, passe quelques années à Rome pour des études à l'Institut biblique pontifical, jusqu'à la « surprise » de 1963. À 33 ans, le jeune moine est élu abbé alors que l'âge requis pour occuper cette fonction est de 35 ans. Il tiendra cette charge pendant trente-cinq ans, au fil des évolutions de l'Eglise et de Vatican II. Elle le mène presque naturellement à l'accompagnement spirituel et lui fait définir les trois étapes de l'itinéraire de l'âme vers Dieu : active, passive et unitive.
Dom André Louf ne faisait pas mystère des crises passagères que peut connaître toute vie de foi. Ses conseils et la précieuse sérénité que dégageait son visage apaisé étaient très prisés des chrétiens. Depuis 1998, il avait réalisé son rêve de jeunesse en allant vivre dans un ermitage, construit pour lui par les frères et sœurs au monastère bénédictin de Saint-Lioba, près d'Aix en Provence.
Cet érudit, connaisseur d'une quinzaine de langues anciennes et modernes, continuait cependant à sillonner la France pour des conférences et à mener ses travaux de traduction des mystiques flamands et des pères spirituels des premiers siècles. En 2004, il avait été choisi par Jean-Paul II pour rédiger le Chemin de Croix du Colisée.


(1)  Notamment Au gré de sa grâce (DDB) ; L'humilité (Parole et Silence)  Dieu intime (Bayard) et Initiation à la Vie spirituelle (Parole et Silence, 2008).

Sources diverses dont journal La Croix (14 juillet 2010)

Principales œuvres d’André Louf

Seigneur apprends-nous à prier, Bruxelles, Lumen vitae, 1972.
La voie cistercienne. À l’école de l’amour, Paris, Desclée de Brouwer, 1980.
Seul l’amour suffirait – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1982-84.
Au gré de sa grâce – Propos sur la prière, Paris, Desclée de Brouwer, 1989.
La grâce peut davantage – L’accompagnement spirituel, Paris, Desclée de Brouwer, 1992.
Heureuse Faiblesse – Commentaires d’Évangile, pour les années A, B, C, Paris, Desclée de Brouwer, 1996-98.
À la grâce de Dieu – Entretiens avec Stéphane Delberghe, Namur, Fidélité, 2002.
L'humilité, Paris, Parole et Silence, 2002.
Dieu intime, paroles de moines, Paris, Bayard, 2003.
Chemin de Croix du Colisée, Namur, Fidélité, 2004.
À l’école de la contemplation, Paris, Lethielleux, 2004.
L'œuvre de Dieu : un chemin de prière, Paris, Lethielleux, 2005.
Initiation à la vie spirituelle, Paris, Parole et Silence, 2008.
Saint Bruno et le charisme cartusien aujourd’hui, Paris, Parole et Silence, 2008.
S'abandonner à l'amour. Méditations à Sainte Lioba, Paris, Salvator, 2017 (texte établi par Charles Wright).

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque d'Aix et Arles

vendredi 6 octobre 2017

Dietrich Bonhoeffer et Hans von Donhanyi : des résistants sous Hitler

Des hommes peu ordinaires : Dietrich Bonhoeffer et Hans von Dohnany, résistants à Hitler dans l’Eglise et dans l’Etat «
Elisabeth Sifton et Fritz Stern
Paris, Gallimard, 2017.177 pages.


« Résister durant les douze années qu’a duré le IIIe Reich fut un drame plus profond et plus complexe que ce qui est généralement présenté » notent dans la préface de ce livre Elisabeth Sifton, fille du théologien protestant américain Reinhold Niebuhr, et Fritz Stern, dont les parents et grands-parents furent des proches de la famille Bonhoeffer.


Une résistance : « Au nom du caractère sacré de la loi et de la foi »

Il existe peu de témoignages pour dire la résistance de ces Allemands qui osèrent défier Hitler et son régime. Les églises elles-mêmes – catholiques et luthériennes – se sont trouvées divisées face à cette alternative : se soumettre ou résister. Parmi ces chrétiens qui franchirent le pas et se dressèrent cotre la tyrannie nazi, Dietrich Bonhoeffer et son beau-frère Hans von Dohnanyi le firent « au nom du caractère sacré de la loi et de la foi ». L’un d’eux,  pasteur et théologien protestant, est déjà bien connu, le second, avocat haut placé dans le contre-espionnage de l’armée allemande (reconnu comme « Juste parmi les nations »), reste inconnu du grand public.

Cet ouvrage montre que très vite Dietrich Bonhoeffer et Hans von Donhany, ainsi que Christine Bonhoeffer, épouse de Dohnanyi, prirent conscience de la « terrible barbarisation » et de la « dislocation sociale » de l’Allemagne quand Hitler devint chancelier, le 30 janvier 1933. Tous les deux de par leurs contacts – surtout avec les évêques anglais - avec les autres églises sont engagés dans le mouvement œcuménique naissant en Europe, ne pourront qu’être scandalisés par les programmes d’euthanasie des handicapés et par les lois antisémites, mises en place ; si quelques voix parmi les autorités catholiques et protestantes s’élèvent contre ce programme, certains évêques catholiques et pasteurs de l’Église évangélique allemande (EKD, fédération protestante créée en 1924) apporteront néanmoins leur soutien au régime.


Un but avoué : renverser Hitler

« Les chrétiens d’Allemagne sont placés devant la terrible alternative de souhaiter la défaite de leur pays afin que la civilisation chrétienne puisse survivre, ou de souhaiter la victoire de leur nation et détruire ainsi notre civilisation », écrit Bonhoeffer en juillet 1939 depuis New York où il donne des conférences. Avec d’autres confrères de l’église luthérienne il crée « l’église confessante » pour s’opposer au nazisme. En août 1940, le pasteur est interdit de parole en public dans toute l’Allemagne, en raison de son « activisme défaitiste ». Cela ne l’empêchera pas cependant de soutenir dans la clandestinité une activité pastorale pour tenter de faire comprendre en quoi le régime nazi n’a rien de chrétien ; en même temps il s’engage auprès de ceux qui veulent lutter contre Hitler et on retrouve sa trace dans les divers complots qui vont se succéder pendant toute cette période.
De son côté Dohnanyi (qui a une ascendance juive), est amené de par son métier d’avocat, son activité  au sein de l’Abwehr (service 'de contre-espionnage allemand) qui est alors dirigé par Canaris mettra toutes les informations de son service, toute sa compétence de juriste au service de la résistance. Malgré la surveillance policière, il parvient (son activité »est digne d’un roman d’espionnage !) à tisser des liens entre les différents groupes de résistants – officiers de la Wehrmacht, avocats en contact avec l’étranger ou dirigeants socialistes – en vue d’un complot pour renverser Hitler et espérer que les Alliés accepteront de signer une paix avec une Allemagne dotée d’un nouveau régime.
Mais le drame se dénoue le  5 avril 1943 : la Gestapo les arrêta tous les trois: Christine fut relâchée un mois plus tard, mais Bonhoeffer et von Donhnanyi resteront en prison jusqu’en avril 1945. Malgré les interrogatoires, malgré un régime pénitentiaire de plus en plus dur ils resteront fidèles à leurs idéaux et à leur foi. Ils  furent exécutés en avril 1945, quelques semaines avant la capitulation de l’Allemagne par la seule volonté du Fuhrer

Il faudra attendre des années à l’Allemagne pour reconnaître que tous ceux qui s’étaient opposés à Hitler et à son régime n’étaient pas des traitres  Il faudra attendre des années pour qu’ils soient réhabilités .


Églises luthériennes d'Allemagne face au nazisme


Les Églises luthériennes d'Allemagne ont été confrontées au nazisme dès 1920 et ce jusqu’en 1945. Certains partisans de la première heure d’ Hitler  étaient membres des églises luthériennes. Ces « Chrétiens allemands » militant pour un « christianisme positif » pensaient unir les valeurs du national-socialisme et du christianisme et créèrent en 1933 l’église évangélique allemande. La majorité des dirigeants des Eglises luthériennes restèrent fidèles au régime hitlérien durant toute son existence. Seule une minorité regroupée autour de quelques pasteurs dans « l’Eglise confessante » fut une des composantes actives de la résistance allemande au nazisme.


Publication ; Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles



mercredi 4 octobre 2017

Fermeture bibliotheque


LA BIBLIOTHEQUE DIOCESAINE SERA FERMEE LE VENDREDI 6 OCTOBRE 2017


ILN'Y AURA PAS DE PERMANENCE LE SAMEDI MATIN 7 OCTOBRE

vendredi 29 septembre 2017

Oeuvres : Simone Weil

Œuvres
Simone Weil ; édition publiée sous la direction de Florence de Lussy
Paris, Gallimard, (collection Quarto), 1999. 1280 pages.


Présentation de l’œuvre

Simone Weil laisse le souvenir d'une figure étrange, surhumaine par certains aspects, qui attire et repousse en même temps. On lui reconnaît une puissance intellectuelle exceptionnelle, une force morale digne des héros, un courage et un esprit de résistance hors pair, mais une intransigeance dans l'existence qui fait peur et qui s'accompagne d'une lucidité souvent prophétique. De son vivant, comme aujourd'hui, elle dérange, irrite, scandalise, tout en suscitant l'attachement le plus vif.

Plus de cinquante ans après sa disparition, les éditions Gallimard offre au public en un seul volume la totalité d'une vie, d’un itinéraire philosophique et spirituel et d'une œuvre foisonnante ; cette édition permet enfin d’en dégager la cohérence dans toute sa force et donc de la découvir.
Le but de ce volume est de faire tenir ensemble la militante, la philosophe et la mystique, car tout est solidaire dans cette pensée aux vues puissamment convergentes. Parmi les 53 textes, articles, correspondances et livres retenus dans ce volume on trouvera notamment, selon leur agencement et leur titre désormais en vigueur : Impressions d'Allemagne, 1932, Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale, Expérience de la vie d'usine, Méditation sur l'obéissance et la liberté, Lettre à Georges Bernanos, Réflexions sur la barbarie, Réflexions sur les origines de l'hitlérisme, L'Iliade ou le poème de la force, A propos de la théorie des quanta, L'Amour de Dieu et le malheur, Autobiographie spirituelle, Cahier de Marseille, Cahier de New York, Lettre à un religieux, L'Enracinement...

Enfin, une série de témoignages sur Simone Weil, la réception de son œuvre (Blanchot, Cioran, Sperber...) et sa diffusion à l'étranger complètent ce volume et lui apportent de précieux éclairages.

Une brève présentation de Simone Weil.

Simone Adolphine Weil  est née à Paris en février 1903. C’est une philosophe française, sœur du mathématicien André Weil.
En 1924-1925, elle suit les cours du philosophe René Le Senne au lycée Victor-Duruy, à Paris, et obtient, au mois de juin 1925, à 16 ans le baccalauréat de philosophie  En octobre 1925, elle entre au lycée Henri-IV. Elle entre à l’École normale supérieure en 1928.et obtient son agrégation de philosophie en 1931. Elle enseignera dans divers lycées mais quittera l’enseignement en 1934 pour mener une vie plus en accord avec ses idées et ses engagements.

Communiste anti-stalinienne, elle participe à partir de 1932 au Cercle communiste démocratique de Boris Souvarine.  Elle passe quelques semaines en Allemagne, au cours de l'été 1932, dans le but de comprendre les raisons de la montée en puissance du fascisme. À son retour, avec beaucoup de lucidité, elle exprime dans plusieurs articles ce qui risquait de survenir. Abandonnant provisoirement sa carrière d'enseignante, en 1934-1935, elle est ouvrière sur presse chez Alstom, puis elle travaille à la chaîne aux établissements Carnaud et Forges de Basse-Indre, à Boulogne-Billancourt, et chez Renault, jusqu'au mois d'août 1935. Elle note ses impressions dans son Journal d'usine.

Simone Weil se rapproche peu à peu du christianisme. Elle éprouve la présence du Christ, à partir de l'année 1938, et entre en contact avec des prêtres et des religieux, afin de leur poser des questions sur la foi de l'Église catholique. Cependant elle ne franchira le pas pour se convertir  demander le baptême.

En 1942, elle emmène ses parents en sécurité aux États-Unis, mais, refusant un statut qu’elle ressent comme trop confortable en ces temps de tempêtes où ses compatriotes souffrent de la faim et luttent contre l’occupant allemand, elle fait tout pour se rendre en Grande-Bretagne et travaille comme rédactrice dans les services de la France libre. Elle démissionne de l'organisation du général de Gaulle en juillet 1943n ‘ayant jamais pu obtenir le droit de pouvoir passer dans la résistance active en France malgré ses multiples démarches.

Atteinte de tuberculose, elle meurt d'un arrêt cardiaque au sanatorium d'Ashford, le 24 août 1943, à l'âge de 34 ans. 

Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

jeudi 28 septembre 2017

L'antijudaïsme des Pères de l'Eglise

L’antijudaïsme des Pères : mythes et/ou réalité ?
Textes réunis par Jean-Marie Auwers, Régis Burnet et Didier Luciani
Paris, Beauchesne, 2017. 207 pages.


Présentation de l’ouvrage

L’antijudaïsme est aussi ancien que le christianisme même si on peut déjà le reconnaître dans ses conséquences dans le monde gréco-romain de l’Antiquité. Ce terme ne doit pas être confondu avec l’antisémitisme des XIXè et XXè siècles car cette notion est assez tardive.

Des relations entre les juifs et chrétiens à l’époque patristique, on retient surtout les invectives des Pères (un saint Jean Chrysostome ou même un saint Augustin par exemple) contre l’endurcissement irréductible des enfants d’Israël – thème qui est développé, parfois de manière virulente, dans les très nombreux traités et homélies Contre les juifs. On a ainsi pu parler d’un antijudaïsme des Pères que certains n’ont pas hésité à considérer comme le berceau des antisémitismes modernes. Cinquante ans après la promulgation de Nostra Ætate, quel regard porter sur cet antijudaïsme ?

Les recherches nouvelles sur la séparation du judaïsme et du christianisme n’imposent-elles pas de nuancer des classifications trop simplistes et de réinterpréter des affirmations souvent décontextualisées ? Pour autant, ces recherches doivent-elles nous conduire à disculper les premières générations chrétiennes et à affirmer qu’aucune hostilité n’exista jamais entre juifs et chrétiens ? Enfin, en quoi ces cinquante années de recherches sur les relations judéo-chrétiennes dans l’Antiquité peuvent-elles modifier notre vision et nous aider à vivre, dans une plus grande vérité, les relations judéo-chrétiennes aujourd’hui ?

Les articles qui suivent reprennent les interventions d’un colloque tenu à l’Université catholique de Louvain du 20 au 22 mai 2015 autour de ces interrogations. Ce colloque, tenu pour célébrer le cinquantenaire de Nostra Ætate, a été organisé en collaboration avec le Commission nationale belge pour les relations avec le judaïsme (CNCJ)

En 205, pour le cinquantième anniversaire de Nostra Aetate, la déclaration conciliaire sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes, l’Université de louvain a organisé en collaboration avec la Commission nationale belge pour les relations avec le judaïsme, un colloque sur les rapports entre juifs et chrétiens à l’époque patristique. Sans disculper les Pères de l’Eglise, car certaines de leurs invectives demeurent inaudibles, les contributions rassemblées ici invitent à replacer la polémique antijuive dans son contexte historique. Ce volume fait prendre conscience de la complexité de la question, dans la mesure où les premières générations chrétiennes ont aussi hérité du judaïsme pour élaborer leur théologie.


Pour aller plus loin

Dominique CERBELAUD : Ecouter Israël, Paris, Cerf, 1995.
Jules ISAAC : Genèse de l'antisémitisme, Paris, Calmann-Lévy, 1956.
Hedwig WAHLE : Juifs et Chrétiens en dialogue, Bruxelles, Lumen Vitae, 1997.


Publication : Claude Tricoire - Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles

lundi 25 septembre 2017

Penser l'humain au temps de l'homme augmenté

euros).


Penser l'humain au temps de l'homme augmenté - Face aux défis du transhumanisme. 
Thierry Magnin
Paris, Albin Michel, 2017. 304 pages.


Présentation de l'ouvrage

Depuis quelques années des philosophes et des théologiens alertent le public sur un phénomène qui si il relevait il y a quelques années de la science-fiction peut devenir une réalité : il s’agit de l’idéologie du « transhumanisme » qui a pour but de transformer l’homme ; pour les tenants de cette idéologie il s’agit de d’augmenter à l’infini les capacités physiques, intellectuelles de l’homme.  Aussi en arrive-t-on à nouvelle définition de l’humain au risque de confondre l’homme avec la machine.
C’est dans ce contexte que ce situe l’ouvrage de Thierry Magnin Penser l’humain au temps de l’homme augmenté. Cet essai alerte sur l'avenir de l'être humain avec les progrès des biotechnologies et la révolution des technologies de l'information. Le physicien et théologien réfléchit à la condition humaine à partir de la critique de l'argumentaire transhumaniste.

 Les progrès fulgurants des biotechnologies, combinés à la révolution des technologies de l'information, laissent entrevoir un avenir radicalement différent pour l'humanité. L'homme cybernétique, le " transhumain ", peut-il vraiment " sauver l'homme " ou doit-il susciter nos craintes ? A travers la critique de l'argumentaire transhumaniste,  qui est fondé sur une conception appauvrie de ce qui fait l'humain, Thierry Magnin nous invite à porter un nouveau regard sur notre humble condition. Qu'est-ce que l'homme à l'heure où l'on pourra bientôt remplacer tous ses organes par des machines intelligentes, voire transférer son psychisme ? L'anthropologie chrétienne peut-elle nous aider à aborder avec confiance la révolution annoncée afin que celle-ci nous ouvre, non à un abandon de l'humain, mais à son plein accomplissement ?



Présentation de l’auteur

Le Père Thierry Magnin est né au Mali en 1953. Il est docteur en sciences physiques et docteur en théologie. En juillet 2011 il succède à Michel Quesnel au poste de Recteur e l’Université catholique de Lyon.

De par sa double formation, scientifique et théologique, il porte sur le transhumanisme un regard singulier. Commentant son dernier livre, Catherine Henne, journaliste au Monde, écrit : "Thierry Magnin s’inquiète de ce courant qui « nie l’humain » en cherchant à éradiquer toute marque de contingence. Loin d’être technophobe, il salue les récents progrès en génie génétique  destinés à traiter des maladies comme le cancer. Mais quand ces techniques visent à programmer et améliorer les capacités – notamment héréditaires – de personnes en parfaite santé, l’enjeu est tout autre. L’homme peut-il devenir le « designer de sa propre évolution» ?

Publication : Claude Tricoire. Bibliothèque diocésaine d'Aix et Arles